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Jean Antoine Houdon

Publié le 26/02/2010

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Sculpteur, né à Versailles en 1741, décédé en 1828. Fils d'un concierge de l'École royale des élèves protégés, il entre dans l'atelier de Michel-Ange Slodtz. Il obtient le premier prix de sculpture à l'Académie et part plus tard pour quatre ans à Rome. En 1777, l'artiste est élu membre de l'Académie royale sur présentation d'une statuette Morphée. Il entreprend un voyage aux États-Unis et séjourne chez Washington, dont il va faire un buste. Houdon abandonne ses titres académiques en faveur de l'architecte Wailly et du peintre Lagrenée à la Commune générale des Arts en 1793. Deux ans plus tard, le sculpteur est nommé membre de l'Institut par le Directoire. Il tient une place éminente dans l'histoire de la sculpture du XVIIIe siècle. Houdon excelle dans les oeuvres funéraires (Mausolée du coeur de Victor Charpentier), mythologiques (la série des Diane) et les portraits de ses contemporains (Diderot, Voltaire "à l'antique"). Il serait téméraire de prétendre faire en quelques pages le tour de l'oeuvre de Houdon ; mais le cadre réduit d'une simple notice peut suffire à la rigueur pour dégager les traits les plus saillants de la physionomie de ce grand artiste et pour préciser son apport dans l'évolution de la sculpture française. Nous n'insisterons pas sur sa biographie. Il suffit de rappeler que, né à Versailles en 1741, il ne mourut à Paris qu'en 1828. Il est donc à cheval sur deux siècles. A vrai dire, il cessa de travailler et d'exposer au Salon en 1814 et les quinze dernières années de sa longue vie n'ont rien ajouté à son oeuvre. Mais il est tout à fait inexact de déclarer, comme l'écrivait André Michel, que "tous ses chefs-d'oeuvre sont compris entre 1770 et 1789 et que les années qui lui restaient à vivre après la Révolution ne comptent plus pour lui".

« Napoléon. Les Pays-Bas et la Suisse ne pouvaient avoir l'ambition de rivaliser avec l'Allemagne et la Russie ; mais l'art françaisy trouvait un marché qui était loin d'être négligeable.

Dans les Pays-Bas catholiques qui étaient alors sous ladomination autrichienne, Houdon fut appelé à jouer un rôle d'arbitre pour le monument qu'il était question d'érigerdans le Parc de Bruxelles en l'honneur de l'impératrice Marie-Thérèse.

Dans la Hollande protestante, c'est à lui ques'adresse la Compagnie néerlandaise des Indes-Orientales pour doter La Haye d'un buste en marbre du Bailli deSuffren qui avait défendu victorieusement ses comptoirs contre les attaques de la flotte anglaise. La réputation de Houdon n'était pas moins bien établie en Suisse, non seulement en Suisse romande, dans le milieudes banquiers genevois, Necker et Thélusson, mais encore dans les cantons alémaniques où les Zurichois luicommandèrent un monument commémoratif en l'honneur du poète Gessner. Si l'Angleterre lui resta fermée, il fut le premier sculpteur français qui réussit à prendre pied en Amérique où, sur larecommandation de Jefferson qui le présenta à ses concitoyens comme "le premier sculpteur du monde", il fut choisipar l'État de Virginie pour dresser sous la coupole du Capitole de Richmond la statue pédestre en marbre du généralWashington.

Avant de partir en 1785 pour les États-Unis, Houdon s'était fait connaître de l'autre côté de l'Atlantiquepar des effigies de La Fayette, de Benjamin Franklin, du corsaire franc-maçon Paul Jones.

Sa collection de portraitsaméricains s'enrichit, après son retour, des bustes de Washington, de Jefferson et de Robert Fulton qui, avant de sefaire un nom dans l'histoire des bateaux à vapeur, s'était établi à Paris comme peintre de panoramas. Dans l'oeuvre de Houdon, il y a deux parts à faire ; mais elles sont d'importance fort inégale, au moinsquantitativement : les statues monumentales et les portraits. S'il n'a pas laissé un plus grand nombre de statues, ce n'est pas faute d'en avoir envie, mais faute de commandes.Lorsqu'il revint à Paris, après son temps d'apprentissage à Rome, il trouva la place prise par Jean-Baptiste Lemoyne,sculpteur attitré de Louis XV, puis par Pajou.

