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La fonction de l'État : assurer la liberté

Publié le 28/09/2013

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Ce n'est pas pour tenir l'homme par la crainte et faire qu'il appartienne à un autre, que l'État est institué ; au contraire, c'est pour libérer l'individu de la crainte, pour qu'il vive autant que possible en sécurité, c'est-à-dire conserve aussi bien qu'il se pourra, sans dommage pour autrui, son droit naturel d'exister et d'agir. Non, je le répète, la fin de l'État n'est pas de faire passer les hommes de la condition d'êtres raisonnables à celle de bêtes brutes ou d'automates, mais au contraire il est institué pour que leur âme et leur corps s'acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pour qu'eux-mêmes usent d'une raison libre, pour qu'ils ne luttent point de haine, de colère ou de ruse, pour qu'ils se supportent sans malveillance les uns les autres. La fin de l'État est donc en réalité la liberté.

SPINOZA

Est-il paradoxal de vouloir faire s'accorder le pouvoir de l'État et la liberté individuelle ? Cette question montre bien le caractère problématique de cet accord : la finalité de l'État, qui règle la vie du groupe, va-t-elle de pair avec la finalité de l'individu ? La liberté de l'individu peut-elle s'accomplir dans l'État? Ont-ils les mêmes intérêts? À cette question, la réponse de Spinoza est sans ambiguïté : seul l'État garantit la liberté de chacun.

QUESTIONS

1. Quelle est l'idée principale du texte ?

2. Expliquez :

a. «Ce n'est pas pour tenir l'homme par la crainte [ ... ] que l'État

est institué«.

b. «son droit naturel d'exister et d'agir«.

c. «la fin de l'État«.

3. Peut-on concilier le pouvoir de l'État et la liberté individuelle ?

« -le gouvernement : un ensemble de personnes auxquelles la société civile a délégué directement ou indirectement le pouvoir de diriger l'État.

• état de nature : situation fictive ou hypothétique de l'homme avant toute organisation sociale.

• droit naturel : ensemble de règles qui résultent de la nature de l'homme, de son essence, indépendamment de tout droit positif.

• droit positif : ensemble des règles écrites, promulguées et garanties, qu'on appelle le« corps des lois».

C'est l'ensemble des conventions qui fondent l'État et qui définissent le permis, le défendu, l'exigible.

• sûreté : sécurité.

• liberté : terme polysémique : - philosophiquement, la liberté est la faculté liée à la raison (cf le stoïcisme, Kant), le pouvoir de dire« oui» ou« non» (cf Sartre) ; - politiquement, la liberté est l'état d'un groupe humain qui se gou­ verne en toute souveraineté (cf Rousseau, Hegel).

C'est aussi le pouvoir d'agir sous la protection des lois, de faire ce que les lois permettent (cf Rousseau, Montesquieu); - moralement, la liberté s'identifie à la volonté d'obéir à la loi qu'on s'est prescrite (cf Rousseau, Kant).

• Idée directrice La dernière phrase du texte énonce la thèse de Spinoza : « La fin de l'État est donc en réalité la liberté ».

• Structure du texte • «Ce n'est pas pour tenir l'homme [ ...

] et d'agir» : l'État est constitué pour assurer la sécurité des hommes et non pour les aliéner.

• «Non, je le répète [ ...

] liberté» : en plus de la sécurité, l'État a pour but essentiel la liberté de chaque individu.

CORRIGÉ QUESTION 1 Spinoza exprime une idée essentielle : le fondement de l'État comme sa finalité reposent sur les exigences de la communauté elle-même, que sont la sécurité et la liberté.

Spinoza concilie la souveraineté de l'État et la liberté individuelle.. »

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