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Exister, est-ce simplement vivre ?

Publié le 01/01/2004

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De même, Épicure dira qu'il ne faut assouvir que les désirs naturels et nécessaires. Le plaisir ou la satisfaction du désir est un bien. Mais s'il affirme que l'homme doit s'employer à rechercher le plaisir pour être heureux, il ne doit pas en faire la visée ultime ou le but de toutes ses actions. Le plaisir ne doit pas être recherché pour lui-même, mais seulement pour éviter la souffrance et avoir la paix de l'âme. Le bonheur n'est pas le fruit de la luxure : « Ce ne sont pas les beuveries et les orgies continuelles, les jouissances des jeunes garçons et des femmes, les poissons et autres mets qu'offrent une table de luxueuse qui engendrent une vie heureuse, mais la raison vigilante qui recherche minutieusement les motifs de ce qu'il faut choisir et de ce qu'il faut éviter et qui rejette les vaines opinions, grâce auxquelles le plus grande trouble s'empare des âmes � (« Lettre à Ménécée �). Aussi Épicure distingue-t-il : Les désirs naturels et nécessaires au bien-être du corps et de l'âme, qui s'appliquent aux objets susceptibles de supprimer la douleur, tels la boisson qui étanche la soif ou la pain qui calme la faim. Les désirs naturels et non nécessaires. Les objets de ces derniers sont, par exemple, les mets délicats qui permettent de varier le plaisir. Ces désirs ne sont naturels que pour autant qu'ils ne se transforment pas en débauche. Ainsi, le désir sexuel est naturel à condition qu'il ne devienne pas « un appétit violent des plaisirs sexuels assorti de fureur et de tourment �. Les désirs ni naturels ni nécessaires qu'il faut refouler si l'on veut connaître la sérénité (désirs de gloire, de richesse, d'immortalité, ambition...). Ces désirs sont de « vaines opinions � qui trouvent leur origine dans la crainte de la mort, notamment. Épicure nous invite donc à mettre fin à tous les plaisirs non naturels et non nécessaires qui occasionnent le plus souvent des désagréments, des frustrations, qui freinent l'acc�s à l'ataraxie (absence de trouble ou de douleur).

Ces termes sont, dans la langue courante, presque synonymes. Aussi convient-il de proposer ici quelques éléments qui permettent de les distinguer. Vivre, c'est simplement la capacité de résister, par l'exercice de ses fonctions biologiques à la disparition, cad à la mort. L'homme partage cette faculté avec les autres êtres vivants. Est-ce à dire pour autant que eux aussi "existent" ? Oui, si l'on prend le terme "exister" dans son sens le plus banal, celui "d'être". Mais il faut alors souligner que l'existence poss�de une extension bien plus large que la vie. Si, en revanche, l'on prend dans un sens plus précis et plus restreint, on peut considérer que la seule véritable existence est celle qui prend conscience d'elle-même comme existence. Ainsi, on se trouverait face à une caractéristique du sujet pensant. Voilà les différentes nuances qu'il est utiles d'introduire avant de se lancer dans l'étude de ce sujet.

Ce sujet invite à penser en parall�le deux notions. On remarquera que la question ne porte pas sur une simple comparaison, mais qu'elle demande si exister se réduit à vivre, ce qui suppose au départ que vivre est quelque chose de moins qu'exister. Ceci doit nous orienter vers un sens particulier du verbe exister �, car en certains sens, vivre est plus qu'exister. Par exemple, la pierre, l'eau existent bien, mais ne vivent pas (sinon en un sens figuré). La question posée exclut donc qu'on réduise l'idée d'existence au simple "

 

« par le corps, d'emblée identifié à un « mal ».

La violence du qualificatif ne peut que surprendre un lecteurmoderne peu habitué à dénigrer le corps et surtout habitué à des études neurologiques tendant à ramenerl'activité intellectuelle à des processus corporels.

Pourtant le dualisme de l'âme et du corps est très présentchez Platon et marque fortement toute la tradition philosophique.L'objet de nos désirs, dit Platon, c'est la vérité, qu'il nomme un peu plus loin « le réel ».

Deux points doivent iciêtre précisés.Tout d'abord, la vérité évoquée ici est l'Idée de la vérité en soi et pour soi, dont toutes les vérités que nouspouvons connaître ici bas ne sont que des reflets partiels et dégradés.

La vérité est comme le soleil del'allégorie de la caverne alors que la réalité terrestre n'est en fait qu'un jeu d'ombres dont il faut savoirs'éloigner par abstractions successives.Ensuite, Platon dit que « nous » recherchons la vérité.

Désigne-t-il par là seulement les philosophes ? Nonsans doute : toutes les âmes ont, plus ou moins enfouis en elles, la nostalgie de l'inconditionné, le désir dubeau, du bien et du vrai.

Mais beaucoup se trompent sur l'objet réel de leur désir.

