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Introduction à la religion

Publié le 25/01/2020

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Or, tout raisonnement présupposant une prémisse religieuse ne pouvait être considéré comme relevant de la philosophie, puisque seul un croyant était susceptible de l'admettre. Cependant, plusieurs de leurs écrits font abstraction de tout parti pris, et peuvent être reçus par n'importe quel lecteur. Surtout, à partir du moment où ils se confrontent à la philosophie, y compris lorsqu'ils entretiennent avec elle un rapport conflictuel en se fondant sur des prémisses religieuses, on ne peut nier qu'ils « philosophent » 1.

Une fois menée à bien cette clarification conceptuelle, il convient de poser quelques problèmes philosophiques sur la religion, que les textes d'auteurs classiques proposés par la suite contribueront à traiter.

QUELQUES PROBLÈMES PHILOSOPHIQUES SUR LA RELIGION

La délimitation de la religion

Il ne suffit pas de définir la religion. Encore s'agit-il de discerner ce qui la distingue de disciplines et d'attitudes voisines. Qu'est-ce que croire ? Qu'est-ce que savoir ? Qu'est-ce qui différencie la religion, la métaphysique et la science ? Quels sont les statuts respectifs de la raison et de la foi ? Sont-elles mutuellement exclusives ou peut-on les associer ? (textes 1 à 11).

La religion comme objet de dispute

À l'instar de la raison et du langage, la religion est un fait élémentaire qui distingue l'homme de l'animal. Mais à l'encontre de ces deux fondements, la religion est devenue, à partir d'un certain seuil de l'évolution socio-historique, l'objet d'un choix personnel, et par conséquent de débats et de polémiques, entre

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« --·LE RECOURS À L'ÉTYMOLOGIE Le terme « religion » provient soit du verbe latin religare (lier, attacher}.

soit du nom latin religio (intégrité, scrupule à remplir ses devoirs).

Dans le premier cas, il ferait référence à un phé­ nomène qui unit des hommes entre eux (c'est sa dimension hori­ zontale, sociale et éthique).

et à une instance supérieure (c'est sa dimension verticale, subjective et mystique).

Toute réduction de la religion à l'une de ces deux dimensions (lien social et atti­ tude morale, ou foi personnelle) constituerait une amputation : la religion doit être considérée dans sa globalité.

La seconde hypothèse étymologique renvoie à une attitude de vénération, de révérence craintive.

Elle concerne l'attitude strictement humaine, sans prise en compte de l'objet surnatu­ rel ou divin de la vénération.

On saisit ici à quel point l'adoption d'une définition induit les modalités de la réflexion.

Cette der­ nière étymologie nous conduirait à négliger toute interrogation sur les propriétés de la divinité (sur ses prédicats, notamment sur son existence}.

pour nous limiter à l'analyse du« pourquoi» et du « comment » du comportement croyant.

Nous adopterons donc la définition suivante : la religion est un système de croyances et de pratiques qui, dans le respect et la vénération, relie des hommes entre eux et avec une ins­ tance non sensible, et donne sens à l'existence subjective.

Cette définition présente l'avantage de prendre en compte le caractère systémique de la religion, mis en valeur par Mircea Éliade; de mettre l'accent sur sa double dimension, subjective et sociale; d'employer des termes relativement peu connotés (« pratiques »plutôt que« rites », « instance non sensible» plutôt que « divinité » ou « Dieu ») ; enfin, d'intégrer un dernier critère : la fonction sémiologique de la religion.

L'appréhension de phénomènes religieux modernes inédits nous contraindra plus loin (pp.

61-62) à tenter de redéfinir la notion de religion.

En vue de mieux cerner le fait religieux sous ses divers angles, et afin d'élargir et d'alimenter les débats, nous adopte­ rons plusieurs approches : métaphysique, éthique, théologique, sociologique, psychologique, anthropologique.

Il reste encore à lever une ambiguïté : qu'est-ce qui distingue religion et philosophie ? s. »

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