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Peut-on juger objectivement la valeur d'une culture ?

Publié le 13/08/2010

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culture

  Analyse

Ce sujet pose la question classique sur la valeur d'une culture. Mais la question reste néanmoins délicate à traiter. Elle demande en effet quelques connaissances historique (exemple classique : l'arrivée des européens sur les terres des Amériques) car autrement l'exercice se transforme trop facilement en verbiage. Il faut également au préalable travailler la question, car la notion de juger la valeur d'une culture revient à la question de comparer différentes cultures. C'est donc un sujet classique mais qui reste difficile si la question n'a pas été étudiée auparavant...

 
Une correction possible

I - Les hommes naturellement jugent les autres cultures. Il existe des critères objectifs qui permettent de le faire. Il est possible de comparer les différentes cultures. L'humanité a suivi des chemins qui ne se ressemblent pas. On peut établir une hiérarchie entre les différents modes d'évolution de chaque société. Les sociétés humaines se sont toujours comparées aux cultures qu'elles rencontraient Les groupes sociaux sont rarement complètement isolés; ils se rencontrent au gré du hasard, du commerce ou de la guerre. Les hommes, dès lors, s'observent, se comparent naturellement. Ils sont capables d'analyser leurs ressemblances et leurs différences culturelles: coutumes, rites, organisation, technique, lois... Les explorateurs ont été les premiers ethnologues La civilisation européenne découvre à partir de la Renaissance des peuples très différents. Les penseurs s'interrogent. Certains cherchent même à savoir si les sauvages ont une âme. Au XVIIIe et au XIXe siècles, les observations concernant les cultures extra-européennes vont être de plus en plus nombreuses et de plus en plus rigoureuses. Des critères objectifs permettent la comparaison L'observation des différentes cultures nous permet de constater que certaines connaissent un développement technique et scientifique supérieur à d'autres. D'autre part, les sociétés occidentales développent des valeurs de liberté, de respect, d'égalité. En revanche, d'autres sociétés nous choquent par leurs pratiques sociales: esclavage, ségrégation, mutilations... II - Nous ne pouvons jamais être des observateurs impartiaux. Tout est relatif à notre vision du monde. C'est à travers le prisme déformant de notre civilisation que nous comparons les différentes cultures. Nos critères sont donc relatifs. Accepter la diversité culturelle est une attitude,de tolérance. Comparer les cultures est une illusion La diversité des cultures est un phénomène naturel. Très souvent les hommes y ont vu quelque chose de scandaleux. Ce qui a provoqué un réflexe de rejet. En qualifiant les autres peuples de barbares, sauvages, primitifs, l'homme occidental regarde toute société à travers le prisme de ses propres valeurs: c'est une attitude qui relève de l'ethnocentrisme. Nos critères sont forcément relatifs Nous ne pouvons comparer les cultures qu'à partir de notre propre vision du monde. Notre système de valeurs, notre éducation, tout ce qui nous vient de la tradition, rendent impossible un regard objectif sur les autres cultures. Il faut donc convenir de la relativité de nos critères et accepter cette richesse que représente la diversité culturelle. Il n'y a pas de culture. inférieure Comparer les cultures conduit naturellement à les hiérarchiser. Or, l'ethnologie contemporaine nous montre qu'il n'y a pas de cultures inférieures. Les usages apparemment les plus barbares ou les plus répugnants ont leur raison d'être de par le rôle qu'ils jouent dans l'organisation sociale. Aux yeux d'autres peuples, certaines de nos coutumes peuvent sembler bien barbares... III - Quel regard porter alors sur les autres cultures? Si nous constatons l'extrême diversité des cultures, ce n'est pas pour autant que nous pouvons les comparer, c'est-à-dire affirmer qu'il y a des cultures supérieures à d'autres. Affirmer que toutes les cultures se valent est donc un postulat méthodologique pour celui qui veut étudier les différentes cultures. C'est aussi une marque de tolérance et de respect vis-à-vis des peuples qui, dans le monde, ont développé de manière différente et originale des règles de vie en société. C'est par l'échange entre les cultures que nos sociétés évoluent. Cela ne veut pas dire non plus que nous devons renoncer à nos valeurs sous prétexte que, philosophiquement parlant, toutes les pratiques sociales se valent. L'esclavage, l'exploitation des enfants, les mutilations rituelles, par exemple, ne peuvent pas être défendus. Affirmer l'universalité de la dignité humaine n'est pas contradictoire avec la reconnaissance de la diversité culturelle.

 

culture

« L'analyse du professeur La culture désigne l'ensemble des pratiques et des valeurs constitutives de l'identité d'un peuple qui construit son devenir dans l'histoire. La culture paraît donc éminemment tributaire de la façon dont les hommes construisent leurs existences. Elle est le produit d'une construction historique subjective et axiologique, c'est-à-dire qu'elle dépend de choix de valeurs contextuels et particuliers à certains hommes à certains moments de leur développement. Il semblerait alors absurde de prétendre juger objectivement de la valeur d'une culture. Toutefois, le conflit des cultures et la façon dont fonctionnent certaines cultures, qui heurtent parfois nos propres principes culturels, posent la question du jugement de valeur que l'on pose ainsi implicitement sur les cultures. En rejetant en effet les pratiques de certaines cultures, ou leurs valeurs, il est évident que nous jugeons que ces cultures ne sont pas les meilleures pour nous, et ne conviennent pas à nos idéaux ou à nos modalités de fonctionnement. Ce jugement est-il toujours subjectif ? Il serait tentant de l'affirmer, pour adopter une position relativiste tolérante, mais ce serait oublier que la plupart des cultures, comme celle des civilisations occidentales globalement fondées sur la référence des droits de l'homme, se veulent universelles et prétendent détenir la clé dernière ou la vérité des comportements et des valeurs des hommes. Cette position suppose donc la référence implicite à un jugement objectif sur la valeur de la culture. Plan proposé Partie 1 a La culture résulte tout d'abord d'un processus de construction historique qui consiste à sédimenter des pratiques et des valeurs parce qu'elles correspondent aux choix des hommes et aux modalités collectives de leurs vies. b À cet égard, la culture dépend de choix subjectifs partagés par des groupes d'hommes, et il serait impossible de justifier de tels choix objectivement, tant ils sont le produit d'habitudes lentement adoptées et qui n'ont pas été pensées purement rationnellement et objectivement. c En outre, on voit mal comment juger objectivement d'une culture si cette culture n'est pas la nôtre et qu'on ne la considère qu'extérieurement, sans en comprendre les valeurs, les attachements sentimentaux et les modalités pratiques. »

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