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Approche d'une définition de la technique ?

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technique
Pour Aristote, le domaine de la production matérielle et de la technique est réservé aux esclaves. Ces derniers sont une propriété instrumentale des maîtres. Or, il y a deux sortes d'instruments : l'inanimé, l'outil, et l'animé, l'esclave. L'esclave est préférable jusqu'à un certain point à l'outil inanimé, car en l'absence de véritable « esclave mécanique », il faut nécessairement passer par l'outil libre. De plus, au travail de l'outil inerte qui renvoie l'homme à autre chose que lui-même, il faut préférer l'« action », c'est-à-dire l'usage de la vie qui ne renvoie l'homme qu'à lui-même. Mais les esclaves sont semblables aux outils inanimés dans la mesure où ils agissent sans savoir ce qu'ils font, « à la façon dont le feu brûle ». La seule différence, c'est que les outils inanimés accomplissent chacune de leurs fonctions par une tendance naturelle, tandis que les esclaves le font par habitude.Ainsi pour Aristote, la théorie comme « connaissance des causes » s'oppose à la technique qui ne requiert que la pure et simple habileté pratique acquise par habitude.B. La technique comme science appliquée1.

« (noêsis). Ils incarnent la science contemplative, et la sagesse, vertu suprême, est leur apanage. Ils sont la tête dela Cité. En dessous de ces chefs, doivent se situer les guerriers ou gardiens de la Cité. Ils possèdent en propre lapensée raisonnante ou discursive (dianoïa). Le courage est leur vertu. Ils constituent l'armature de l'État, soncoeur. Tout en bas, au champ ou à l'atelier, doivent se trouver les simples citoyens, la masse des producteurs. Leurconnaissance est de l'ordre de la foi et de l'opinion. Ils sont le ventre de la Cité.On le voit, pour Platon, les artisans, les producteurs se situent tout en bas de la hiérarchie. Bien plus, contrairementaux deux autres classes de la Cité, ils ne possèdent aucune vertu propre, pas même celle de travail. Si Platon refusede leur accorder une vertu positive, c'est bien parce qu'à ses yeux, la technique n'a aucune valeur humaine. 3. Technique et sciences théorétiques chez AristoteDans Métaphysique, Aristote distingue trois types de « sciences » : les sciences théorétiques, les sciencespratiques et les sciences poétiques. Les premières (Théologie, Physique, Mathématiques) sont pure contemplation;les secondes (Éthique, Politique) ont trait à l'activité humaine dans la mesure où les causes sont inhérentes àl'homme et ont pour but la perfection de l'agent; les troisièmes concernent toute production d'objets externes àl'homme? La technique relève de ces dernières.La technique est donc définie par Aristote comme science poétique, c'est-à-dire science de la production. Elle sepropose la réalisation d'une oeuvre extérieure à l'homme. Elle s'oppose à la science théorétique qui est l'étude, lacontemplation de la vérité, la science en acte, la spéculation désintéressée, indépendante de toute fin utilitaire oumorale.Pour Aristote, le domaine de la production matérielle et de la technique est réservé aux esclaves. Ces derniers sontune propriété instrumentale des maîtres. Or, il y a deux sortes d'instruments : l'inanimé, l'outil, et l'animé, l'esclave.L'esclave est préférable jusqu'à un certain point à l'outil inanimé, car en l'absence de véritable « esclave mécanique», il faut nécessairement passer par l'outil libre. De plus, au travail de l'outil inerte qui renvoie l'homme à autre choseque lui-même, il faut préférer l'« action », c'est-à-dire l'usage de la vie qui ne renvoie l'homme qu'à lui-même. Maisles esclaves sont semblables aux outils inanimés dans la mesure où ils agissent sans savoir ce qu'ils font, « à lafaçon dont le feu brûle ». La seule différence, c'est que les outils inanimés accomplissent chacune de leurs fonctionspar une tendance naturelle, tandis que les esclaves le font par habitude.Ainsi pour Aristote, la théorie comme « connaissance des causes » s'oppose à la technique qui ne requiert que lapure et simple habileté pratique acquise par habitude. B. La technique comme science appliquée1. De la contemplation à la transformation de la naturePour Platon et Aristote, la connaissance scientifique n'est donc pas une activité qui se déploierait à partir del'expérience, même rectifiée, elle est théorie pure ou contemplation. Il est vrai que, comme le montre J.