Devoir de Philosophie

MÉTHODE DE LA DISSERTATION EN PHILOSOPHIE

Extrait du document

philosophie

...

MÉTHODE DE LA DISSERTATION EN PHILOSOPHIE Terminales L/ES/S P. Serange / J.-J. Marimbert – 2009 Les dissertations représentent deux des trois sujets proposés au choix le jour du baccalauréat, soit la majorité. Ces sujets se présentent sous différentes formes, que nous allons essayer d’examiner ici. Mais, malgré les conseils et autres entraînements, la plupart du temps, le candidat hésite à prendre ce qui reste un exercice nouveau pour lui. En effet, quand bien même les dissertations existent pour le français en première (même si elles sont de moins en moins choisies par les candidats), la forme même d’une dissertation en philosophie se différencie assez nettement de ce qui a pu être vu dans les autres matières. C’est ce qui en fait à la fois la difficulté, mais aussi l’attrait, et ce qui en fait l’exercice qui « récolte » les meilleures notes au baccalauréat, les correcteurs récompensant souvent la prise de risque qu’est toujours la mise en œuvre d’une réflexion personnelle, ce en quoi consiste l’exercice dissertatif, par rapport à des explications de textes qui, la plupart du temps, ne font que répéter le texte sans originalité. Si le candidat, en dissertation de philosophie, doit effectivement respecter, comme nous allons le voir, un ensemble de « règles du jeu » assez strictes, sur le plan de la forme, il demeure très libre quant au contenu. Le but est, par rapport à la question posée, de développer une réflexion argumentée et nuancée sur le problème que soulève cette question. Cette réflexion, doit être personnelle : il ne s’agit en aucun cas de réciter ni une pensée d’auteur, ni tout le cours concernant l’un des termes du sujet. La plupart des mauvaises notes proviennent ou de ce danger, ou bien d’un autre risque, celui consistant à faire du horssujet. D’où notre volonté d’insister ici sur le travail au brouillon, qui doit prendre 1h15-1h30 sur les 4h, pour analyser précisément l’ensemble du sujet, pour en voir toutes les dimensions, les éventuelles ambiguïtés, les éventuels paradoxes, et, avant tout, pour ne pas se tromper de sujet. Une fois ce premier travail effectué, la dissertation devient alors la mise en ordre de la pensée et l’exposition de cette organisation à propos d’un sujet. Disserter, venant du latin latin disserere = enchaîner à la file des raisonnements (de serere, sertus = attacher à la file), consiste à savoir bien lier nos idées, c’est- à-dire à travailler le lien qu’elles ont entre elles, et à soigner l’ordre dans lequel nous les exposons. Trois principes sont ainsi à retenir pour toute dissertation. Le candidat doit en effet faire preuve : - de discernement concernant le sens du sujet - de cohérence au sein d’une argumentation progressive présentant ses étapes de réflexion de manière organisée - de connaissance qui nourrit la réflexion. Le discernement montre que vous avez compris le sujet ; la cohérence, que vous savez ordonner votre réflexion ; le savoir manifeste votre culture, aussi bien philosophique que générale. Le rôle des connaissances en philosophie est ici de permettre d’enrichir sa réflexion personnelle, et non de faire penser les auteurs à notre place. Il s’agit de penser avec ou contre eux, mais de penser, et non de réciter. Ce n’est pas parce que Platon a dit quelque chose que c’est vrai ; mais parce que VOUS jugez que ce qu’a dit Platon est vrai que vous en parlerez. L’argument d’autorité (du type : « c’est un auteur connu, il doit avoir raison ») n’a pas sa place en philosophie, de même qu’une simple doxographie (défilé des différentes opinions sur un sujet sans lien entre elles, sans insertion de ces positions d’auteurs dans le fil de votre argumentation). Notre but ne saurait être de présenter des plans « types », qui n’existent pas (à chacun, en fonction de sa lecture du sujet, du problème qu’il met au jour, et des arguments qu’il trouve, de construire son plan), ni de dire que ce qui suit est la seule méthode possible pour réussir cette épreuve au baccalauréat. Mais certains principes sont essentiels et permettent surtout de comprendre ce qu’est une dissertation : - accueillir la question, la faire sienne et s’y engager, « l’habiter ». - maîtriser sa réflexion , aussi bien dans son développement argumentatif et progressif que dans son contenu et ses fondements. - la dissertation a pour but de convaincre, donc raisonner et illustrer en vue de prouver ou réfuter. Il ne suffit pas d’être persuasif… Nous pouvons donc dégager quatre aspects essentiels du travail : I°) Comprendre le sujet II°) Poser un problème III°) Faire un plan IV°) Rédiger la dissertation. I°) COMPRENDRE LE SUJET A) LE SUJET LUI-MÊME Au cours de l’examen, il s’agit de bien choisir son sujet. Il faut se méfier des sujets apparemment faciles, qui paraissent renvoyer à du « bien connu ». Il faut pour chaque sujet voir ce qui ne va pas de soi, ce qui fait que la réponse n’est pas si évidente et nécessitera une exploration en profondeur de la question, bref, il faut savoir déloger la difficulté problématique relative au sujet tel qu’il vous est proposé. D’autre part, il est peut être intéressant de choisir un sujet qui vous semble difficile, car il peut stimuler votre réflexion, ce qui vous conduit souvent à être plus rigoureux et fidèle à la question (et ne pas vous éloigner du sujet, soit en récitant, soit en traitant un sujet proche, qui vous intéresserait, mais qui n’est pas exactement celui qui vous est donné). La précision dans la compréhension de la question est primordiale, et vous devez tenir compte du fait que vous comprenez bien le sujet, qu’il vous intéresse ou au moins vous interpelle, que vous avez travaillé les notions et thèmes concernés. Une fois le sujet choisi, surtout pas de retour en arrière (« et si j’avais pris l’autre sujet »… « allez, je ne vais pas y arriver, je tente de faire l’explication de texte ») : il faut s’y engager pleinement, et de manière patiente. En effet, l’analyse du sujet est primordiale. Il faut s’exercer en prenant des sujets très divers et se familiariser avec les différents types de formulation. Rien ne vaut l’entraînement. Un sujet de dissertation est ou contient toujours une question dont la forme et le contenu doivent être bien mis en évidence. B) LES DIFFÉRENTES FORMES DE SUJETS 1) Recherche d’une définition : a) Forme typique : « qu’est-ce que X ? » Exemple : qu’est-ce que… la justice, comprendre autrui, une vie heureuse, connaître un être vivant, etc. ? C’est la question philosophique par excellence. Des étapes sont nécessaires, comme autant d’approches successives, par approfondissement progressif, de la définition recherchée. Ce sont les parties de la dissertation, ses moments. b) Autres formes : Elles sont fréquentes, mais ramènent à la recherche d’une définition. C’est pourquoi il faut vous exercer à chercher le type de la question. Cependant, vous devez tenir compte de la forme, car elle vous aide à mieux vous engager dans la question. Exemple : « À quoi reconnaît-on un acte juste ? » revient à « Qu’est-ce qu’un acte juste ? ». Dans les deux cas, la définition de l’acte juste est en question, mais différemment. Autres exemples : « La technique n’est-elle qu’un moyen ? » « Comment caractériser une démonstration ? »

