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Peut-on juger une autre culture ?

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culture

Alors que la différence des cultures est ce dont on ne peut plus douter après l'avoir admis, on pose une universalité qui reste à prouver. Il s'agit de se détourner de ce qui est, empiriquement, pour mettre en pratique ce qui doit être. ·                     Pour Kant, l'universalité humaine n'existe pas mais elle doit exister et il faut tout faire pour cela. L'universalité de l'homme est ce qu'il doit devenir, l'anthroponomie. Son devoir-être est moral ; il n'y aura d'humanité que dans l'accomplissement d'un devenir moral. A l'anthroponomie il oppose l'anthropologie qui est l'étude de l'homme selon ses caractéristiques empiriques. ·                    Si on ne peut pas dire de Kant qu'il est un relativiste, le relativisme en tout cas repose sur la considération qu'il y a quelque chose de plus important que la diversité des cultures de fait : l'universalité humaine de droit. Cependant cet idéal de l'humanité est bien un rêve qui ne permet pas de comprendre ce qu'est l'homme ici et maintenant.   III- A-t-on le devoir de juger théoriquement les autres cultures ? ·                    La culture qui pratique l'excision vaut-elle vraiment toutes les cultures ?

 

Analyse du sujet.

 

·         La question formulée ici pose un double sens dans la capacité de juger :

o   Peut-on en fait, c’est à dire avons nous suffisamment de recul pour juger une culture différente de la notre ?

o   Peut-on ne droit, à savoir qu’est ce qui légitimisme une prise de position, positive ou non d’ailleurs, sur une autre culture ?

·         Ces deux points doivent rester à notre esprit et doivent aussi trouver une réponse. En effet, si non n’avons pas de recul, nous pourrons d’autant moins avoir de légitimité pour juger une autre culture.

·         Mais hormis le sens de cette question, nous avons aussi deux notions importantes qu’il s’agit de définir : Jugement et culture.

·         Juger, tout d’abord, cela consiste à déterminer, trancher, décider. Par le jugement, on attribue ou non une qualité. Ici, le jugement se fait « en rapport à «, on juge une autre culture, par rapport à la sienne donc.

·         La culture, ensuite, peut se comprendre sous plusieurs sens.

o   Le premier consiste à la capacité de l’homme à exploiter la nature plutôt que de la prendre telle qu’elle se présentait à lui. La culture est alors l’ensemble des activités que l’homme applique sur la nature par sa raison et son intelligence.

o   Le second sens se situe dans le domaine de la comparaison : selon les lieux, les personnes, la culture varie. Elle se rapproche alors de ce que l’on nomme civilisation.

·         C’est ce dernier sens que nous développerons dans notre sujet. En effet, parce qu’il s’agit d’une autre culture,  nous sommes dans une comparaison de mode d’activité sur la nature.

·         De même, cela nous permet de commencer un jugement, en comparant plusieurs types de cultures connues.

·         Enfin, ce type de sujet recèle plusieurs pièges : une trop forte naïveté qui consisterait à penser que chaque culture se vaut puisqu’elle est la meilleure pour les hommes qui la pratique (ethnocentrisme et relativisme), ou qu’au contraire une seule culture l’emporte sur toute autre, de manière quasi hégémonique.

 

Problématisation.

L’actualité nous met en situation de confrontation de cultures. On parle même de choc de civilisations. Cela veut-il dire que certaines, voir une seule, cultures seraient valables pour tout les hommes, les autres devant alors être rejetées ? Tous les hommes vivent en société, mais selon des usages, des coutumes différentes. Chacun des hommes est-il en mesure, avant même de juger la culture des autres, de juger la sienne ? Enfin, pourquoi juger une autre culture ? Est-il nécessaire de comparer les cultures entre elles ?

