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La liberté est-elle absence de contraintes ?

Publié le 29/09/2005

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Ici, la volonté est cause première : on choisit sans la contrainte d'aucune force extérieure et en connaissant clairement les conséquences de son choix. Ainsi la liberté s'opposerait non seulement à la contrainte, mais aussi à tout déterminisme.Les limites de cette position* La version de la liberté comme état de non-contrainte ne donne qu'une définition négative. Du coup, on ne connaît pas le contenu d'une telle liberté.* De plus, une coïncidence entre le désir intérieur et une extériorité sans résistance se réalise rarement dans les faits. En vérité, l'homme est contraint de toutes parts :- par la nature : l'homme est soumis à ses lois ;- par la société et l'État qui détient le monopole légitime de la contrainte ;- par autrui : la limite de ma liberté, c'est la liberté de l'autre ;- par lui-même : nous pouvons nous croire libres et être agis par des mobiles inconscients.* Enfin, la liberté n'est pas la satisfaction de tous les désirs ni le refus de toute autorité, car assouvir tous ses désirs, c'est aussi laisser régner l'ordre des passions qui rendent l'homme esclave. La liberté comme reconnaissance de la nécessité Si notre idée de la liberté signifie « faire ce que l'on veut «, il n'est pas possible d'être complètement libre dans le sens d'une liberté parfaite et totale. En effet, il existe bon nombre de facteurs limitatifs, qui sont autant de déterminismes nous empêchant de faire ce que nous voulons.De surcroît, nos choix personnels sont motivés par divers critères qui peuvent s'opposer entre eux, par exemple le plaisir et la raison.

« Discussion de chaque argument Calliclès confond expression et représentation.

S'il est vrai que les lois représentent la masse, ellesont une réalité qui ne lui est pas réductible.

La vraie question est donc celle de la spécificité dupolitique : un ordre d'existence que son absence de répondant réel n'autorise pas à qualifierd'illusoire. 1. Calliclès suppose que l'homme est un être sorti tout constitué de la nature, c'est-à-dire qu'il est unsimple vivant, alors qu'il est le produit des lois.

Il est donc absurde de considérer que les loisl'oppressent : elles le constituent comme sujet. 2. L'égalité conditionne l'idée même de loi, à la fois parce qu'elle doit être la même pour tous et qu'elleeffectue la forme même de la réflexion, puisque réfléchir revient à se poser soi-même comme unsujet indifférent c'est-à-dire juridiquement égal aux autres.

La loi a la consistance de la réflexion,acceptée par le discours de Calliclès en tant que c'est un discours et non un pure violence. 3. La cité, dit Aristote, exclut aussi bien ceux qui sont trop inférieurs (bestialité) que ceux qui sont tropsupérieurs (les dieux, les héros), puisqu'il est impossible à l'individu moyen de se reconnaître en eux.Toute éducation a donc bien une dimension de dressage à la " semblance " (être le même que soiparce qu'on s'est soumis à ce qui rassemble les semblables) c'est-à-dire à la médiocrité.

Cependantles dispositions exceptionnelles ne sont pas naturelles mais humaines (l'idée d'un gène de lamusique, de la philosophie ou des mathématiques est absurde, puisque ce sont des réalitésexclusivement culturelles) : les " dons " sont des attitudes envers le monde et surtout envers soi-même (une éthique) motivées par une situation en fin de compte toujours sociale.

Dès lors si la viecommune peut parfois étouffer de grandes individualités potentielles, elle est cependant le seul lieude leur possibilité.

En réalité le danger reste très minime : être une personnalité d'exception étantune question d'éthique et non pas de nature, autrement dit la semblance étant une positionsubjective et non un état objectif, il faudrait des circonstances extrêmement particulières et rarespour qu'un individu ne soit pas totalement responsable de sa vie.

Donc même si l'on admet cetteabsurdité que constitue l'idée d'un don naturel, l'argument de Calliclès qui attribue cetteresponsabilité à la société reste sans portée réelle. 4. Calliclès confond le fait et le droit : la nature atteste de ce qui est, pas de ce qui doit être.

Quand ils'agit des lois de la cité, son invocation est donc nulle par principe.

D'autre part il confondl'universalité des lois de la nature qui est absolue ou a priori (si on ne la pose pas l'idée même denature n'a aucun sens, et avec elle la simple éventualité du savoir) et celle des lois de la cité qui estrelative ou réflexive (c'est le rapport du peuple à lui-même).

Autrement dit il confond la réalité oùs'effectue la nécessité des lois de la nature avec la représentation où s'effectue celle des lois de lacité. 5. La culture n'a pas de répondant et c'est précisément en cela qu'elle s'oppose à la nature : l'arbitrairen'est pas sa faiblesse mais sa force, puisqu'on peut seulement contester ce qui se présente commefondé.

On n'obéit donc pas à la loi parce qu'elle est utile, mais simplement parce que c'est la loi.Voulant fonder la loi dans la réalité, Calliclès l'abolit donc : il n'y aurait plus que la nature.

Mais ilréfute lui-même la thèse que cela pourrait constituer en prônant le droit du plus fort en déplorant un pouvoir que les faibles exercent...

pour la seule raison qu'ils sont momentanément les plus forts.

Oncomprend ainsi que ce n'est pas du tout de la nature qu'il parle : devant être imposée d'une manièrevolontaire et non par la seule immanence de sa nécessité, cette " nature " est en réalité purementidéologique, comme à chaque fois qu'on veut y voir un modèle.

Dès lors, la vérité de sonargumentation apparaît à la fin du texte : il veut seulement un maître, grâce auquel il sera enfindébarrassé de sa liberté en se dissolvant dans la semblance universelle. 6. Conclusion Ce discours, paradigme de tout recours à la nature pour décider des affaires humaines, est un exemple deméconnaissance projective : celui qui veut un maître attribue aux autres une nature d'esclaves ! La servitude volontaire est le mobile caché de toute invocation d'un modèle naturel .

La méthode généalogique se retourne contre Calliclès. • Cette définition correspond à celle du sens commun, pour lequel la liberté est absence d'obstacles.

Ainsi, la chute"libre" d'un corps est celle qui ne connaît pas d'opposition. • Les philosophes ont repris et radicalisé ce point de vue avec la notion de « libre arbitre », qui consiste en cepouvoir d'agir ou de ne pas agir.

Ici, la volonté est cause première : on choisit sans la contrainte d'aucune forceextérieure et en connaissant clairement les conséquences de son choix.

Ainsi la liberté s'opposerait non seulement àla contrainte, mais aussi à tout déterminisme. Les limites de cette position. »

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