Devoir de Philosophie

On ne peut apprendre aucune philosophie, on ne peut apprendre qu'à philosopher. Qu'en pensez-vous ?

Voir sur l'admin

Extrait du document

philosophie Cependant elles différent sur un point qui suffit à fonder la légitimité des mathématiques et à montrer le vide de la prétendue connaissance métaphysique. C'est que les mathématiques supposent non seulement des concepts a priori, mais une intuition de l'espace qui est une « forme a priori de mon sensibilité » c'est-à-dire un cadre universel, et nécessaire de notre faculté humaine de perception. Le géomètre, par exemple, qui construit à partir de concepts, de définitions des figures dans l'espace, « applique les concepts à une intuition ». Or la métaphysique ne repose que sur des concepts. Nous ne connaissons le monde que réfracté à travers les cadres subjectifs de l'espace et du temps. Nous ne connaissons que des « phénomènes ». Le « noumène » échappe aux prises de notre connaissance spéculative. Certes, l'entendement (Verstand) grâce à ses catégories peut « épeler les phénomènes », peut mettre de l'ordre dans les apparences et construire une science. Mais au-delà , la connaissance est impuissante. Si la raison (Vernumft) veut poursuivre son effort de liaison et d'unification au-delà de l'expérience sensible elle ne rencontre que le vide.

