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Peut-on être prisonnier de soi-même ?

Publié le 27/02/2008

Extrait du document

Hamlet est toujours absorbé par ses réflexions, ses doutes l’empêchent d’agir, Shakespeare nous peint le portrait d’un homme paralysé, prisonnier de lui-même.

Nos incapacités et nos défauts nous font parfois ressentir nos limites et nous nous sentons prisonniers de nous-mêmes.

Il faut d’abord poser que nos limites viennent de notre finitude. Les limites qu’on attribue au Moi seraient avant tout les conditions extérieures qui le déterminent : capacités physiques et cérébrales, conditions historiques, sociales, psychologiques. Toutes les déterminations du monde, du corps et de l’âme dans lesquelles nous sommes jets sont des états de fait qui ne dépendent pas de nous, on peut donc dire qu’on est prisonnier de soi-même.

Mais c’est là une façon de se dégager de sa responsabilité, ce que Sartre appelle « la mauvaise foi «. Bien que le Moi soit déterminé de fait, il est libre en tant qu’il a conscience de soi et qu’il est porté par un sujet. Dans ce sens l’homme qui choisit la servitude ne serait pas esclave de lui-même mais exprimerait sa liberté.

Peut-on considérer que le sujet ait toujours cette puissance de liberté, auquel  cas nous sommes toujours libres, ou bien ce sujet peut-il être divisé par des contradictions qui l’enferment ?

 

Problématique :

On peut considérer que notre liberté est toujours limitée de l’extérieur, mais n’engendrons nous pas nous même notre propre servitude ?

 

