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Stress

Publié le 11/01/2011

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Le "bon stress", ça n'existe pas !
Des écoles de management, s'appuient sur des études comportementales et l'avis de certains psychologues, pour préconiser une forme de motivation des salariés bien particulière : le management par le stress.
Se référant aux bienfaits supposés de la montée d'adrénaline potentialisante et libératrice que ressentent les sportifs ou les orateurs avant la performance, elles considèrent que les salariés soumis à des contraintes "mesurées" trouvent en eux les ressources nécessaires à l'accomplissement des tâches qui leur sont ainsi assignées.
D'autres avancent que ressentir le stress montre que le corps éprouve la pression, autrement dit qu'il existe : le stress comme comblement du vide intérieur !
Tout cela n'est que stupidité ! Les statistiques de santé sociale s'accordent pour dire que le stress est la cause principale de la moitié des arrêts de travail et que son coût pèse entre 3 et 10% du PIB.
En fait, il s'agit de manier avec dextérité un équilibre sain entre carotte et bâton. Or, les salariés se plaignent majoritairement du manque de reconnaissance de leur travail. Aussi, l'éventualité d'une récompense (appel à grandir) sera toujours plus motivante que la menace paralysante d'une sanction (infantilisation).
A moins de considérer le stress comme un moyen artificiel d'accélérer la sélection des espèces dans l'entreprise !
Alerte biologique et indicateur d'incohérence
Le stress est d'origine animale : réflexe de survie en réponse à une menace externe, sur lequel nous n'avons aucune action possible, il induit des réactions de fuite, de lutte, ou de résignation. C'est le domaine du cerveau primitif, le cerveau reptilien.
Au fil de son développement, l'homme a acquis une conscience (cerveau limbique) à base d'expériences et de mémorisation des situations passées. La vraie différence est apparue avec le cortex préfrontal, siège de l'intelligence, responsable d'activités supérieures : curiosité, adaptation, nuance, relativité, rationalité, opinion.
Le problème est que cette zone n'est pas maîtresse de nos comportements. C'est en effet la conscience, une zone plus "primitive", qui décide de nos actions et réactions.
N'y voyons pas là une allégorie du fonctionnement des entreprises !
Lorsque le cerveau supérieur détecte un conflit interne, c'est-à-dire une situation ou un comportement incohérent (comme le rejeu d'un échec passé, par exemple), et si la conscience reste cantonnée dans des préjugés ou un conditionnement de court terme, le seul moyen dont il dispose pour porter l'alerte est le stress animal.
Aussi ne faut-il pas considérer l'apparition du stress comme un aveu de faiblesse, mais plutôt comme une incitation à voir la situation présente sous un autre angle, à considérer d'autres points de vue que ceux que nous dicte la facilité ou notre passé.
Sans aller jusqu'à une méditation transcendantale systématique...
Dénonciation individuelle d'un trouble collectif ?
A ce stade, pour expliquer le stress au travail, il serait tentant de considérer que les managers ne sont que la conscience de l'entreprise, focalisée sur le court terme… Ce serait vite oublier qu'ils sont les premières victimes du surmenage et du burn out.
Et si les salariés n'évoquaient leur stress que par mode, ou pour exister ? Et si ce n'était pas seulement l'aveu d'individus insuffisants face aux nécessités productives, mais la manifestation du caractère invisible et insidieux d'une certaine défaillance de l'organisation ?
Plus largement, ne serait-ce pas pour les professionnels, la manière d'évoquer leur malaise "existentiel" ou les contradictions de leur emploi ? Le stress prend alors le sens d'un usage social !
C'est là toute l'ambiguïté : tant que la reconnaissance officielle du stress demeurera individuelle et ne traitera pas la pénibilité collective ou la mauvaise organisation, elle sera à double tranchant, car celui dont on reconnaît le stress est aussi celui qui n'a pas réussi à s'adapter, montrant ainsi sa fragilité !
Aussi, se servir du stress pour préconiser une revue de l'organisation est sans doute la voie à suivre dans la plupart des cas, mais elle est parsemée d'embuches ! Elle nécessite pour le moins que l'entreprise ait défini ses processus internes et surtout que les procédures et les interfaces entre les différentes entités soient clairement documentées et définies.
Les entreprises ne sont pas égales devant le stress
Les statistiques en matière de stress sont plutôt contradictoires. Plus d'un salarié sur cinq se dit stressé. Mais que penser quand 90% d'entre eux "prennent sur eux" et disent se ressourcer à 80% dans des activités personnelles ?
Par ailleurs, comment expliquer que les recours à la hiérarchie directe (40%), à la médecine libérale (40%), ou au médecin du travail (30%) soient aussi faibles ?
Les données moyennes, qui ne prennent en considération que les individus, répartis en catégories socio-professionnelles, ne représentent pas la réalité du terrain qui varie beaucoup selon l'entreprise concernée.
En fonction du secteur d'activité en effet, les travailleurs ne sont pas soumis aux mêmes contraintes. De plus, au sein d'une même entreprise, tous les salariés ne sont pas exposés au stress de la même manière.
Ainsi, pour une entreprise de travaux publics, c'est la pénibilité physique au niveau des chantiers qui prévaut. Pour les entreprises de services, le personnel au contact du client est confronté à des situations plus complexes que les administratifs…
Une forme particulière de stress concerne les groupes de services constitués d'un conglomérat de petites entreprises réunies au fil des rachats, mais qui ont gardé une identité propre et ont du mal à se fondre dans une politique globale. C'est le cas par exemple de groupes comme la Générale de Santé ou Veolia environnement.
Quelles approches thérapeutiques ?
En premier lieu, il faut s'assurer que tous les acteurs (managers, salariés, syndicats, juristes, etc.) s'accordent sur le sens à donner au stress et à son expression au sein de l'entreprise.
Ensuite, il faut mesurer l'ampleur du problème en analysant les données disponibles, issues de la gestion des ressources humaines et de la médecine du travail (pour ces dernières, l'auditeur doit lui-même être médecin). Il est indispensable d'observer l'évolution du phénomène sur la durée (3 ans semblent un minimum).
Au niveau de la mise en œuvre, deux approches concomitantes sont nécessaires :
-   répondre à l'urgence en mettant en place une gestion individuelle des cas actuels, démontrant ainsi la prise en charge des symptômes,
-   définir et mettre en pratique une politique de prévention collective, travail sur les causes réelles ou supposées du stress en tant que révélateur.
Ce faisant, il convient de ne pas donner trop d'importance au traitement individuel du stress : la psychologisation des rapports sociaux dans l'entreprise est souvent elle-même une source non négligeable de stress !
Les techniques comportementales et cognitives sont utiles, à condition toutefois de les contenir au seul champ de l'apprentissage de la rationalisation. Ce n'est pas un moyen de "positiver" le stress, car martelons-le : le "bon stress", ça n'existe pas !
Enfin, il faut soigner la communication interne autour de la gestion du stress, ne pas se contenter de publier une charte des risques psychosociaux, ne pas hésiter à mettre un maximum d'informations sur l'intranet.
En conclusion…
Le stress est devenu un fait de société, objet d'une réglementation pléthorique, dont le dernier élément est l'ANI du 2 juillet 2008, qui stipule que : "La responsabilité de déterminer les mesures appropriées incombe à l'employeur".
Si le stress au travail est parfois, nous l'avons vu, un "fourre-tout", il doit être considéré comme un levier d'action, ne serait-ce que pour permettre aux syndicats, aux salariés et aux managers de se parler.

