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Résistance et obéissance (Alain)

Publié le 22/01/2012

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Texte étudié :                        Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen. Par l'obéissance, il assure l'ordre, par la résistance il assure la liberté. Et il est bien clair que l'ordre et la liberté ne sont points séparables, car le jeu des forces, c'est à dire la guerre privée, à toute minute, n'enferme aucune liberté, c'est une vie animale, livrée à tous les hasards. Donc les deux termes, ordre et liberté, sont bien loin d'être opposés, j'aime mieux dire qu'ils sont corrélatifs. La liberté ne va pas sans l'ordre, l'ordre ne vaut rien sans la liberté.                                                                                    Obéir en résistant c'est tout le secret. Ce qui détruit l'obéissance est anarchie, ce qui détruit la résistance est tyrannie. Ces deux mots s'appellent, car la tyrannie employant la force contre les opinions, les opinions, en retour, emploient la force contre la tyrannie, et inversement, quand la résistance devient désobéissance, les pouvoirs ont beau jeu pour écraser la résistance, et ainsi deviennent tyranniques. Dès qu'un pouvoir use de force pour tuer la critique, il est    tyrannique.

Néanmoins la position soutenue par l'auteur présente une autre énigme car comment est-il possible de résister à un régime injuste s'il faut en même temps obéir ? La résistance bien comprise concerne non pas l'action révolutionnaire qui mettrait en péril l'ordre garant des libertés mais le droit et même le devoir de dénoncer par ses pensées et ses paroles un système injuste. On est fondé à militer par des manifestations, des pétitions contre des décisions politiques que l'on juge irrecevables. Résister à l'injustice par les seules armes de son esprit, ce n'est pas désobéir. Il ne faut pas confondre obéissance avec résignation servile. Il ne faut pas se soumettre aveuglément aux pouvoirs établis mais exercer sa liberté de jugement et son esprit critique pour que vive la démocratie. En définitive, la leçon implicite d'Alain est qu'il faut obéir pour que la résistance gagne de l'efficacité et finisse par triompher de l'oppression. Au fond, l'auteur pense que la force physique est toujours impuissante pour établir le règne du droit.

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« sanglante de la répression, tel le massacre des étudiants sur la place Tian’anmen en Chine mais plusfondamentalement à sa détermination à anéantir l'esprit critique. Un pouvoir qui prétend imposer aux citoyensleurs idées, ainsi que le souligne tragiquement G. Orwell dans 1984 est par essence tyrannique. Implicitement,Alain montre qu'il y aurait, pour les hommes au pouvoir, une faute politique à exercer la tyrannie par la censure dela liberté d'expression, faute qui se retournerait contre eux puisque la tyrannie va être battue en brèche par lacontestation critique qui peut être opprimée mais jamais annulée. Ainsi, un régime tyrannique se condamne, à plusou moins longue échéance, à sa propre perte.Néanmoins la position soutenue par l'auteur présente une autre énigme car comment est-il possible de résister àun régime injuste s'il faut en même temps obéir ? La résistance bien comprise concerne non pas l'actionrévolutionnaire qui mettrait en péril l'ordre garant des libertés mais le droit et même le devoir de dénoncer par sespensées et ses paroles un système injuste. On est fondé à militer par des manifestations, des pétitions contredes décisions politiques que l'on juge irrecevables. Résister à l'injustice par les seules armes de son esprit, cen'est pas désobéir. Il ne faut pas confondre obéissance avec résignation servile. Il ne faut pas se soumettreaveuglément aux pouvoirs établis mais exercer sa liberté de jugement et son esprit critique pour que vive ladémocratie. En définitive, la leçon implicite d'Alain est qu'il faut obéir pour que la résistance gagne de l'efficacitéet finisse par triompher de l'oppression. Au fond, l'auteur pense que la force physique est toujours impuissantepour établir le règne du droit. On pourrait objecter à Alain que la pratique de l'obéissance anéantit l'esprit critiqueet conduit à une soumission aveugle. Ce fut le cas de tortionnaires nazis, comme Eichmann qui a prétexté, lors desa plaidoirie, qu'il n'avait fait qu'obéir aux ordres du führer et qu'il n'était donc pas responsable des crimes qu'onlui reprochait. Alain répondrait à cela que l'obéissance n'implique pas la soumission et qu'il est toujours possible derefuser de se faire complice d'un acte contraire aux exigences de la raison. Néanmoins, sous certaines conditions,dans le cas d'un régime despotique ou totalitaire, ne faut-il pas revendiquer le droit à la désobéissance civile pourfaire cesser l'oppression, contre laquelle le pouvoir de la parole demeurerait sans effets ? La thèse d'Alain estcertes pertinente dans le cas d'un régime démocratique mais sans doute inapplicable dans le cadre de régimesliberticides où seule une rébellion active peut mettre fin à la violence. Mais il est vrai, comme l'établit l'auteur,qu'une telle révolte risque toujours de dégénérer en anarchie, ce qui suscitera de la part des pouvoirs leredoublement de la violence pour écraser cette résistance active et contraindre les citoyens à une soumissionsans conditions. L'anarchie favorise par conséquent l'émergence de la tyrannie. Alain précise que la tyrannie, ausens moderne du terme, s'instaure quand le pouvoir a recours à des moyens violents pour anéantir toute formed'esprit critique et rendre impossible toute forme de contestation. L'enjeu philosophique de ce texte consiste à clarifier le sens de concepts fondamentaux de la viedémocratique. Alain montre, contrairement aux idées reçues, qu'il ne faut pas identifier obéissance et soumissionservile ni confondre résistance et rébellion. La saine critique des pouvoirs en place doit se situer au niveau ducombat d'opinions. Néanmoins, si cette thèse est éclairante pour comprendre les exigences d'un Etatdémocratique, elle semble inapplicable dans le cadre de régimes oppressifs, où seule la désobéissance active peutpermettre aux citoyens de recouvrer leur liberté. »

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