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Heidegger: Dasein et langage

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L'être humain parle. Nous parlons éveillés ; nous parlons en rêve. Nous parlons sans cesse, même quand nous ne proférons aucune parole, et que nous ne faisons qu'écouter ou lire ; nous parlons même si, n'écoutant plus vraiment, ni ne lisant, nous nous adonnons à un travail, ou bien nous abandonnons à ne rien faire. Constamment nous parlons, d'une manière ou d'une autre. Nous parlons parce que parler nous est naturel. Cela ne provient pas d'une volonté de parler qui serait antérieure à la parole. On dit que l'homme possède la parole par nature. L'enseignement traditionnel veut que l'homme soit, à la différence de la plante et de la bête, le vivant capable de parole. Cette affirmation ne signifie pas seulement qu'à côté d'autres facultés, l'homme possède aussi celle de parler. Elle veut dire que c'est bien la parole qui rend l'homme capable d'être le vivant qu'il est en tant qu'homme. L'homme est homme en tant qu'il est celui qui parle. Heidegger

Martin Heidegger est un philosophe allemand contemporain adepte d’un « retour aux choses mêmes «[1]. Auteur d’un mode de questionnement nouveau, il propose une lecture de la tradition philosophique à partir de la question, longtemps oubliée, du sens de l’Être. Il s’interroge entre autres sur ce qui fait l’être de l’homme, sur sa nature, sur ce qui fait que l’homme est homme et non autre chose. Pour ce faire, il veut retourner « à la chose même « de l’humain : il étudie, en tant que phénoménologue, le phénomène primordial qu’est pour l’homme la parole. Quel rapport existe-t-il entre parole et nature humaine ? La thèse de l’auteur est que la parole est l’être de l’homme, sa nature toute entière.

« 3. L'auteur s'en remet enfin à la tradition philosophique pour renforcer, grâce à un argument d'autorité, sa thèse.Il fait référence à la tradition aristotélicienne (d'Aristote) selon laquelle le langage constitue ce que différenciel'homme du reste du vivant : « On dit que l'homme possède la parole par nature. L'enseignement traditionnelveut que l'homme soit, à la différence de la plante et de la bête, le vivant capable de parole. » III. Grâce aux prémisses établies plus haut, le philosophe allemand peut conclure le texte en exposantla thèse principale, ce qui fait la raison d'être de son texte : la parole n'est pas dans la nature humaine,elle est la nature humaine, son être. 1. En effet, si la parole différencie l'homme du reste des vivants, c'est qu'elle n'est pas qu'une de ses facultés :« Cette affirmation ne signifie pas seulement qu'à côté d'autres facultés, l'homme possède aussi celle deparler. ». 2. Elle est La faculté qui le différencie, l'unique faculté qu'il soit le seul à posséder : « Elle veut dire que c'estbien la parole qui rend l'homme capable d'être le vivant qu'il est en tant qu' homme. » 3. C'est pourquoi cette différence est essentielle, une différence d'essence donc le langage est ce qui fait l'êtrede l'homme, il est tout entier sa nature : « L'homme est homme en tant qu'il est celui qui parle. » [1] Sein und Zeit ; en français : Ê tre et temps (1927) HEIDEGGER (Martin). Né à Messkirch (duché de Bade) en 1889. Il fit ses études à Fribonrg-en-Brisgau, et fut le disciple de Husserl. Professeur de philosophie à l'Université de Marbourg en 1923, il fut nommé recteur de l'Universitéde Fribourg en 1933, adhéra au parti national-socialiste, démissionna de ses fonctions universitaires en 1934, etdevint « professeur émérite » en 1952. Il est le plus important philosophe allemand d'aujourd'hui. La philosophie deHeidegger est une réflexion sur le problème de l'être, celui de la relation de l'homme à l'être et de l'être à l'homme. «Je dois redire que mes tendances philosophiques ne peuvent pas être classées comme Existenz philosophie. Laquestion qui me préoccupe n'est pas celle de l'existence de l'homme, c'est celle de l'être dans son ensemble en tantque tel. » L'homme est le seul étant qui soit capable d'interrogation et qui ait une relation à l'être. C'est la saisie del'étant comme étant qui est la saisie même de l'être. Seul, l'étant qui est mise en question de 6on être, existe.«L'homme est un étant de déchirement.» Du fait qu'il est hé au monde, l'étant humain est souci. Le souci a troisdimensions : la déréliction ou facticité, l'existence (à laquelle se rattachent l'interprétation et le projet), et l'être-auprès-de, à quoi se rattache la discursivité. La déréliction est l'état de solitude et d'abandon de l'être humain jetédans le monde ; elle est« notre première et originelle situation dans l'étant en totalité. » Par le souci, lacompréhension de l'être se forme dans le Dasein, c'est-à-dire dans « l'être de l'existant humain en tant qu'existencesingulière et concrète. » Le Dasein est saisie de son propre être ; c'est un être-dans-le-monde, une existence qui,en tant que telle, comprend l'être. Nous sommes déjà-là. Un homme ne peut assister à sa propre naissance. L'êtrede l'étant humain, c'est de s'extérioriser pour devenir soi-même, de s'ouvrir à l'autre. « Exister, c'est être réel en seprojetant hors de soi-même et au-devant de soi-même. » Les trois existentiaux, c'est-à-dire « les catégoriesrelatives à l'être de l'homme », sont : la rétrospection vers la situation originelle, le projet de soi dans l'ek-sistenceet la présence à l'autre. Ce n'est que dans l'angoisse que nous avons une révélation pure de la situation originelle.L'angoisse, c'est l'état d'inquiétude qui résulte de « l'insécurité de l'existant humain sous la menace du Néant. » Soitdéréliction, ek-sistenee et apérité ; le Dasein est virtuellement ouvert à tout étant. Ainsi, en se rendant présent auxchoses, l'homme détermine la raison et le langage. Pour Heidegger, les mots contiennent une vérité cachée.L'homme est l'étant qui a toujours son être pour enjeu, et son unité est dans une extériorisation ce soi sans cessereprise et dominée. L'étant humain est ek-statique. L'ek-stase est la situation de l'étant placé « en dehors » de lui-même. Les trois ek-stases de la temporalité sont le passé, le futur et le présent. Il est aussi temporalisation. Latemporalité, c'est la solidarité du Dasein avec son passé et son pro-jet vers l'avenir par la préoccupation. L'être secomprend par le temps et le temps par l'être. L'authenticité, c'est l'assumation de la situation d'être-pour-la-mort.Le On est inauthentique. « Le Soi de la banalité quotidienne, c'est le On se constituant dans et par lesinterprétations qui ont cours publiquement. » L'homme pro-jette l'être des choses ; le dévoilement de l'étant (c'est-à-dire « la manifestation de l'étant qui cesse d'être caché par les préoccupations de l'existence quotidienne») est liéà une mise en perspective. La science est une perspective de compréhension « où le sujet se choisit lui-même »

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