« I°) COMPRENDRE LE SUJET A) LE SUJET LUI -MÊME Au cours de l’ examen, il s’agit de bien choisir son sujet. Il faut s e méfier des sujets apparemment faciles , qui paraissent renvoyer à du « bien connu ». Il faut pour chaque sujet voir ce qui ne va pas de soi, ce qui fait que la réponse n’est pas si évidente et nécessitera une exploration en profondeur de la questio n, bref, il faut s avoir déloger la difficulté problématique relative au sujet tel qu’il vous est proposé . D’autre part, il est peut être intéressant de choisir un sujet qui vous semble difficile , car il peut stimuler votre réflexion, ce qui vous c onduit s ouvent à être plus rigoureux et fidèle à la question (et ne pas vous éloigner du sujet, soit en récitant, soit en traitant un sujet proche, qui vous intéresserait, mais qui n’est pas exactement celui qui vous est donné) . La précision dans la compréhension de la question est primordiale, et vous devez tenir compte du fait que vous comprenez bien l e sujet, qu’il vous intéresse ou au moins vous interpelle , que vous avez travaillé les notions et thèmes concernés. Une fois le sujet choisi, surtout pas de reto ur en arrière (« et si j’avais pris l’autre sujet »… « allez, je ne vais pas y arriver, je tente de faire l’explication de texte ») : il faut s’y engager pleinement , et de manière patiente. En effet, l’analyse du sujet est primordiale. Il faut s’exercer e n prenant des sujets très divers et se familiariser avec les différents types de formulation. Rien ne vaut l’entraînement . Un sujet de dissertation est ou contient toujours une question dont la forme et le contenu doivent être bien mis en évidence. B) LES DIFFÉRENTES FORME S DE SUJET S 1) Recherche d’une définition : a) Forme typique : « qu’est -ce que X ? » Exemple : qu’ est -ce que… la justice, comprendre autrui, une vie heureuse , connaître un être vivant, etc. ? C’est la question philosophique par excellence. Des étapes sont nécessaires, comme autant d’approches successives, par approfondissement progressif , de la définition recherchée. Ce sont les parties de la dissertation, ses moments. b) Autres formes : Elles sont fréquentes, mais ramènent à la recherche d’une définition. C’est pourquoi il faut vous exercer à chercher le type de la question. Cependant, vous devez tenir compte de la forme, car elle vous aide à mieux vous engager dans la question. Exemple : « À quoi reconnaît -on un acte juste ? » revient à « Qu’est -ce qu’un acte juste ? ». Dans les deux cas, la définition de l’acte juste est en question, mais différemment. Autre s exemple s : « La technique n’est -elle qu’un moyen ? » « Comment caractériser une démonstration ? » 2) Rapport entre des idées, des attitudes, des points de vue : Ce type de sujet est très fréquemment rencontré. Il est important que vous le maîtrisiez. Ici aussi, il peut prendre des aspects divers. Le rapport peut être implicite. Forme typique : « Quel est le rapport entre A et B » ? Il faut comprendre le « et ». L’intérêt du sujet tient au caractère problématique du rapport. Le sujet porte sur le rapport . Il ne s’agit donc pas de traiter l’un puis l’autre de ces termes . Exemples : « La religion s’oppose -t-elle à la philosophie ? » « L’histoire dit -elle la vérité ? » « La science démontre -t-elle ? » « La liberté est -elle synonyme de bonheur ? » Le rapport peut être d’exclusion (A exclut B et/ou B exclut A) , d’inclusion (A inclut B ou vice -versa) , de contradiction (A est le contraire de B et vice -versa ), d’interdépendance (A est dépendant de B, mais B est aussi dépendant de A, par exemple) , d’indépendance, etc. Il faut envisager toutes les possibilités . »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles