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Est-il raisonnable d'aimer ?

Publié le 13/01/2005

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            Enfin, il est certain que l'amour et la raison sont des notions si complexes qu'il paraît nécessaire de faire des compromis : car seul dans la théorie l'amour peut être dicté uniquement par ses sentiments, et seul en théorie l'homme peut vivre à jamais épanoui et heureux dans l'amour.             Tout d'abord, si l'on considère que l'amour n'est pas raisonnable peut-on alors dire qu'il est raisonnable de ne pas aimer. Mais en réalité, on se rend compte que vivre sans amour est aussi irraisonnable que de ne pas aimer. Cela implique une perte de sentiments, une solitude et surtout une perte de l'épanouissement : car comment peut-on s'épanouir sans passions, sans désirs, sans envies, la vie se limiterait à une routine consternante, à une vie robotisée. C'est pourquoi, l'homme ne peut pas vivre sans amour, ceci fait parti de son essence. Donc, même s'il est probable que l'amour n'est pas toujours raisonnable, il est tout de même essentiel et vital. Et en un sens ce qui nous est vital n'est t'il pas raisonnable ? D'ailleurs Pascal énonce clairement cette idée : « Deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison » (Discours sur les passions de l'amour). N'admettre que la raison n'a pas de sens mais il est vrai que l'exclure est aussi incohérent, cela impliquerai une vie sans moral, en marge de la société, on ne distinguerai plus le bien du mal, nos actions seraient dictées seulement par nos pulsions ce qui amènerai à une perte totale de liberté : Comment peut-on être libre et heureux s'il nous est impossible de discerner la réalité de l'imaginaire ? Mais comme l'amour l'homme ne peut pas vivre sans raison : elle fait parti intégrante de son être et malgré tout lui dicte la plupart de ces actes.

