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La vie est-elle le bien le plus précieux ?

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Ici, nous atteignons la vraie vie, la vie enfin découverte, la seule vie réellement vécue, celle dont nous parle l'Évangile selon saint Jean (« Je suis la vérité et la vie »). La vie biologique n'est qu'une vie naturelle. Au contraire, la vie de l'esprit représente le bien le plus précieux : irréductible au fait biologique brut, au processus vital ou métabolique sans aucune autre considération, elle est vie permettant la naissance de la conscience et de la liberté.C'est donc l'esprit, et non la vie organique, qui est le bien le plus précieux. La vraie vie est projet, liberté, personne, et c'est dans ce registre qu'il est permis de parler de la plus haute et noble valeur. Pourquoi cette supériorité de l'esprit ? Il est conscience, saisie réflexive, accès au sujet, compréhension de soi-même, existence pour soi et, par conséquent, l'être même comme objet suprême du vouloir ou du désir. Seul l'esprit existe en lui-même.« L'esprit, et même seul l'esprit, existe en soi et pour soi ; seul il repose sur soi et peut, dans le cadre de cette autonomie et seulement dans ce cadre, être traité d'une manière véritablement rationnelle » (Husserl, La Crise de l'humanité européenne et la Philosophie, Aubier, p. 93).

« Toutefois, ce consensus est gros d'ambiguïtés. La vie ? La vie humaine ? Des substrats organiques se donnantcomme des promesses d'autres choses ou bien des faits biologiques irréductibles ? Des réalités « brutes » ou dessignes spirituels ? Autant de questions faisant surgir la discussion. B. Risquer la vie pour s'affirmer libre (antithèse)Non. La vie n'est pas nécessairement le bien le plus précieux, et ce, contrairement au « consensus » établi. Déjà,certaines expressions familières nous suggèrent ces thèmes : « risquer sa vie pour son idéal » ; « la vie vaut-elleplus que l'honneur ? »Que désigne, en effet, la vie ? Si nous la comprenons comme pure existence biologique, comme processusmétabolique en tant que tel, il nous faut bien reconnaître que c'est précisément le risque de la vie biologique quipermet à l'homme de construire sa conscience. La vie est-elle le bien le plus précieux ? Rien de clair en cette «évidence » courante, qui s'apparente surtout à un préjugé. Cette vie à laquelle je m'identifie est est précisémentl'élément avec lequel je ne puis me confondre complètement en tant que je suis un sujet. En restant enfoncée dansl'être de la vie, la conscience ne parvient pas à exister vraiment. Il faut au contraire prendre une certaine distanceà l'égard de la vie pour conquérir son autonomie. Alors, ce qui apparaît justement en cette distance, n'est-ce pas lavie spirituelle ?Car les animaux ont le seul désir de persévérer dans leur être. Pour eux, la vie est le bien le plus précieux et ilsluttent pour la conservation de cette vie. Mais l'homme est cet être capable de mettre sa vie biologique en jeu, dese libérer de l'esclavage de la vie. C'est bien ce que nous montre Hegel dans La Phénoménologie de l'esprit. Quand jemets ma vie en jeu, alors je puis affirmer ma supériorité sur autrui, sur le cours de la vie animale. Tel est le sens dela lutte pour la reconnaissance de l'un par l'autre. Le maître risque sa vie pour affirmer sa supériorité ; l'esclave neveut rien risquer et préfère la vie biologique et animale. Il ne renonce pas à cette vie organique et immédiate. À sesyeux, la simple vie animale est le bien le plus précieux. Au contraire, la conscience du maître se forge par le méprisde la vie. L'esclave est la conscience inessentielle incapable de se libérer de la vie. TransitionC'est, toutefois, une synthèse que nous recherchons : un ensemble où s'affirme la vocation spirituelle de l'homme. Siéchapper à l'esclavage de la vie est juste et bon (songeons d'ailleurs au suicide prôné par les Stoïciens danscertaines circonstances), n'est-il pas pible de voir aussi dans la vie le bien le plus précieux ? Mais que sera cette vie? Quelle coloration sémantique apparaîtra ? Puisqu'il y a toujours plus dans la synthèse que dans la thèse etl'antithèse réunies, une nouvelle « vie » doit ici se dessiner. C. La vie spirituelle est le bien le plus précieux (synthèse)Rappelons-nous le terme et le but de l'expérience vécue à travers le combat pour la reconnaissance : la viespirituelle. Ici, nous atteignons la vraie vie, la vie enfin découverte, la seule vie réellement vécue, celle dont nousparle l'Évangile selon saint Jean (« Je suis la vérité et la vie »). La vie biologique n'est qu'une vie naturelle. Aucontraire, la vie de l'esprit représente le bien le plus précieux : irréductible au fait biologique brut, au processus vitalou métabolique sans aucune autre considération, elle est vie permettant la naissance de la conscience et de laliberté.C'est donc l'esprit, et non la vie organique, qui est le bien le plus précieux. La vraie vie est projet, liberté, personne,et c'est dans ce registre qu'il est permis de parler de la plus haute et noble valeur. Pourquoi cette supériorité del'esprit ? Il est conscience, saisie réflexive, accès au sujet, compréhension de soi-même, existence pour soi et, parconséquent, l'être même comme objet suprême du vouloir ou du désir. Seul l'esprit existe en lui-même.« L'esprit, et même seul l'esprit, existe en soi et pour soi ; seul il repose sursoi et peut, dans le cadre de cette autonomie et seulement dans ce cadre,être traité d'une manière véritablement rationnelle » (Husserl, La Crise del'humanité européenne et la Philosophie, Aubier, p. 93).Tout, et même la vie, n'est-il pas subordonné au principe pensant en général? Je ne suis qu'une chose qui pense, c'est-à-dire un esprit, et le but dumonde est le développement de l'esprit, et non point de la vie en tant quetelle. Dès lors, ce qui peut être mesure, c'est ce développement de l'esprit etnon la simple perpétuation biologique. L'esprit et la personne seuls sont descritères et des mesures. ConclusionLa Personne ou l'Esprit s'affirment supérieurs à la nature. Réflexion etconscience transcendent infiniment la vie organique, forme inférieure del'existence et représentent le bien le plus précieux : la valeur suprême. »

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