« Expliquons ces termes qui cernent le champ de la métaphysique avec rigueur. Bien que la métaphysique soit apparentée à la religion par son objet (il s'agit de l'âme, du monde comme totalité, de Dieu) elle en diffèrepar sa méthode. La religion repose sur la révélation alors que la métaphysique prétend nous enseigner par les seules forces de la raison ce que sont l'âme, le monde et dieu. Les prétendues connaissancesmétaphysiques sont des connaissances rationnelles. C'est la prétention rationnelle à connaître l'absolu que Kant va soumettre à sa critique. Précisons qu'il s'agit de connaissances spéculatives, théorétiques qui se proposent simplement de déterminer leur objet, tandis qu'une discipline pratique (et non spéculative) comme la morale veut réaliser son objet, traduire dans une action concrète une idée de la raison. · « ... La métaphysique qui s'élève au-dessus des instructions de l'expérience en ne s'appuyant que sur de simples concepts (et non pas comme les mathématiques en appliquant ces concepts àl'intuition). » JUGEMENTS ANALYTIQUES ET SYNTHETIQUES CHEZ KANTKant distingue 3 types de jugements:a) Le jugement analytique (ou tautologique) est un jugement qui n'a pas besoin de l'expérience, l'esprit n'a pas besoin de sortir de lui-même pour connaître. Ces jugements indépendants del'expérience sont dits a priori. Ils ont une qualité et un défaut. Leur qualité est la rigueur et la certitude de ne pas se tromper. Leur défaut: l'esprit piétine, bégaie et n'apprend rien. Exemples: untriangle a 3 angles, ma grand-mère est la mère de mon père ou de ma mère.b) Le jugement synthétique nous donne une information nouvelle, ils sont dérivés de l'expérience. Par exemple, tous les corps sont pesants ou ma grand-mère est blonde: je ne l'aurai jamais su par laseule pensée. Les jugements synthétiques sont a posteriori. Ils ont eux aussi un avantage et un inconvénient. Leur avantage est leur fécondité: j'apprends quelque chose, leur inconvénient:l'expérience est aléatoire, partielle voire partiale (ma grand-mère est peut-être une fausse blonde !), je tire, par induction, des énoncés généraux dont rien ne me dit qu'ils ne seront pas plus tardinvalidés par d'autres expériences.c) Les jugements synthétiques a priori. Ces jugements sont aussi féconds que les synthétiques et aussi rigoureux que les analytiques. Les mathématiques offrent l'exemple de tels jugements. Un énoncé aussi simple que 7 + 5 = 12 est à la fois synthétique (je ne peux tirer par analyse du 7 et du 5 le nombre 12) et a priori (je n'ai pas besoin d'en passer par l'expérience pour l'affirmer). Rappelons que pour Kant il y a trois sortes de jugements : des jugements analytiques qui sont a priori (les corps sont étendus) ; des jugements synthétiques a posteriori (quand je dis cette boîte est rouge. Le prédicat rouge ne saurait être tiré du concept général de boîte. Ce jugement est synthétique et ne peut être posé qu'après l'expérience.) ; et enfin des jugements synthétiques a priori. Par exemple, la somme desangles d'un triangle... ou que l'âme est immortelle, j'attribue au triangle et à l'âme des propriétés qui enrichissent leur concept (synthétiques) et qui cependant ne sont pas données dans l'expérience (a priori). Pouraffirmer que la somme des angles du triangle vaut deux droits, en effet, je n'ai pas eu besoin de consulter l'expérience, de mesurer. Car j'ai démontré le théorème au lieu de constater un résultat empirique. En cesens une proposition mathématique (la somme des angles...) et une proposition métaphysique (l'âme est immortelle) s'élèvent l'une et l'autre « au-dessus des instructions de l'expérience ». elles sont des jugements synthétiques a priori. Cependant elles différent sur un point qui suffit à fonder la légitimité des mathématiques et à montrer le vide de la prétendue connaissance métaphysique. C'est que lesmathématiques supposent non seulement des concepts a priori, mais une intuition de l'espace qui est une « forme a priori de mon sensibilité » c'est-à-dire un cadre universel, et nécessaire de notre faculté humaine de perception. Le géomètre, par exemple, qui construit à partir de concepts, de définitions des figures dans l'espace, « applique les concepts à une intuition ». Or la métaphysique ne repose que sur des concepts. Nous ne connaissons le monde que réfracté à travers les cadres subjectifs de l'espace et du temps. Nous ne connaissons que des « phénomènes ». Le « noumène » échappe aux prises de notre connaissance spéculative. Certes, l'entendement (Verstand) grâce à ses catégories peut « épeler les phénomènes », peut mettre de l'ordre dans les apparences et construire une science. Mais au-delà , la connaissance est impuissante. Si la raison (Vernumft) veut poursuivre son effort de liaison et d'unification au-delà de l'expérience sensible elle ne rencontre que le vide. Le métaphysicien est pareil à une colombe naïve qui sentantdans son vol la résistance de l'air « pourrait s'imaginer qu'elle volerait bien mieux encore dans le vide ». Ainsi Platon veut-il évacuer l'obstacle du sensible et voyager « sur les ailes des Idées dans les espaces vides de la raison pure ». C'est là une ambition chimérique. · « .... La métaphysique est plus vieille que toutes les autres sciences... gouffre de la barbarie. » Il faut comprendre que la métaphysique est vouée à l'échec ; cet échec vient du fait que toutes nos intuitions sont des intuitions sensibles, que nous n'avons pas d'intuitions intellectuelles, que nous ne connaîtronsjamais que des phénomènes. Mais dans le troisième partie de la « CRP », c'est-à-dire dans la « Dialectique transcendantale », Kant pose un autre problème. Comment se fait-il que les hommes continuent toujours à faire de la métaphysique ? La critique Kantienne n'arrêtera pas l'essor de la métaphysique. « La métaphysique subsistera toujours ». Dans le paragraphe 4 des « Prolégomènes », Kant compare la métaphysique à l'écume qui se forme au-dessus de la vague, une écume qui se reforme toujours même si on veut l'épuiser. Pour Kant, il ne s'agit donc pas seulement de réfuter les illusions métaphysiques, il faut rendre compte de leur persistance, en chercher la cause « dans les profondeurs ». Il faut découvrir la racine de l'illusion métaphysique. La métaphysique apparaît comme une disposition naturelle et invincible de la raison humaine. Elle n'est pas d'origine affective (besoin de croire, de se rassurer). La métaphysique est un besoin de la raison qui poursuit sans cesse au-delà de toute expérience possible son entreprised'unification des concepts : elle cherche l'unité de toutes mes pensées dans l'idée de l'âme substance, elle cherche à unifier toute la série des conditions des phénomènes donnés dans l'idée de monde. Elle veutdéterminer tous les concepts par rapport à un concept suprême qui les contienne tous et qui est Dieu. Ces trois idées de l'âme du monde et de Dieu, qui résultent de liaisons subjectives de nos concepts, lemétaphysicien les prend pour des choses en soi. D'une simple tendance de la raison, le métaphysicien fait un objet. · « ... La raison se trouve continuellement dans l'embarras. » Cet embarras apparaît dans l'incurable diversité des systèmes métaphysiques (le champ de bataille). Le désaccord des métaphysiciens est un indice d'erreur comme l'accord des savants un indice de vérité.Mais l'embarras de la raison apparaît avec une évidence particulière lorsque le métaphysicien essaie de concevoir le monde dans son unité (cosmologie rationnelle) car ici on peut également démontrer le pour et lecontre (démontrer que le monde a eu un commencement, car « l'infini en arrière est impossible ») et qu'il n'a pas eu de commencement car la raison demande la cause de la cause et l'origine de l'origine). La raison pure, privée du point d'appui de l'expérience se perd dans les antinomies. CONCLUSION.Ces quelques lignes extraites de la préface de la deuxième édition de la « CRP » nous ont permis de dégager quelques idées fondamentales de Kant. Ø L'opposition entre la validité de la science qui certes suppose les synthèses a priori de notre entendement, mais s'appuie dans son effort de rationalisation sur le donné intuitif ; et la vanité de lamétaphysique qui opérant en dehors de toute intuition ne rencontre que le vide.Ø La persistance de l'illusion métaphysique qui exprime une tendance à l'unification invincible dans la raison humaine. C'est la raison qui invente le fantôme de l'âme comme substance parce qu'ellesuppose réalisée l'unification complète de mes états d'âme dans le temps ; c'est la raison qui non contente de découvrir dans les phénomènes du monde l'occasion d'appliquer son exigence de causalitéinvente une causalité du monde, un fondement unique (Dieu) à tout ce qui se passe dans l'univers. La métaphysique n'est pas une illusion du coeur, mais une illusion de la raison. »

Le document : "On ne peut apprendre aucune philosophie, on ne peut apprendre qu'à philosopher. Qu'en pensez-vous ?" compte 4290 mots. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous l’un de vos travaux scolaires grâce à notre système d’échange de ressources numériques ou achetez-le pour la somme symbolique d’un euro.

Echange
Loading...

Le paiement a été reçu avec succès, nous vous avons envoyé le document par email à .

Le paiement a été refusé, veuillez réessayer. Si l'erreur persiste, il se peut que le service de paiement soit indisponible pour le moment.

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Prévisualisation du document On ne peut apprendre aucune philosophie, on ne peut apprendre qu'à philosopher. Qu'en pensez-vous ?

Liens utiles