« A moins de considérer le stress comme un moyen artificiel d'accélérer la sélection des espèces dans l'entreprise ! Alerte biologique et indicateur d'incohérence Le stress est d'origine animale : réflexe de survie en réponse à une menace externe, sur lequel nous n'avons aucune actionpossible, il induit des réactions de fuite, de lutte, ou de résignation.

C'est le domaine du cerveau primitif, le cerveau reptilien. Au fil de son développement, l'homme a acquis une conscience (cerveau limbique) à base d'expériences et de mémorisation dessituations passées.

La vraie différence est apparue avec le cortex préfrontal, siège de l'intelligence, responsable d'activitéssupérieures : curiosité, adaptation, nuance, relativité, rationalité, opinion. Le problème est que cette zone n'est pas maîtresse de nos comportements.

C'est en effet la conscience, une zone plus "primitive",qui décide de nos actions et réactions. N'y voyons pas là une allégorie du fonctionnement des entreprises ! Lorsque le cerveau supérieur détecte un conflit interne, c'est-à-dire une situation ou un comportement incohérent (comme le rejeud'un échec passé, par exemple), et si la conscience reste cantonnée dans des préjugés ou un conditionnement de court terme, leseul moyen dont il dispose pour porter l'alerte est le stress animal. Aussi ne faut-il pas considérer l'apparition du stress comme un aveu de faiblesse, mais plutôt comme une incitation à voir lasituation présente sous un autre angle, à considérer d'autres points de vue que ceux que nous dicte la facilité ou notre passé. Sans aller jusqu'à une méditation transcendantale systématique... Dénonciation individuelle d'un trouble collectif ? A ce stade, pour expliquer le stress au travail, il serait tentant de considérer que les managers ne sont que la conscience del'entreprise, focalisée sur le court terme… Ce serait vite oublier qu'ils sont les premières victimes du surmenage et du burn out. Et si les salariés n'évoquaient leur stress que par mode, ou pour exister ? Et si ce n'était pas seulement l'aveu d'individusinsuffisants face aux nécessités productives, mais la manifestation du caractère invisible et insidieux d'une certaine défaillance del'organisation ? Plus largement, ne serait-ce pas pour les professionnels, la manière d'évoquer leur malaise "existentiel" ou les contradictions deleur emploi ? Le stress prend alors le sens d'un usage social ! C'est là toute l'ambiguïté : tant que la reconnaissance officielle du stress demeurera individuelle et ne traitera pas la pénibilitécollective ou la mauvaise organisation, elle sera à double tranchant, car celui dont on reconnaît le stress est aussi celui qui n'a pasréussi à s'adapter, montrant ainsi sa fragilité ! Aussi, se servir du stress pour préconiser une revue de l'organisation est sans doute la voie à suivre dans la plupart des cas, maiselle est parsemée d'embuches ! Elle nécessite pour le moins que l'entreprise ait défini ses processus internes et surtout que lesprocédures et les interfaces entre les différentes entités soient clairement documentées et définies. Les entreprises ne sont pas égales devant le stress Les statistiques en matière de stress sont plutôt contradictoires.

Plus d'un salarié sur cinq se dit stressé.

Mais que penser quand90% d'entre eux "prennent sur eux" et disent se ressourcer à 80% dans des activités personnelles ? Par ailleurs, comment expliquer que les recours à la hiérarchie directe (40%), à la médecine libérale (40%), ou au médecin dutravail (30%) soient aussi faibles ? Les données moyennes, qui ne prennent en considération que les individus, répartis en catégories socio-professionnelles, nereprésentent pas la réalité du terrain qui varie beaucoup selon l'entreprise concernée. En fonction du secteur d'activité en effet, les travailleurs ne sont pas soumis aux mêmes contraintes.

De plus, au sein d'une mêmeentreprise, tous les salariés ne sont pas exposés au stress de la même manière.. »

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