 

« Analyse Ce sujet pose la question classique sur la valeur d'une culture. Mais la question reste néanmoins délicate à traiter.Elle demande en effet quelques connaissances historique (exemple classique : l'arrivée des européens sur les terresdes Amériques) car autrement l'exercice se transforme trop facilement en verbiage. Il faut également au préalabletravailler la question, car la notion de juger la valeur d'une culture revient à la question de comparer différentescultures. C'est donc un sujet classique mais qui reste difficile si la question n'a pas été étudiée auparavant... Une correction possible I - Les hommes naturellement jugent les autres cultures. Il existe des critères objectifs qui permettent de le faire. Il est possible de comparer les différentes cultures.L'humanité a suivi des chemins qui ne se ressemblent pas. On peut établir une hiérarchie entre les différents modesd'évolution de chaque société. Les sociétés humaines se sont toujours comparées aux cultures qu'elles rencontraientLes groupes sociaux sont rarement complètement isolés; ils se rencontrent au gré du hasard, du commerce ou de laguerre. Les hommes, dès lors, s'observent, se comparent naturellement. Ils sont capables d'analyser leursressemblances et leurs différences culturelles: coutumes, rites, organisation, technique, lois... Les explorateurs ont été les premiers ethnologuesLa civilisation européenne découvre à partir de la Renaissance des peuples très différents. Les penseurss'interrogent. Certains cherchent même à savoir si les sauvages ont une âme. Au XVIIIe et au XIXe siècles, lesobservations concernant les cultures extra-européennes vont être de plus en plus nombreuses et de plus en plusrigoureuses. Des critères objectifs permettent la comparaisonL'observation des différentes cultures nous permet de constater que certaines connaissent un développementtechnique et scientifique supérieur à d'autres. D'autre part, les sociétés occidentales développent des valeurs deliberté, de respect, d'égalité. En revanche, d'autres sociétés nous choquent par leurs pratiques sociales: esclavage,ségrégation, mutilations... II - Nous ne pouvons jamais être des observateurs impartiaux. Tout est relatif à notre vision du monde. C'est à travers le prisme déformant de notre civilisation que nouscomparons les différentes cultures. Nos critères sont donc relatifs. Accepter la diversité culturelle est uneattitude,de tolérance. Comparer les cultures est une illusionLa diversité des cultures est un phénomène naturel. Très souvent les hommes y ont vu quelque chose descandaleux. Ce qui a provoqué un réflexe de rejet. En qualifiant les autres peuples de barbares, sauvages, primitifs,l'homme occidental regarde toute société à travers le prisme de ses propres valeurs: c'est une attitude qui relève del'ethnocentrisme. Nos critères sont forcément relatifsNous ne pouvons comparer les cultures qu'à partir de notre propre vision du monde. Notre système de valeurs, notreéducation, tout ce qui nous vient de la tradition, rendent impossible un regard objectif sur les autres cultures. Ilfaut donc convenir de la relativité de nos critères et accepter cette richesse que représente la diversité culturelle. Il n'y a pas de culture. inférieureComparer les cultures conduit naturellement à les hiérarchiser. Or, l'ethnologie contemporaine nous montre qu'il n'y apas de cultures inférieures. Les usages apparemment les plus barbares ou les plus répugnants ont leur raison d'êtrede par le rôle qu'ils jouent dans l'organisation sociale. Aux yeux d'autres peuples, certaines de nos coutumespeuvent sembler bien barbares... III - Quel regard porter alors sur les autres cultures? Si nous constatons l'extrême diversité des cultures, ce n'est pas pour autant que nous pouvons les comparer, c'est-à-dire affirmer qu'il y a des cultures supérieures à d'autres. Affirmer que toutes les cultures se valent est donc unpostulat méthodologique pour celui qui veut étudier les différentes cultures. C'est aussi une marque de tolérance etde respect vis-à-vis des peuples qui, dans le monde, ont développé de manière différente et originale des règles devie en société. C'est par l'échange entre les cultures que nos sociétés évoluent. Cela ne veut pas dire non plus quenous devons renoncer à nos valeurs sous prétexte que, philosophiquement parlant, toutes les pratiques sociales sevalent. L'esclavage, l'exploitation des enfants, les mutilations rituelles, par exemple, ne peuvent pas être défendus. »

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