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Puis-je dire qui je suis ?

Publié le 26/07/2009

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Si toutes connaissance définitive de notre « moi « est a jamais hors de portée du champ de nos investigations, il est absolument nécessaire de parvenir à une meilleure connaissance de soi-même. Cette connaissance permettrait de faire en nous-mêmes la distinction entre ce qui procède de l’habitude, de l’éducation, des réflexes, du conditionnement social et ce qui procède de notre volonté consciente et indépendante. Se demander ce que l’on peut savoir de soi est un enjeu considérable. Notre relation à nous-mêmes conditionne une claire perception non seulement de nous-mêmes, mais aussi du monde et des autres, des relations que j’entretiens avec ce monde. « Je « est le mieux placé pour parler de moi, même si cette place est parfois inconfortable ! Tous les moyens semblent bons pour se connaître, c’est a dire choisir sa vie. La marche vers la connaissance de soi est donc, au fond, une marche vers la liberté, une démarche philosophique. Il est donc impossible de savoir qui l’on est car on est toujours en changement, en mouvement. Le peu que l’on sait de nous-mêmes est impersonnelle. En effet, Pascal et Freud explique qui l’on est, mais en général. Donc, si l’on est incapable de savoir précisément qui l’on est vraiment, on est tout aussi incapable de dire qui l’on est.

  • I. Qu’est-ce que l’homme ? 
  • II. Ai-je la capacité, les moyens de dire qui je suis ?
  • III. Puis-je savoir qui je suis ?

« serait surtout un être de l'inconscient, car l'inconscient domine même la conscience.

La réponse à la question Quisuis-je est donc la suivante : je suis un être de l'inconscient, poussé par des pulsions.

Je peux donc dire, enthéorie, grâce à Pascal et Freud, qui je suis.Maintenant que nous avons vu, dans cette première partie, qui était l'humain, c'est à dire un être de l'inconscient,nous allons voir, dans cette seconde partie, s'il est possible de dire, par le langage oral, qui je suis. Le langage est le propre de l'homme.

Par conséquent, seul un humain peut dire qui il est.

Il appartient au sensible.Depuis le début du XXe siècle, les sciences humaines, la linguistique en particulier, ont été amenées à dissocierdifférents sens du mot langage, que l'usage confond le plus souvent.

Au sens large, le langage signifie tout systèmeou ensemble de signes permettant l'expression ou la communication.

En ce sens on parle couramment du « langage» informatique, ensemble de signes utilisés pour formuler des instructions, ou du langage animal.

Mais le langage ausens strict est une institution universelle et spécifique de l'humanité, qui comporte des caractéristiques propres qu'ilparaît indispensable de dégager.

On opposera pour cela le langage, en tant que faculté ou aptitude à constituer unsystème de signes, à la langue qui est l'instrument de communication propre à une communauté humaine : unelangue est un ensemble institué, et stable, de symboles verbaux ou écrits propres à un corps social, et susceptibled'être bien ou mal traduit dans une autre langue.

Enfin le langage ne doit pas non plus être confondu avec la parole,qui est l'acte individuel par lequel s'exerce la fonction linguistique.Soutenir que le langage est le propre de l'homme n'est donc pas, comme on le pense parfois, faire injure au mondeanimal.

C'est seulement faire valoir que parmi tous les systèmes de communication, celui des êtres humainscomporte un certain nombres de caractéristiques humaines.

Cette thèse est formulée par Descartes.

Pour lui, lelangage témoigne d'une faculté de penser et de raisonner propre à l'homme ; et si les animaux ne parlent pas, c'estfaute de pas penser et non faute de moyens de communications comme le prouvent le fait qu'ils sachent fort bienexprimer leurs « passions ».

Sans contredire Descartes sur ce point, on insistera plus aujourd'hui sur le caractèrehistorique et social du langage qui ne peut se concevoir sans un apprentissage progressif, ni hors de tout contexteculturel.

Psychologues et linguistes ont en outre établi l'existence, chez le jeune enfant, d'activités langagières etcognitives qui précédent la production d'un langage articulé et conceptuel, c'est à dire un langage au sens cartésiendu terme.

Ces activités pré linguistiques, comme par exemple la combinaison de symboles ou la faculté d'attribuer àun autre une croyance que l'on ne possède pas, opposent le tout jeune enfant au singe supérieur, incapable de cetype de performances décisives pour le développement ultérieur de l'intelligence.Les recherches actuelles sur le langage s'attachent d'ailleurs à dégager les traits spécifiques des systèmeslinguistiques humains.

Le langage n'est pas seulement un système de signe servant à communiquer des pensées oua représenter le monde.

Il est également, et ceci au plus haut degré, une activité sociale.

Tout un courantphilosophique contemporain a été amené à mettre en valeur cette dimension « pragmatique » du langage.

Lephilosophe Ludwig Wittgenstein, tout d'abord, introduisit la notion de « jeu de langage » pour révéler l'irréductiblediversité des fonctions du langage : chaque type de langage renvoie à une pratique collective (raconter unehistoire, commander…) comportant ses propres règles et sa grammaire spécifique.

Ces « jeux de langage », s'ils nefont pas l'objet de conventions explicites, sont pourtant, par nature, des faits sociaux.

Dès lors, le langage ne peutplus être conçu comme un phénomène privé.

De son coté, le philosophe John Langshaw Austin, dans Quand dire, c'est faire , montre que nos énoncés dans leur ensemble sont des actes et non pas seulement des propositions descriptives, ou des affirmations susceptibles d'être vraies ou fausses.

Les énoncés performatifs (de l'anglaisperform, « accomplir une action ») constituent en eux-mêmes des actes et produisent des effets (comme parexemple : « Je lègue ma fortune à mon fils »).

Or ces actes de langages ont des conditions d'accomplissementsinaperçues qui peuvent pervertir nos discours ou mettre en échec les finalités de nos actions.

D'où l'intérêtmanifeste de telles approches « pragmatiques » du langage.Si le langage témoigne d'une faculté à raisonner et à penser propre à l'homme, l'homme peut s'exprimer et doncfaire-part de ses impressions, de ses émotions… Il est donc possible pour l'homme de dire qui il est, sauf s'il ne saitpas lui-même qui il est.

Donc peut-on savoir qui on est ? En effet, il est possible à l'homme de dire qui il est, car il est doué de langage.

Mais s'il ne sait pas lui-même qui ilest, il ne peut le dire à autrui.

Donc, peut-on savoir qui on est ? La recherche de la connaissance de soi à unecondition : le sentiment de notre être.

Descartes, dans son Discours de la méthode , prouve que l'affirmation « Je pense, donc je suis » (c'est a dire le cogito, premier principe de la philosophie) est « si ferme et si assurée quetoutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques ne sont pas capables de l'ébranler ».

En effet, il estpossible de douter de tout, même de l'existence de notre corps et du monde alentour, sauf de l'existence de notrepensée, de notre « je ».

A partir du moment ou nous rendons compte de l'irréfutabilité de l'existence de notrepensée indépendante, nous prenons conscience de notre « je ».

Il nous est alors permis d'entamer la recherche denotre moi, c'est a dire de la nature de notre propre identité.

Certains philosophes pensent que nous avons à toutmoment « la conscience intime de notre moi » (Hume), que nous avons un sentiment invincible de la connaissancede nous-même que nous ne mettons que rarement en doute.

Cependant, avoir un sentiment immédiat de notre être,ce n'est pas avoir une connaissance pleine et entière de soi.

Il arrive que nous nous surprenions nous-même ou quenous passions par de graves crises de remise en question.

Notre comportement, notre façon de penser varientsuivant nos expériences.

La connaissance de soi implique une recherche, et cette recherche doit disposer demoyens adaptés à son but.

Nous sommes a priori les mieux placés pour nous connaître ; par l'introspection, nouspouvons accéder à une certaine connaissance de nos sentiments, de nos qualités et de nos défauts, de nosmotivations et de nos convictions.

Mais accède-t-on à un niveau particulier de la réalité mentale par l'introspection,ou cette méthode tend-elle à susciter l'objet même auquel elle prétend accéder ? Le paradoxe de l'introspection estnormalisée par le langage.

Il n'en reste pas moins que l'idée de « savoir » ce qu'on est soi-même soulève desdifficultés de principe : en quel sens emploie-t-on savoir, s'il s'agit d'intériorité.

Il paraît donc difficile par ce moyend'avoir une connaissance objective de nous-mêmes : la connaissance que nous pouvons avoir de nous par. »

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