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Le travail a-t-il une valeur morale ?

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Analyse du sujet:

  Problématisation:
 
           Le sujet nous invite à interroger la valeur actuelle du travail dans nos sociétés contemporaines. Cette question s'avère d'autant plus délicate que le philosophe n'est pas sociologue, et qu'à ce titre il est très difficile de connaître l'opinion commune sur le travail. Il semble que les opinions soient aujourd'hui très divergentes, et on assiste sans doute à une revalorisation du travail. Est-ce à dire que nous revenons à une conception passé où le travail représentait l'identité du travailleur ? C'est cette idée quelque peu naïve qu'il faut éviter. Le travail a tendance a redevenir fondamental mais en un tout autre sens. Enfin, il faut être très prudent, évoquer le passé pour affirmer que le travail a été dévalorisé est un argument politique très suspicieux qui vise à remettre le travail au coeur de la société. Il ne faut peut-être pas se réjouir et ne pas céder à l'opinion, à la doxa. C'est précisément le rôle de la philosophie de parvenir à se maintenir dans une posture critique.

« affirmer que le travail a été dévalorisé est un argument politique très suspicieux qui vise à remettre le travail aucoeur de la société. Il ne faut peut-être pas se réjouir et ne pas céder à l'opinion, à la doxa. C'est précisément lerôle de la philosophie de parvenir à se maintenir dans une posture critique. 1. Le travail n'a pas toujours était une valeur. a) Le travail n'a pas toujours était une valeur fondamentale même si depuis très longtemps les hommesont dû travailler pour satisfaire leur besoin, plutôt leur nouveau besoin. En effet, il faut remarquer que le travaildemeure nécessaire à une vie sociale. Dans l'Antiquité, le travail est une activité aliénante. L'homme libre est celuiqui ne travaille pas. Aristote, en effet, en reconnaissant à la fois que le travail était nécessaire pour vivre, et que lecitoyen ne devait pas travailler pour pouvoir s'occuper de le chose publique, ne pouvait que justifier l'esclavage.Pour cela, il reconnaissait l'existence par nature d'hommes nés pour être esclaves et d'autres pour commander.Pratiquement, la dévalorisation du travail pouvait donner lieu à une humiliation des esclaves. A Sparte, les hilotestravaillaient la terre alors que les spartiates se contentaient d'acquérir l'art militaire, les spartiates humiliaient lesilotes qui travaillaient ; en faisant usage de violence.b) Avec la chrétienté, le travail devient punition de Dieu. Le travail vient du latin tripalium qui est uninstrument de torture. En réalité, la souffrance devient expiatoire, mais le travail n'est pas une valeur, le noble netravaille pas dans la société féodale.c) Le travail n'acquiert de valeur qu'avec l'avènement du capitalisme. Il a pu même se présenter commele ciment social par excellence. Selon Durkheim, la division du travail permet à l'ensemble des travailleurs de prendreconscience de leur dépendance. 2. Le travail aliénant ou libérateur. a) En réalité, le travail ne devient une question essentielle qu'au XIXème siècle. Il ne s'agit pas d'uneréhabilitation du travail comme s'il s'agirait d'une libération, mais d'un changement radical de la conception dutravail. Le travail devient au coeur de toute réflexion politique. Cela ne signifie pas que le travail soit une valeurunanimement partagée, au contraire la valorisation extrême du travail entraîne sa critique. D'un côté, le travailserait épanouissant et de l'autre aliénant. Marx, par exemple, défend l'idée selon laquelle le travail produisantquelque chose d'extérieur à l'individu est aliénation, le travail « mortifie son corps et ruine son esprit. ».b) Il est nécessaire de remettre cela dans son contexte. Le travail est au moment où écrit Marx d'une pénibilitéextrême. Il correspond à une dureté qui n'aurait d'équivalent aujourd'hui que dans les pays pauvres. Le travail estdonc plus ou moins aliénant, comme il peut être plus ou moins épanouissant.c) Le travail peut être considéré comme une nécessité. Ce sont alors les loisirs que le travail permet de s'offrirqui le justifient. Le divertissement est la contrepartie du travail. Il suffit de constater dans quelques milieux detravail la récente apologie de la détente. Il faut savoir se détendre, se divertir pour bien travailler. L'épanouissementau travail est sans doute quelque chose de très récent.d) Ce qui est moins récent, c'est le travail comme structurant. L'individu peut structurer son identité par letravail. Par exemple, dans le milieu ouvrier, il y a la fierté du travail bien accompli ou de travail qui a une utilité pourla société et non pas seulement pour soi. Par ailleurs, le travail a pu être considéré comme une libération par rapportà l'ordre naturel. Cette valeur du travail n'existe plus car le travail a subi une mutation. 3. La nouvelle valeur travail. a) Le travail est de nouveau une valeur considérée, mais dans un tout autre sens que son utilité : il participed'un nouveau mythe de l'effort. Si sa valeur a changé, c'est que l'extrême flexibilité demandée aux travailleursempêche le travail d'être structurant. En outre, la visibilité de ce qui est produit en vue du bien-être acomplètement disparu.b) La valeur du travail est aujourd'hui lié à l'individualisme. Je fais un travail quel qu'il soit, cela n'a pas vraimentd'importance, c'est ce travail qui me donne ce que j'ai « mérité ». Tout ce que je possède, et donc tout ce que jesuis, dans une société qui confond l'être et l'avoir ,je le dois à mon travail. On peut penser par exemple à l'argumenttypiquement américain « I do my job », aussi bien prononcé par un maçon qu'un soldat américain.c) La valeur du travail est aujourd'hui très puissante, davantage peut être qu'elle ne l'a jamais été. L'image decelui qui ne travaille pas est extrêmement dévalorisante. Conclusion C'est cette valeur du travail, qui devient aujourd'hui fondamentale, qui laisse de côté la fin sociale du travail qui estde vivre et rendre possible un temps pour d'autre chose, pour du bien vivre ( ce qui n'est pas le divertissement). Toute la valeur du travailleur risque de se fonder sur le rejet de celui qui ne travaille pas. Mais ce retour de la valeurdu travail dans les discours masque en vérité une souffrance au travail. Si le travail épanouissait, on n'expliqueraitpas la nécessité de le valoriser. Ainsi, peut-on finalement reprendre le fil de la question auquel nous aurions voulurépondre le contraire, c'est-à-dire que le travail a plus de valeur qu'avant. On peut affirmer qu'en effet le travail aperdu ce qui faisait peut-être sa vraie valeur, permettre de dégager du temps libre pour que les individus secultivent, pour qu'ils réalisent des activités qui ont rapport avec le bien vivre et non pas seulement le survivre(l'école par exemple est possible par le travail des autres) . Néanmoins, cela ne doit pas être du temps libre quepour quelques uns qui conduit à une dévalorisation du travail (exemple de la Grèce antique). »

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