« nous empêche de dormir... Il est donc plus raisonnable de maîtriser ces désirs pour ne pas perdre la raison : « Etceci seul me semblait être suffisant pour m'empêcher de rien désirer à l'avenir que je n'acquisse, et ainsi pour merendre content » (Descartes, Discours de la méthode ). L'amour ne semble donc pas prendre en compte la raison, les sentiments s'opposent à cette raison : ilsnous font agir de manière irrationnelle et irréfléchie : « On ne peut pas dire pourquoi . La raison de l' amour , c'est l'amour . La raison de l' amour , c'est qu'on aime . » (Vladimir Jankélévitch, Qui suis-je ). Malgré tout, certains amours et même certains désirs peuvent être considérés comme raisonnable après réflexion. Ensuite, l'amour dans plusieurs de ces conceptions est tout à fait rationnel : au contraire ne serait t-il pasaberrent de dire que je n'aime pas ma mère, l'être qui ma donné la vie ou que je n'aime pas l'être qui me permetd'être heureux et me permet une certaine stabilité ? D'abord, nous savons que l'homme est un être spirituel, doué d'une intelligence et qu'il possède la raisonuniverselle : ceci fait parti de sa nature. D'autre part, il est certain que l'homme est un être qui est capable d'aimé,ceci est aussi une caractéristique de l'homme. Donc dans sa définition, l'homme est à la fois raisonnable et capabled'aimer : étant définit ainsi on ne peut pas dire que l'homme n'est pas raisonnable lorsqu'il aime car sa raisonuniverselle ne disparaît pas lorsqu'il éprouve des sentiments. Il est vrai que l'homme peut agir selon ses sentimentsdans ces cas là, mais il est tout à fait possible qu'il agisse grâce à sa raison dans la même situation car celle ci esttoujours présente : il suffit qu'il maîtrise ses sentiments et pulsions. Dans l'antiquité, on croyait aussi au bonheurparfait grâce à une simple activité rationnelle, à la vie contemplative. Il est donc tout à fait envisageable d'aimerune idée, une vision de la vie : être tout simplement amoureux du Savoir. Cette passion n'est pas du toutirrationnelle vu que le sujet cherche seulement à acquérir le vrai et la réalité et donc de vivre rationnellement. Cetteconception a été décrite par Platon dans le Banquet comme l'amour philosophe : « Il (l'Amour) n'est jamais ni dansl'indigence, ni dans l'opulence et qu'il tient de même le milieu entre la science et l'ignorance, et voici pourquoi.Aucun des Dieux ne philosophe et ne désire devenir savant, car il l'est ; et, en général si l'on est savant, on nephilosophe pas ; les ignorants non plus ne philosophent pas et ne désirent pas devenir savants ; car l'ignorance aprécisément ceci de fâcheux que, n'ayant ni beauté, ni bonté, ni science, on s'en croit suffisamment pourvu. ».Ainsi Eros cherche le Savoir car il sait qu'il est en partie ignorant et ne sait pas tout : ce qui est une preuve desagesse, Eros est un être raisonnable. Il y a un dernier amour spirituel qui dans un sens est raisonnable : l'amour deDieu. Par définition Dieu veut le bien et désir que l'homme soit bon et possède une morale. Ainsi, si l'homme désirevouer sa vie à la religion, il décide de mener une vie consacrée aux autres et à faire le bien. Dans cette optique,l'amour permet à l'homme de se diriger sur la voie de la sagesse. Il est tout aussi vrai de dire que l'amour est raisonnable, s'il nous procure du bonheur sans autre condition.En effet, L'amour permet de nous rendre conscient de notre humanité, de notre bonté. Car aimer et être aimé enretour permet de vivre dans une certaine stabilité et sérénité. Le but essentiel et d'essayer de rendre le partenaireheureux, de le combler : comme les deux personnes s'aiment, elles vivront alors dans un bonheur mutuel et sansfaille. Les deux êtres se seront trouvés : chacune sera la moitié de l'autre. Il est commun de penser que chacunpossède sa moitié quelque part et qu'une fois celle ci trouvée nous pourrons vivre un amour parfait. Cette vision deshommes dépourvus de leur moitié et de la quête de celle ci a été décrite par Platon dans Le banquet : « C'est de ce moment que date l'amour inné des hommes les uns pour les autres : l'amour recompose l'antique nature, s'efforce defondre deux êtres en un seul, et de guérir la nature humaine... chacun cherche sa moitié ». Il est tout à fait morald'essayer de rendre la personne que l'on aime heureuse, c'est un signe de bonté et s'oppose à l'égoïsme. Le bonheurn'est-il pas acte de vertu ? Cependant, il existe d'autres formes d'amour ou les deux êtres sont pareillementheureux : grâce à la famille et aux amis. La mère aime son fils/fille et le/la fils/fille aime également sa mère. On aimel'être que l'on a mit au monde et l'on aime la personne qui nous a donné la vie et nous a éduquée le plus justementpossible : C'est un amour gratuit et inné, il serait irrationnel que ce ne soit pas ainsi. Ainsi dans ce cas il est évidentet raisonnable d'aimer. L'amitié est aussi une relation particulière basée sur un amour mutuel et sur le respect del'autre. L'amitié c'est cet équilibre entre l'amour et l'amitié : c'est une relation fondée sur la confiance, l'entre aide,la complicité : il n'y a pas de jalousie, pas de différents, juste une vie partagée fraternellement entre deuxpersonnes. « L'amitié est cependant quelque chose de si tendre dans la douceur de la sensation d'une possessionréciproque qui s'approche de la fusion en une personne, que si on la laisse reposer sur des sentiments et que l'on nesoumet pas cette communication réciproque et cet abandon à des principes ou à des règles rigides qui gardent de lafamiliarité et qui limitent l'amour réciproque par les exigences du respect, elle sera à tout instant menacéed'interruption ». D'après Kant ( Métaphysique des moeurs ) c'est justement dans la pluralité et la complexité des sentiments mit en jeu que réside la difficulté de la véritable amitié. Mais cet équilibre atteint alors la relation peutêtre idéale. Pour finir, même le désir peut être perçu de manière différente et prendre une dimension qui le rend plusraisonnable. Car désirer peut être considérer comme moteur de la vie, il nous permet d'avancer, de vouloir atteindreses buts, si nous ne désirons rien, n'aspirons à rien dans ce cas la vie prend une dimension beaucoup plusmonotone, elle perd de son intérêt. Nous sommes animés par le désir, d'ailleurs c'est le désir qui a permit à l'hommed'avancé, de partir à la découverte de la terre, puis de l'univers, qui lui permet de toujours repousser plus loin ceslimites. Dans cette optique, le désir paraît rendre heureux en lui-même : nous ne sommes pas heureux lorsque nousatteignons un désir mais lorsque nous désirons, cette aspiration à chercher l' « étoile » nous permet de nousmontrer que nous sommes vivants. Existe-il une meilleure preuve de la vie que de désirer, lorsque nous ne désirons »

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