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Pour quelles raisons paraît-il sage de s'en tenir aux désirs naturels et nécessaires ?

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Ainsi naquit Éros, qui tient du caractère de ses deux parents. Indigent et toujours en manque, à l'instar de sa mère, il est plein d'ardeur et de ressource comme son père. Rusé, habile chasseur, magicien, sophiste, il passe aussi sa vie à philosopher. Voilà un point majeur : pour philosopher, il faut désirer : Aucun des dieux ne philosophe ni ne désire devenir savant, car il l'est ; et, en général, si l'on est savant, on ne philosophe pas ; les ignorants non plus ne philosophent pas et ne désirent pas devenir savants, car l'ignorance a précisément ceci de fâcheux que, n'ayant ni beauté, ni bonté, ni science, on s'en croit suffisamment pourvu. Or, quand on ne croit pas manquer d'une chose, on ne la désire pas (ibid., p. 64-65). Un autre point notable est le suivant : pour expliquer l'unité du terme « amour » et la diversité de ses formes, Diotime prend l'exemple du mot « poésie », lequel signifie « création » et désigne toute activité « qui fait passer quelque chose du non-être à l'existence ». Or, seule une création spécifique porte le nom de « poésie » et les autres activités créatrices sont désignées par des mots différents. Une telle comparaison suggère le caractère démiurgique, c'est-à-dire créateur, et poétique du désir d'Éros, ici appelé épithumia.

« est naturel dans les désirs humains ? Et surtout, qu'est-ce qui est absolument nécessaire à notre bonheur ? Épicure ne donne pas de réponse très précise, mais il nous dit qu'il faut savoir se contenter de peu. Ainsi, celui qui désire des mets raffinésrisque fort d'être déçu et malheureux s'il n'a pas toujours les moyens dese les offrir, ou si le cuisinier rate son plat, ou si mille autres ennuisviennent l'en priver. Avoir des désirs de luxe nous expose à souventsouffrir. Il faut donc les éliminer. En revanche, celui qui ne désire quedes nourritures « naturelles », un peu de pain par exemple, trouverafacilement à se satisfaire, et peut même en retirer un très vif plaisir s'il avraiment faim et soif. En outre, le sage qui ne désire rien de plus pourratout de même, s'il est invité à un banquet, jouir de la nourrituresucculente. De tels plaisirs ne sont nullement interdits, à condition de nepas les désirer toujours, de ne pas en être dépendant. Il faut doncpasser ses désirs au crible de sa raison et éliminer impitoyablement tousceux qui ne sont pas naturels et nécessaires, tous ceux qui sont vains,artificiels, superflus ou excessifs . alors nous serons sages et nousatteindrons l'ataraxie, l'état d'absence de trouble de l'âme, cad lebonheur. En effet, ce sont les angoisses, les passions, les désirsinassouvis qui troublent notre âme, nous font souffrir et nous empêchentd'être heureux. Se délivrer de tout cela, c'est déjà être heureux, demême qu'il faut penser que le plaisir se trouve déjà dans l'absence desouffrance. Nous voyons qu' Épicure redéfinit le plaisir (et corrélativement le bonheur) à l'encontre de la pensée commune, quin'aperçoit de plaisir que dans un excitation positive des sens ou de l'esprit. Nous voyons aussi quelle est lavraie nature de l'hédonisme d' Épicure et quel monumental contresens a fait la tradition en en faisant « une morale de pourceaux libidineux se vautrant dans la luxure », alors qu'il s'agit avant tout d'une ascèse, d'une maîtrise des désirs, assez semblable à ce que peuvent pratiquer certains religieux, ermites ou ascètes, même sic'est dans de tout autres buts. Introduction À première vue, je désire ce que je n'ai pas : quelque chose me manque et j'en souffre. Il semble alors naturelque je souhaite satisfaire mes désirs. Toutefois, une telle satisfaction est-elle toujours possible ? N'existe-t-ilpas, au moins, des rêves irréalisables ? Ou des désirs mauvais, inquiétants, qu'il vaudrait mieux ne pas réaliser?Dès lors, doit-on vraiment souhaiter satisfaire tous ses désirs ? Un principe d'existence : satisfaire tous ses désirs Dans le Gorgias de Platon, Socrate félicite le sophiste Calliclès en ces termes: «La franchise de ton exposé,Calliclès, dénote une belle crânerie: tu dis nettement, toi, ce que d'autres pensent mais ne veulent pas dire[...]. Tu soutiens qu'il ne faut pas gourmander ses désirs, si l'on veut être tel qu'on doit être, mais les laissergrandir autant que possible et leur ménager par tous les moyens la satisfaction qu'ils demandent et que c'esten cela que consiste la vertu» (trad. Chambry, G. F. , p. 236).Ainsi, pour Calliclès, en un sens, tous les hommes souhaitent satisfaire tous leurs désirs.Tous ne l'avouent pas. Certains affirment même le contraire. C'est que, «ne pouvant fournir à [leurs] passionsde quoi les contenter, [ils font] l'éloge de la tempérance et de la justice à cause de leur propre lâcheté». Ilsont honte, ils veulent «cacher leur propre impuissance» (ibid., p. 235).Calliclès, lui, ne se contente pas de souhaiter vaguement une telle satisfaction. Il souligne qu'il faut «en êtrecapable [...] par son courage et son intelligence », il faut avoir la force «de remplir tous ses désirs à mesurequ'ils éclosent ».On ne doit pas simplement, alors, souhaiter satisfaire ses désirs : on doit, pour être heureux, y parvenirvraiment: c'est un idéal conforme à «la loi de la nature » (ibid. , p. 225). «Le luxe, l'incontinence et la liberté,quand ils sont soutenus par la force, constituent la vertu et le bonheur» (p. 236). L'intempérance est la vertudes forts, la tempérance celle des faibles.Enfin, tous les désirs devraient être satisfaits. Calliclès n'en exclut aucun. C'est la morale des faibles, «toutesces belles idées, ces conversations contraires à la nature », qui introduirait une opposition entre les désirslégitimes et ceux qui ne le sont pas. Qu'objecter à cette thèse de Calliclès? Satisfaire ou maîtriser ses désirs ? La caractère contradictoire du désir Socrate, dans le dialogue platonicien, interroge le sophiste à sa façon, avec l'ironie qui invite à approfondirl'examen du problème.S'il faut manger quand on a faim, se désaltérer quand on a soif, et s'« il faut avoir tous les autres désirs,pouvoir les satisfaire, et y trouver du plaisir pour vivre heureux», comme l'affirme Calliclès, on en vient à seposer que «c'est vivre heureux, quand on a la gale et envie de se gratter, de se gratter à son aise et depasser sa vie à se gratter» (ibid., p. 238).Autrement dit, selon Socrate, on ne doit pas mettre tous les désirs sur le même plan. L'agréable n'est pas »

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