-P. Vernant',la raison grecque, « c'est celle qui permet d'agir de façon positive, réfléchie, méthodique sur les hommes, non detransformer la nature ». Elle n'a donc pas « beaucoup emprunté à l'observation des phénomènes naturels; elle n'apas fait d'expériences ». Ce n'est donc pas encore « cette raison expérimentale de la science contemporaine,orientée vers les faits et leur systématisation théorique ». Elle a bien, dit Vernant, « édifié une mathématique »,donc une « première formalisation de l'expérience sensible »j mais, « elle n'a pas cherché à l'utiliser dans l'explorationdu réel physique ». La raison grecque « ne se découvre pas dans la nature » mais est « immanente au langage » :c'est l'« art de l'avocat », « du professeur », du « rhéteur », « de l'homme politique ». Ainsi, « dans ses limitescomme dans ses innovations, elle apparaît bien fille de la Cité ». Ce qui importe, c'est donc la recherche dans lediscours d'une cohérence interne. On comprend dès lors qu'un Platon (ou un Aristote) ait pu concevoir la sciencecomme une contemplation passive des Idées.A partir du XVIIe siècle, la science change de statut. L'avènement de techniques nouvelles permetl'expérimentation. Ainsi, la découverte de la lunette astronomique permet à Galilée d'apporter des preuves décisivesà l'héliocentrisme de Copernic. En outre la loi, la mesure apparaissent. Dans l'Antiquité, il n'y avait pas de loi.Archimède avait reconnu l'existence d'une poussée mais le principe avec son aspect quantitatif est établi parPascal. Enfin, la science n'est plus seulement théorie pure mais aussi efficacité pratique. En témoignent, parexemple, les découvertes en astronomie qui permettent un meilleur repérage graphique et une meilleure navigation.La cohérence rationnelle et l'efficacité pratique expliquent l'enthousiasme d'alors pour la science. Un philosophecomme Descartes, par exemple, a une très forte conscience de l'utilité des connaissances scientifiques, allant mêmejusqu'à affirmer que celles-ci peuvent rendre l'homme « maître et possesseur de la nature ». Ces mots sontsignificatifs d'un véritable tournant dans l'histoire de la pensée. Descartes a compris que la science pouvait être lamédecine de Pasteur, l'industrie moderne...A partir du XVIII siècle, l'artisanat est dépassé par la technique. L'usage nouveau du terme de technique désignel'apparition d'une réalité nouvelle : la grande industrie. Dans la Critique de la faculté de juger, Kant définit « toutesles règles techniques pratiques » comme « des corollaires de la philosophie théorique ». La technique est ainsidéfinie comme science appliquée.Ainsi on ne peut plus opposer sous la même forme que jadis la science pure à la technique parce que science ettechnique sont solidaires. 2. L'interdépendance de la science et de la techniqueCertes, il existe entre science et technique une différence de perspective. Le savant n'est pas le technicien. Cedernier se borne à appliquer les résultats de la science. Celui qui fait la science ne se préoccupe pas de sonapplication pratique. Ainsi, par exemple, Einstein a découvert la loi de la conservation de l'énergie « E = MC2 » etnon pas la bombe atomique. La recherche d'une application précise peut même être un obstacle au progrès dutravail du savant. La science pure est le produit d'une curiosité désintéressée. Un exemple est celui des fontainiersde Florence qui, constatant que, dans des pompes vides, l'eau ne monte pas à plus de 10,33 m, viennent consulter »

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