Les commandes officielles lui échappèrent.

Le Directeur des Bâtimentsdu Roi ne lui demanda en tout et pour tout qu'une statue de l'amiral Tourville destinée à figurer dans la série desgrands hommes appelés à faire la haie dans la Grande Galerie du Louvre.

S'il fit un buste de Louis XVI, ce fut auxfrais de la Compagnie des Agents de change. Les plus célèbres de ses statues mythologiques ou allégoriques sont la Diane et la Frileuse.

Nous avons vu que laDiane en marbre, déroutée vers Pétersbourg pour éviter les cahots d'un transport par voie de terre, était destinéeau duc de Saxe-Gotha.

La Frileuse, personnification de l'Hiver, en pendant à une figure de l'Été, avait étécommandée par un riche financier, M.

de Saint-Waast, administrateur général des Domaines. La sculpture funéraire qui comporte presque toujours, à côté des allégories, l'effigie du défunt, en ronde bosse ou enmédaillon, était pour lui un acheminement vers le genre du portrait et c'est ce qui fait l'intérêt de son Mausolée ducomte d'Ennery acquis récemment par le Louvre. C'est dans la statuaire iconique qu'il se trouve le plus à son aise : non dans des reconstitutions posthumes comme lafigure de Tourville, où il est nettement surclassé par son rival J.-J.

Caffieri, mais dans la reproduction d'un modèlevivant, étudié d'après nature, comme le Voltaire assis de la Comédie-Française ou le Washington en pied deRichmond. Il rêvait de trouver l'occasion de faire, au moins une fois dans sa vie, une statue équestre qui lui aurait permis derivaliser avec ses grands rivaux J.-B.

Lemoyne, Bouchardon et Falconet.

Malgré son insistance, il ne réussit pas àobtenir la commande d'une statue équestre de Washington. Dans ces conditions, il ne lui restait d'autre ressource que de gagner sa vie en faisant des bustes.

Comme tantd'autres artistes sevrés de commandes officielles, il se fit bustier, malgré lui et faute de mieux.

Mais le portrait étaitprécisément le genre qui convenait à son génie plus réaliste qu'inventif et c'est là qu'il a donné toute sa mesure. Si précieux que soient les bustes de J.-B.

Lemoyne et les pastels de La Tour pour évoquer la société française del'Ancien Régime, Houdon les surpasse encore non seulement par l'exactitude documentaire des ressemblances, maispar l'extraordinaire variété de ses modèles empruntés à toutes les classes de la société, aux représentants des paysétrangers aussi bien qu'aux Français, et cela pendant une période de l'histoire qui s'étend depuis la fin du règne deLouis XV jusqu'à la fin de l'Empire. Malheureusement cette prodigieuse galerie de portraits est extrêmement dispersée.

S'il était possible d'enrassembler les principaux éléments, comme dans le Musée La Tour à Saint-Quentin, ou seulement de les grouperdans un album de reproductions, on serait stupéfait de l'intérêt à la fois historique et psychologique d'une pareillecollection qui ressuscite, avec une extraordinaire intensité de vie, une des grandes époques de l'histoire du monde. Sans cesse à l'affût de l'actualité, de "l'homme du jour", Houdon ne néglige et ne dédaigne aucun modèle, depuis laFamille royale et le monde de la Cour, l'aristocratie du talent que représentent les grands écrivains, les savants, lesartistes jusqu'à un vulgaire charlatan comme Cagliostro.

Dans son atelier défilent toutes les célébrités passagères oudurables, viagères ou éternelles.

Il offre à sa clientèle internationale un choix d'effigies des hommes illustres :Voltaire, Rousseau, Buffon, en trois exemplaires : en habit à la Française ou travestis à l'antique, soit drapés dans. »

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