C'est pourquoi nul n'estméchant volontairement : ceux qui font le mal ne savent pas vraiment ce qu'ils veulent.Il n'est pas utile de passer en revue le détail des maux dont nous accable le corps, depuis la nécessité de lenourrir jusqu'aux passions en passant par la maladie.

La critique de Platon peut nous paraître excessive dansla mesure où le souci pour le corps peut également réjouir l'âme ; l'amour par exemple peut manifester uneunion étroite entre le désir corporel et une communauté spirituelle ou intellectuelle.Et pourtant l'exemple de la maladie permet de bien comprendre ce que veut dire Platon : la douleur estintolérable parce qu'elle est en nous comme une présence étrangère.

C'est bien notre corps qui souffre maispar là même il nous devient en quelque sorte étranger, il ne nous est plus soumis.

Dans les passions comme lapeur, nous disons également que nos jambes se dérobent « malgré nous ».

Enfin, une migraine peut affecterconsidérablement nos capacités de réflexion et de discernement.

Ce qui peut choquer c'est que la critique nesoit pas compensée par un éloge du corps; mais les maux que déplore Platon ne sont pas étrangers à notrepropre expérience.

Montaigne reprendra largement ce thème de la puissance des émotions corporelles, parexemple de l'imagination, et de la faiblesse de l'intellect face à ces passions.Après avoir cité les maux dont le corps accable l'âme, Platon franchit un degré en lui attribuant laresponsabilité des guerres, destinées à assouvir ses appétits.

Ici on peut se demander si l'argument estvraiment plausible : les causes des guerres sont multiples, et on trouve parmi elles non seulement la volontéde puissance, mais le prestige de l'idée de puissance, ou des constructions idéologiques.

Il n'est pas certainque l'on puisse vraiment attribuer au corps l'origine de ces représentations.

Le problème du mal humain atteintsa profondeur précisément lorsqu'il faut reconnaître que ceux qui ont fait le mal savaient ce qu'ils faisaient.L'aboutissement de ce réquisitoire peut faire sourire tant il semble que Platon tienne l'impossibilité dephilosopher pour plus grave encore que les guerres.

Le terme de « loisir », qu'il emploie ici, est très importantdans sa pensée et revient fréquemment dans ses dialogues : pour rechercher la vérité il faut avoir du tempsdevant soi et l'esprit suffisamment libre.

Souvent, dans les dialogues platoniciens, Socrate doit appeler à plusde patience des interlocuteurs trop pressés de conclure le raisonnement.

Dans le Ménon ou le Gorgias, seproduit exactement ce que Platon déplore : les interlocuteurs se laissent emporter par leurs passions,notamment par l'orgueil et la vanité.

Ne supportant pas la réfutation que Socrate oppose à leurs propos, ils sefâchent et menacent d'interrompre la discussion. Conclusion. C'est en fait à un véritable travail d'ascèse que nous convie Platon à travers ce réquisitoire contre le corps.Sans doute ne pouvons-nous éviter de lire ce texte avec beaucoup de distance; mais on ne peut être quefrappé par la proximité de ce texte et de différents mysticismes ou une doctrine aujourd'hui aussi prisée que lebouddhisme, qui invite également à discipliner et à dompter le corps, siège de la douleur qui nous empêched'accéder à la sérénité parfaite.

La leçon à retenir de ce texte est que la philosophie ne peut se pratiquersans une certaine expérience du silence et de l'ascèse spirituelle - à condition, mais c'est un autre débat,d'admettre que l'objet de la philosophie est la contemplation ou la méditation de l'absolu. Épictète, quant à lui, enseigne de ne jamais se laisser dominer par les passions, de ne jamais vouloir ce qui nedépend pas de nous. De même, Épicure dira qu'il ne faut assouvir que les désirs naturels et nécessaires.

Le plaisir ou la satisfactiondu désir est un bien.

Mais s'il affirme que l'homme doit s'employer à rechercher le plaisir pour être heureux, ilne doit pas en faire la visée ultime ou le but de toutes ses actions.

Le plaisir ne doit pas être recherché pourlui-même, mais seulement pour éviter la souffrance et avoir la paix de l'âme.

Le bonheur n'est pas le fruit de laluxure : « Ce ne sont pas les beuveries et les orgies continuelles, les jouissances des jeunes garçons et desfemmes, les poissons et autres mets qu'offrent une table de luxueuse qui engendrent une vie heureuse, maisla raison vigilante qui recherche minutieusement les motifs de ce qu'il faut choisir et de ce qu'il faut éviter etqui rejette les vaines opinions, grâce auxquelles le plus grande trouble s'empare des âmes » (« Lettre àMénécée »).Aussi Épicure distingue-t-il :• Les désirs naturels et nécessaires au bien-être du corps et de l'âme, qui s'appliquent aux objets susceptiblesde supprimer la douleur, tels la boisson qui étanche la soif ou la pain qui calme la faim.• Les désirs naturels et non nécessaires.

Les objets de ces derniers sont, par exemple, les mets délicats qui. »

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