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Le prochain est-il mon semblable ?

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Pour qu'autrui soit mon semblable, il faut qu'il y ait une similitude entre lui et moi, et que nous possédions des traits en commun.

 

Le semblable serait donc un intermédiaire entre la pure identité et la pure différence.

 

Le prochain ne fait ni espèce, ni nombre, et pourtant tout homme est, à chaque fois, mon prochain.

 

Ainsi, tous les hommes sont mes semblables, et c'est par cette appartenance commune à l'humanité qu'ils le sont, bien qu'ils ne me ressemblent pas tous.

 

Or il est vrai que tout homme est mon prochain, et non que tous les hommes sont mes prochains.

 

De plus, le prochain, proximus, est un superlatif : c'est le plus proche.

 

Le prochain désigne-t-il le singulier ou l'universel?

 

Le prochain isole et distingue, et en même temps a tous les hommes comme extension de droit.

 

La proximité de l'intimité n'est pas identique à celle du sang.

 

Le prochain apparaît bien plutôt comme le plus lointain selon tous les ordres de proximité relative : ce voyageur qui ne m'est rien, que je ne reverrai jamais, et que je vois blessé sur le bord de la route.

 

C'est la plainte de Schylock qui évoque tous les traits de similitude pour rendre encore plus scandaleux le mépris dans lequel, Juif, il est tenu par les Chrétiens.

 

La plainte de Schylock manifeste donc que la similitude semble ne pas suffire à fonder des devoirs ou un respect.

 

Il est un prolongement de mon intérêt bien compris, un ordre des priorités : j'ai plus de devoirs envers ma famille qu'envers mes amis, envers mes amis qu'envers mes concitoyens, envers mes concitoyens qu'envers les étrangers.

 

C'est l'ordre de l'extension progressive d'une communauté initialement fondée sur l'amour de soi.

 

Le prochain n'est ni un universel, ni un singulier qui serait déterminé par ma situation : il m'est donné dans la rencontre et la contingence.

 

« 50 AUTRUI I - Le paradoxe logique a) Le semblable serait l'individu d'un genre, d'une espèce à laquelle j'appartiens. Ainsi, tous les hommes sont mes semblables, et c'est par cette appartenance commune à l'humanité qu'ils le sont, bien qu'ils ne me ressemblent pas tous. Or il est vrai que tout homme est mon prochain, et non que tous les hommes sont mes prochains. De plus, le prochain, proximus, est un superlatif: c'est le plus proche. Le proche s'oppose; au lointain, comme le prochain s'oppose à tous les autres. Il ne peut donc y en avoir qu'un. Le prochain désigne-t-il le singulier ou l'universel ? Le prochain isole et distingue, et en même temps a tous les hommes comme extension de droit. b) Je me connais des proches (ma famille, mes amis). Je les distingue par les liens plus ou moins étroits qu'ils ont avec moi. Mais il y a plusieurs ordres de proximité. La proximité de l'intimité n'est pas identique à celle du sang. Selon l'affection, un ami peut m'être plus proche que mon frère. Selon quel ordre de proximité faut-il alors déterminer le prochain ? Si, comme superlatif, le prochain, désigne le plus proche, il ne s'agit pourtant pas de chercher le plus proche parmi mes proches, mon ami le plus intime ou mon plus proche parent. Le prochain ne semble donc pas proche en vertu d'une situation. c) La proximité hiérarchise: deux hommes sont plus ou moins proches. La similitude égalise : tous les hommes, même les plus lointains, sont mes semblables. Mais la similitude suffit-elle à fonder une proximité ? Je peux bien indiquer un de mes semblables, tout homme que je rencontre est un de mes semblables. mais à quoi reconnaît-on le prochain? Mais si je cherche le prochain dans ceux qui me sont proches ou dans ceux qui me sont semblables, je le manque. Le prochain apparaît bien plutôt comme le plus lointain selon tous les ordres de proximité relative : ce voyageur qui ne m'est rien, que je ne reverrai jamais, et que je vois blessé sur le bord de la route. II -De la pitié à l'amour a) Pourquoi se pose la question de reconnaître le semblable et le prochain ? On pourrait penser que le semblable est une notion purement théorique, alors que le prochain est d'ordre pratique. Cependant, j'invoque la similitude dans le scandale. Comment se fait-il que le semblable fasse du mal à son semblable ? C'est la thèse de la »

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