« et permet à une réalité comme le moi de s'intensifier, alors le moi se prend la forme que lui a esquissé le sujet, autrement dit, le moi peut être moral et libre. Conclusion : On est toujours prisonnier de soi même dans le sens où le moi est toujours un ensemble de déterminations qui limitent les possibilités abstraites du sujet. Mais dans leur relation dynamique lemoi et le sujet sont une seule et même réalité qui se développe dans des possibilités réelles, autrement dit, on n'est pas prisonnier de soi même tant que le moi est porté par le sujet qui luipermet de changer. ========================================================================================================================================== Introduction : Hamlet est toujours absorbé par ses réflexions, ses doutes l'empêchent d'agir, Shakespeare nous peint le portrait d'un homme paralysé, prisonnier de lui-même.Nos incapacités et nos défauts nous font parfois ressentir nos limites et nous nous sentons prisonniers de nous-mêmes.Il faut d'abord poser que nos limites viennent de notre finitude. Les limites qu'on attribue au Moi seraient avant tout les conditions extérieures qui le déterminent : capacités physiques etcérébrales, conditions historiques, sociales, psychologiques. Toutes les déterminations du monde, du corps et de l'âme dans lesquelles nous sommes jetés sont des états de fait qui nedépendent pas de nous, on peut donc dire qu'on est prisonnier de soi-même.Mais c'est là une façon de se dégager de sa responsabilité, ce que Sartre appelle « la mauvaise foi ». Bien que le Moi soit déterminé de fait, il est libre en tant qu'il a conscience de soi et qu'ilest porté par un sujet. Dans ce sens l'homme qui choisit la servitude ne serait pas esclave de lui-même mais exprimerait sa liberté.Peut-on considérer que le sujet est toujours cette puissance de liberté, auquel cas nous sommes toujours libres, ou bien ce sujet peut-il être divisé par des contradictions qui l'enferment ? Problématique :On peut considérer que notre liberté est toujours limitée de l'extérieur, mais n'engendrons nous pas nous même notre propre servitude ? I : Les limites extérieures 1) La dualité dans l'homme. Les philosophes ont souvent opposé l'âme au corps, pour donner des causes aux oppositions du moi. L'âme serait le moi réel et le corps serait la sourced'illusions qui détournent l'âme d'elle-même, comme le dit Platon dans le Phédon , le corps est la « prison de l'âme ». Dans ce sens, on n'est pas prisonnier de soi même, mais prisonnier du corps dans lequel l'âme est jetée, c'est-à-dire de quelque chose d'extérieur au moi réel.2) Les limites considérées hors du moi. Le moi peut être conçu comme pure puissance de liberté, c'est le moi comme sujet. La liberté consiste à décider de ses actes, si le sujet n'est pascapable de décider, c'est qu'il n'est plus un sujet et alors il n'est plus lui-même. Dans ce sens, on peut dire avec Sartre que l'homme est « condamné à être libre », mais cela revient àdire que si l'homme décide toujours de lui-même, il ne peut jamais être prisonnier de lui-même.3) L'homme est « esclave de ses passions » dit on. Mais les passions sont encore des expressions de la liberté, c'est-à-dire des conduites dans lesquels le sujet donne un certain sens àson existence. Dans ce sens on ne peut être prisonnier de soi même, mais on peut chercher la servitude comme libre expression de soi même. Si par exemple Roméo se suicide paramour pour Juliette, est il esclave de ses passions ou ne réalise-t-il pas plutôt sa liberté en exprimant que sans cet amour la vie ne vaut pas la peine d'être vécue ? Transition : On a vu que le sujet est toujours libre et qu'il ne peut pas être prisonnier de lui-même. Mais nous ne sommes pas de purs sujets, nous sommes aussi un moi psychologique, l'écart entre le « je » du sujet et le « moi » ouvre la brèche dans laquelle on peut être prisonnier de « soi même ». II : le moi comme prison 1) Il faut distinguer le moi du sujet. Le moi n'est pas cette pure puissance métaphysique d'agir, c'est un psychisme complexe, alliant une conscience à un inconscient et traversé detendances contradictoires. Dans ce sens les oppositions qu'on expliquait par la dualité du corps et de l'âme, du moi et du non moi, ne tiennent plus. Si le moi est lui-même divisé, sesparties peuvent s'opposer et générer des tensions et un mal qui permettent de dire que le moi peut être prisonnier de lui-même.2) Le solipsisme. Notre conscience peut toujours être considérée comme notre représentation, autrement dit, nous ne pouvons jamais faire l'expérience du monde sans nous. Nousfaisons l'expérience de nous-mêmes dans tout ce dont nous faisons l'expérience, à tel point que nous confondons parfois le rêve et la réalité. Cet implacable chaîne du même nousempêche d'accéder à la chose en soi, c'est-à-dire aux choses elles mêmes ou aux autres eux-mêmes. Dans ce sens, nous sommes toujours prisonniers de nous-mêmes.3) Le moi comme limitation. Si le moi et quelque chose qui se construit comme une image de soi que l'on projette, on peut dire avec Lacan que le moi est l'aliénation du sujet. En effet,le moi se construit à travers des représentations, des normes, il enchaîne les actes du sujet vers cette image déterminée de soi et bloque ses possibilités, il devient une sommed'habitudes auxquelles est enchaîné le sujet. Transition : On peut dire qu'on porte toujours un moi aliénant, il faut voir désormais s'il est possible de s'en libérer. III : se libérer 1) Si nous sommes toujours déjà esclave cela n'empêche pas d'essayer de nous libérer. Morale stoïcienne : distinguer ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. Avec unetelle distinction, on peut voir quand est ce que nous sommes prisonniers de nous-mêmes ou non, être libre consistera à agir sur ce qui dépend de nous, modifier le moi autant que c'estpossible.2) La conduite libre. La morale consiste à se donner des règles qui obligent le sujet à dépasser son moi. La morale kantienne par exemple, exige de faire de comme si la maxime deson action pouvait être érigée en loi universelle. Le sujet doit souvent aller contre les inclinations et désirs particuliers du moi. Cela montre que le sujet dépasse le moi, il ne reste pasprisonnier de ses inerties.3) La progression, le temps de l'existence ne doit pas être considéré comme une répétition mécanique d'instants, mais comme durée. Si on considère que le temps apporte du nouveauet permet à une réalité comme le moi de s'intensifier, alors le moi n'est pas seulement une somme d'habitudes qui se répètent automatiquement, il peut prendre la forme que lui aesquissé le sujet, autrement dit, le moi peut être moral et libre. Conclusion : On est toujours prisonnier de soi même dans le sens où le moi est toujours un ensemble de déterminations qui limitent les possibilités abstraites du sujet. Mais dans leur relation dynamique lemoi et le sujet sont une seule et même réalité qui se développe dans des possibilités réelles, autrement dit, on n'est pas prisonnier de soi même tant que le moi est porté par le sujet qui luipermet de changer. »

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