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LA PROBITÉ - LE RESPECT DU BIEN D'AUTRUI

Publié le 22/02/2012

Extrait du document

(Louise, la fille de Séverin, va mourir. Elle veut un bouillon de poule.) Séverin était passé dans toutes les maisons du village pour trouver une poule... Mais le moment était mal choisi, et partout il avait reçu la même réponse : « Mes poules ne sont pas grasses en ce moment ; ce ne sont guère que des carcasses. Si tu veux, je t'en donnerai une tout de même. » Et Séverin avait répondu partout : « Non ! j'en veux une grasse... Je vous remercie... » Il se hâtait dans la nuit vite épaissie... Tout à coup, comme il passait devant le logis de Magnon, riche propriétaire, il aperçut au beau milieu de la route une boule sombre ; il avança son sabot ; à sa vive surprise, une poule se leva, effrayée, et alla s'accroupir un peu plus loin... Il la suivit, se baissa, avança la main ; la poule, se sentant prise, battit des ailes et gloussa ; alors, pour la faire taire, il lui saisit le cou et vivement serra. Puis, soulevant la bête, il la glissa sur sa poitrine et repartit. C'était une poule superbe. Pourtant, à -mesure qu'il approchait de la maison, une inquié tude grandissait en lui. Que dire à Louise, et que dire surtout à la grandmère ? C'était une poule volée, en somme... Il poussa la porte et s'approcha doucement du lit de la malade. Il sortit la poule de dessous sa blouse et la mit sur le lit. Un sourire éclaira le visage blanc de la malade. « Ah ! c'est ma poule ! Tu as pensé à moi... Merci, père. Comme elle est lourde ! Je ne peux pas la soulever ! Quelle belles plumes ! Grand-mère, viens voir ! » La grand-mère se leva et vint près du lit. « Où l'as-tu prise ? demanda-t-elle à Séverin. Mais ce n'est pas une poule ! C'est un poulet ! » Séverin s'avança vivement : « Un poulet ! » — Oui, un poulet ! regarde la crête. Où as-tu pris ça ? Maintenant qu'il faut avouer cette chose énorme, Séverin n'ose parler, le coeur étreint par une angoisse sur laquelle il n'avait pas compté. Soudain, il se décide et vite lâche les mots : « J'ai trouvé cette bête sur la route. Elle est venue se fourrer sous mes sabots ; je l'ai tuée sans le faire exprès ; alors quoi ! je ne pouvais la laisser sur la route, je l'ai emportée ! » La grand-mère recule un peu pour le regarder. Ses yeux s'ouvrent très grands, comme si elle découvrait une chose horrible ; puis elle se dresse contre lui : « Alors, c'est vrai, dit-elle ; tu as volé, malheureux ! » Séverin, à son tour, recule ; il ne peut plus supporter le regard de ces yeux qui le condamnent... Après une minute d'effarement, il essaie de se défendre : « Voyons ! En voilà des histoires ! Justement, il n'y avait pas de poules. Alors, je trouve ce poulet sur la route ; il était égaré, perdu ; les chiens l'auraient mangé. Je l'ai ramassé, le mal n'est pas grand. — Tais-toi ! fait la vieille femme. — Peut-être bien qu'il était aux Magnon ! Des gens si riches et si mau vais ! Et puis, on est si malheureux !... Quand on a des enfants qui meurent de faim, on a bien le droit de prendre ce que les autres ont de trop ! » La grand-mère, indignée, lève sa canne. Elle frapperait ! « Tais-toi ! Tu parles mal ! Quand on est dans la misère, on demande. Demain matin, j'irai en chercher une, moi, et je la trouverai puisqu'il le faut. Quant à ce poulet, personne ici n'y touchera... » Elle lance la bête qui retombe aux pieds de Séverin, avec un bruit mat. L'indignation redresse sa taille cassée... « Malheureux ! Voilà où tu en es !... » Séverin se baisse vivement, ramasse le poulet et s'en va dans la nuit. Quand il revint une heure plus tard, la grand-mère était assise à la même place. Elle lui mit une main sur l'épaule, se pencha pour l'embrasser, et mur mura : « T'es bien malheureux, mon pauv' gars ! » Alors il pleura comme il n'avait jamais pleuré de sa vie. D'après Ernest Pérochon - Les Creux-de-maisons. Pion

« «Tais-toi ! Tu parlesmal !Quand on estdanslamisère, ondemande. Demain matin,j'iraienchercher une, moi, et je la trouveraipuisqu'ille faut. Quant à ce poulet, personneici n'ytouchera...

» Elle lance la bête qui retombeaux pieds de Séverin, avec un bruitmat. L'indignation redresse sataille cassée...

« Malheureux !Voilà où tu en es !...

» Séverin se baisse vivement, ramasse le poulet et s'en va dans la nuit. Quand ilrevint uneheure plustard, lagrand-mère étaitassise à la même place.

Elle lui mit une main sur l'épaule,sepencha pour l'embrasser, et mur mura : « T'es bienmalheureux, monpauv' gars ! » Alors il pleuracomme il n'avaitjamais pleuré de sa vie. D'après Ernest Pérochon -Les Creux-de-maisons. Pion 2. Réflexions sur la lecture. 1. Qu'a demandé lamalade ? Que fait le père ? Que répondent les gens ? 2. Que trouve-t-il dans la rue ?Que fait-il ? 3. Que ressent-ilàmesure qu'ilapproche de lamaison ? Remords ? 4.

Problème moral. N'ayant pastrouvé lavolaille qu'ilcherchait, avait-il eu raison de prendre cellequ'ilavait rencontrée ? 5. Comment la grand-mère leregarde-t-elle ? Que dit-elle? 6.

Que pensez-vous de cette affirmation ? « Quandon a des enfants qui meurent de faim, on a bien le droit de prendrece que les autres ont de trop.

» 7. Que fait Séverin danslanuit ? Que se passe-t-ilà sonretour? 3. Réflexions sur la vie. 1.

Ceux qui manquent de quelque chose ont-ils le droit de le prendre à ceux qui le possèdent? 2.

Que font parfois, que devraient faire plus souvent, ceux qui sont riches et qui voient leurssemblables manquerdunécessaire ? 3.

On peut commettreune faute, mais, alors, que reste-t-il à faire ? 4. Actions et problèmes. 1.

Près d'une meule de paille, dans le champ du voisin, vous trouvez deux douzaines d'oeufs. Que faites-vous ? 2.

Un de vos canards a disparu chez le voisin qui ne vous le rend pas. Que ferez-vous quand un de sesanimauxviendrachez vous ? 3.

Chez le pâtissier, vous mangez troisgâteaux.

Vous ne pouvez en payer que deux.

« Combien en avez-vousmangé ? » vous demande le pâtissier. Que répondez-vous ? 5. Résolution. Prendre ce qui appartient aux autres, c'estvoler.

Je respecterai le bien d'autrui.

Plus tard, par mon travail, je me procureraice dont j'aurai envie.. »

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