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Peut-on vivre sans gouvernement ?

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. La puissance de l'État se manifeste sous forme de contrainte ; il emploie la « force », à laquelle l'individu, lui, n'a pas le droit de recourir. Aux mains de l'État, la force s'appelle « droit », aux mains de l'individu, elle s'appelle « crime » (Max Stirner, L'Unique et sa propriété, Pauvert, pp. 177 et sqq.). L'État est donc, dans cette perspective, le pire ennemi de la liberté puisqu'il anéantit l'Unique : devant l'État, seule est légitime la révolte du Moi. Ordre et Autorité (Proudhon), réseau de sujétions détruisant l'Unique (Stirner), l'État est, enfin, dans cette perspective anarchiste, chez Bakounine (1814-1876), une institution indissolublement liée à la religion, institution avilissant gouvernants et gouvernés. S'il asservit les gouvernés, il corrompt aussi les gouvernants. L'État prive de liberté maîtres et esclaves. Toutefois, l'idée d'une société réconciliée avec elle-même, en dehors de tout État, idée qui se dessine derrière la critique de l'« État-ennemide-la-liberté » est-elle bien « raisonnable » ?

« 3) Prochainement, l'Etat doit disparaître, en fonction d'un autre stade de développement. 4) Une société nouvelle se débarrassera nécessairement de l'Etat, en le reléguant « au musée des antiquités, à côté du rouet et de la hache de bronze ». 1) Au terme d'un raisonnement antérieur (« donc »), Engels expose sa thèse : celle du caractère historique de l'Etat. A sa prétendue éternité, Engels oppose l'aspect relatif de cette institution. Il s'appuie, pour ce faire, sur l'ethnologie qui prouve (« il y a eu ») que dans le passé des sociétés ont fonctionné sans Etat. On devine la thèse de ses adversaires : en aucun cas aujourd'hui une société ne pourrait fonctionner sansEtat, donc il est impossible que demain une telle société puisse exister. Donc l'Etat doit exister pour l'éternité. Engels , en se référant aux faits dont témoigne l'ethnologie, science nouvelle à l'époque, ruine scientifiquement les positions qui lui sont hostiles. Si l'Etat n'existe pas de toute éternité, il n'a aucune chance d'exister pour l'éternité, dans le futur. 2) Reste à expliquer le rapport entre société & Etat, puisque aujourd'hui, au contraire, la société semblebien ne pouvoir se passer de l'Etat et de son pouvoir. Idée tellement forte que l'Etat est vu commequelque chose d'éternel, et son pouvoir comme totalement légitime. C'est ce rapport historique qui est pensé par Engels , selon la démarche classique du matérialisme historique. C'est une situation historique nouvelle qui explique l'apparition de l'Etat. L'histoire des sociétés est scandéepar des stades de développement économique. Autrement dit il y a des étapes repérables (des stades, dessituations relativement stables) dans un processus continu (qu'il soit régulier ou irrégulier) de« développement » de l'économie. A chacun de ces stades correspond une division de la société en classes (antagonistes), sans que soitélucidée ici la question de la primauté éventuelle de l'économie sur le politique. Engels se contente de repérer une correspondance, un lien « nécessaire ». Ce qui suggère que la société sas Etat dont témoignent les ethnologues est une société sans classes. Mais la nécessité de l'Etat, à distinguer de son éternité –dans une société divisée en classes- est fortementaffirmée par Engels : # cette division fit de l'Etat une nécessité ». Mais en même temps, dans la mesure où l'existence de l'Etat est rapportée à la division en classes, il suffirait que cette division vienne à disparaîtrepour que l'Etat vienne à disparaître. Autrement dit cette nécessité (à un moment donné) est relative (à lasituation historique).. 3) Engels considère son temps comme l'époque imminente (« nous nous rapprochons maintenant à pas rapides ») d'un nouveau stade de développement économique. Ce stade lui paraît nécessaire, il semble d'ailleurs déjà inscrit, puisque nous nous en « rapprochons ». C'est comme s'il existait déjà. L'histoire ne se répète pas. Elle est marquée par le développement économique. Et, si dans un tempshistorique, qui appartient aujourd'hui plutôt au passé, les classes sociales antagonistes étaient nécessaires,aujourd'hui, ces classes sociales ne le sont plus. Leur nécessité est relative (comme l'était tout à l'heure lanécessité de l'Etat). On peut donc, à partir de ce texte, imaginer deux fonctions successivement contrairesdes classes sociales. Tout d'abord, une fonction d'accélération du développement historique. Ensuite unefonction de frein : elles deviennent « un obstacle positif à la production ». C'est donc l'auto-dépassement de la production elle-même qui fera « sauter » l'obstacle. Toute naissance (les classes « ont surgi autrefois ») implique une mort (« les classes tomberont »). Et le sort de l'Etat est lié à l'existence même des classes. Pas de classes, pas encore d'Etat (les sociétésprimitives), plus de classes, plus d'Etat (les sociétés sans classes, hautement développées économiquement). 4) C'est d'une société imminente, mais encore à venir qu' Engels nous parle, au futur : « réorganisera ». Pourtant, Engels en prédit le fonctionnement. Jusqu'à maintenant, ce sont les classes sociales qui sont organisatrices de la production –sans doute enrapport avec la fonction politique qu'assure à leur compte l'Etat. La disparition des classes sociales impliquedonc, explicitement, une « réorganisation ». Elle se fera sans la médiation de l'Etat, mais directement par l' « association libre et égalitaire des producteurs ». Mais cette vision d' Engels suggère implicitement ce qu'il en est aujourd'hui de l'Etat. Pas d'association, mais un conflit ; pas de liberté, mais l'oppression ; pas d'égalité,mais l'inégalité, mais l'inégalité. autant de termes qui qualifient L'Etat qui, selon la thèse de Engels , représente les intérêts particuliers d'une des deux classes qui interviennent dans la production : celle qui estpropriétaire des moyens de la production, contre les intérêts de ceux qui mettent en oeuvre la production. L'Etat est donc une machine, comme on parle de machine dans l'économie. Mais c'est une machine politique. »

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