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Notre nature nous indique-t-elle ce que nous devons faire ?

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L'exigence morale traduirait ainsi une tendance spontanée vers le bien, inhérente à tout être humain, pour peu qu'il ne soit pas dénaturé. L'homme serait un animal moral. Mais le sens du devoir est-il véritablement inné ? Les valeurs morales ne sont-elles pas plutôt des inventions, des créations de la volonté humaine ? C'est cette alternative que nous nous proposons d'exposer.1. La nature humaine comme principe moralA. La nature oriente notre actionPar définition, un être naturel se distingue par sa capacité à s'organiser, se développer, se mouvoir par lui-même. II porte en lui-même le principe de son existence. Cette spontanéité se retrouve tout particulièrement chez les êtres vivants qui sont donc les représentants exemplaires de cette définition de la nature.

« 2. La nature humaine comme ordre factuel A. Un fait n'a pas de valeurAdmettons que notre nature se manifeste à notre conscience sous la forme d'inclinations et de penchants. En quoile constat de ces tendances pourrait-il obliger ma volonté ? Certes, si je veux être heureux et si je crois que manature m'indique la voie du bonheur, la tendance naturelle représentera pour moi un guide très précieux. Maispourquoi devrais-je vouloir être heureux ? Cette fin ne s'impose également en moi qu'en vertu d'une aspirationnaturelle au bonheur. Mais ma volonté est-elle tenue de convertir le fait de cette inclination en une norme morale ?J'ai envie d'être heureux. Est-ce à dire que je dois vouloir le bonheur ? II faut convenir que l'orientation spontanéede ma nature ne saurait revêtir une quelconque valeur morale. Ce n'est pas parce que ma nature me pousse dansune direction que cette direction est moralement bonne. En elle-même, notre nature n'est ni bonne ni mauvaise ;c'est un fait, elle existe, nous ne saurions la nier. Mais en tant que fait, elle ne nous indique rien quant à ce quenous devrions faire ; elle n'a aucune valeur morale. B. L'homme invente ses finsLa nature, entendue comme simple fait, ne saurait donc être source de valeur. Ce n'est pas parce que la loi du plusfort règne dans la nature qu'il nous faut nous conduire les uns envers les autres selon cette loi naturelle (loi dite «de la jungle »). La conscience d'une tendance naturelle ne peut pas légitimement fonder un quelconque impératifmoral. Si le principe de la volonté morale est extérieur à la nature, où peut-on alors le trouver ? Qu'est-ce qui peutindiquer ce que nous devons faire ? Aucune indication provenant d'autrui ou du monde extérieur n'est capable deforcer mon consentement. Je me sens toujours libre de suivre l'injonction d'autrui ou de me conformer à ce quej'observe dans la nature ou dans la société. Autrui, la société, les forces naturelles peuvent me contraindre etsusciter une certaine prudence de ma part ; mais en aucun cas ils ne m'imposent des valeurs. Qu'est-ce donc quipeut obliger ma volonté, si ce n'est ma volonté elle-même ? Je ne me sens pas en effet moralement tenu d'obéir àce que me demande un autre ; mais ce que je veux, ce que j'ai décidé a le pouvoir d'orienter mes décisions futures,de s'imposer à moi sur le mode d'une obligation. C'est donc la volonté humaine qui crée l'obligation morale.L'existence de valeurs morales prouve que la volonté a le pouvoir de légiférer sur elle-même, autrement dit qu'elleest autonome.Les hommes n'ont donc pas à se fier aux indications de leur nature pour connaître le bien moral. Celui-ci sereconnaît au sentiment d'obligation ou de devoir. Ce que je dois faire, ma conscience me l'apprend par la valeurimpérative de certaines pensées. Si je sais que je ne dois pas mentir, ce n'est pas en vertu d'un élan de sincériténaturelle mais parce qu'il y a en moi la volonté de ne pas accomplir cet acte. Si ma volonté était totalementindifférente au mensonge, alors l'interdiction de mentir n'aurait à mes yeux aucune valeur ; elle ne représenteraitqu'un interdit social et en aucun cas une obligation intérieure, personnelle. C. La nature humaine, obstacle à la vie moraleSi donc la volonté humaine est autonome, non seulement elle n'a pas besoin de la nature pour s'orienter mais ellerencontre même en elle un obstacle à la vie morale. En effet, se contenter de suivre ses inclinations naturelles,comme le préconisent les sagesses de l'Antiquité, revient à renoncer à exercer sa volonté, à ne plus en faire leprincipe de son action. Ériger le bonheur en fin ultime revient donc à vivre une vie animale, guidée par les seulsinstincts. Si les animaux n'ont pas le pouvoir de s'opposer à leurs tendances instinctives et s'ils suivent leur naturedans l'innocence, en revanche, la même conduite de la part d'un homme constitue un faute, une abdication dupouvoir de la volonté sur elle-même. L'impulsion naturelle représente donc toujours pour l'homme la tentation del'immoralité.Nous venons donc de voir que la nature pouvait être considérée tout aussi bien comme un principe de moralité oud'immoralité. Cette alternative présuppose l'existence d'une nature humaine. N'est-ce pas là un postulat discutable,voire contestable ? »

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