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Pluralité des langues et harmonie des hommes ?

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Celle-ci, d’une part, ne ferait que favoriser une communication qui s’opère même en son absence, et d’autre part, ce qui est plus sérieux, elle briserait la relation existant entre langue et culture, faisant des peuples les utilisateurs d’une langue sans racines, utilisée à de seules fins de communication fonctionnelle mais incapable de véhiculer la « mémoire » de chaque peuple et entraînant de la sorte une perte d'identité collective. Cette perte risquerait elle-même de mener à des réactions agressives, et l’on constate que, sous prétexte de faciliter l’entente comme communication, on empêcherait l’entente comme concorde entre tous les peuples.

« CORRIGÉ [Introduction] Parmi les différences qui existent entre les sociétés humaines, J'une des plus immédiatement perceptibles concerne sans doute les langues : il suf­ fit bien souvent de passe r. une frontière pour constater que la langue utili­ sée a changé. Cela peut nous gêner pour les besoins élémentaires de la communication, car il est vrai qu'il n'est guère agréable de se trouver bru­ talement incapable de se faire comprendre. Faut-il pour si peu considérer cette diversité comme l'indice ou le symbole d'une hétérogénéité des peuples eux-mêmes ? Cela reviendrait à admettre qu'une simple frontière linguistique témoigne d'une différence de nature entre deux peuples, et l'on devine qu'une telle conclusion risque d'être quand même excessive. Car toutes les langues ne sont que les variantes d'une faculté de parler, ou du langage, qui, par-delà la diversité, pourrait être un des éléments carac­ téristiques de l'humanité dans son ensemble. [1. Évidence de la diversité] La langue sert d'abord à communiquer. et c'est sans doute pourquoi, lorsque la communication devient impossible parce qu'un interlocuteur potentiel parle une langue différente, le sentiment de déception ou de frus­ tration peut être intense : brutalement s'impose l'impression d'être réduit à l'impuissance. Si toutefois cette impression peut être ressentie dans des rapports entre individus. on constate qu'elle est purement hypothétique si l'on s'intéresse à des relations entre peuples. lJ est clair en effet que, quelles que soient leurs langues, les peuples parviennent toujours à se comprendre. Faute de quoi on serait obligé de penser que, par exemple, des conflits sérieux, des guerres, peuvent être provoqués par de simples différences de langues. ce qui semble. par chance, ne jamais avoir eu lieu dans l'histoire de J'humanité ... La différence des langues n'est en effet qu'un élément parmi bien d'autres dans ce qui fait la différence des peuples, et cet élément n'est pas forcément le plus important (ou le plus lourd de conséquences), même s'il peut sembler Je plus immédiatement perceptible. On doit aussi tenir compte des différences des mœurs, des religions, des coutumes, des orga­ nisations politiques, des idéologies et des mentalités -pourquoi pas, à un niveau plus anecdotique, de la différence des cuisines, des vêtements, des formes de politesse? En d'autres termes, la différence des langues fait partie d'une différence plus générale, qui est celle des cultures. C'est bien pourquoi il semble difficile d'admettre que, sous prétexte de favoriser l'entente entre les peuples, on devrait élaborer une« langue uni- »

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