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Sextus Empiricus

Publié le 02/11/2009

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Tout ce que nous savons de lui est qu'il vécut aux IIe-IIIe siècles de notre ère, sans doute à Alexandrie et à Athènes. Empiricus veut dire «empirique«, ce qui désignait à l'époque, en fait, un médecin. Il n'est peut-être alors pas étonnant que cet « homme d'expérience « ce médecin des corps se veuille aussi médecin des esprits et en soigne la « maladie « à ses yeux la plus grave : le dogmatisme, l'affirmation gratuite. Tout comme en médecine, il suffit (et il n'y a d'autre moyen) de faire confiance aux sens et à la vie. Ainsi, aucun besoin de recourir aux causes cachées, il suffit d'appréhender la maladie telle qu'elle se donne à voir pour connaître le remède approprié. De même, le scepticisme est refus de toute prétendue science des causes cachées. Tout cela n'est qu'illusion et vanité empêchant l'esprit de fonctionner en paix, en faisant tout bonnement confiance aux sens, à l'expérience, à la vie. Des arguments invoqués par Sextus pour disqualifier la prétention des «dogmatiques« à savoir, à affirmer plus qu'ils ne prouvent, on peut citer la régression à l'infini (toute « preuve « renvoie à une autre «preuve«, comme tout définissant demande lui-même à être défini, et ainsi de suite), la relation (tout est relatif à quelque chose, il n'y a pas d'absolu), l'hypothèse (toute déduction part d'une hypothèse, or aucune hypothèse n'est exclusive d'une autre possible, tout aussi indémontrable, donc rien n'est certain). Il convient donc de suspendre son jugement, de refuser tout jugement qui ne peut être que dogmatique, de constater la relativité de tout phénomène, et partant de s'occuper de lui tel qu'il est empiriquement repérable et négociable. De mener, enfin, l'âme quiète, une vie paisible, au plus près du silence. Ce pragmatisme intellectuel et moral manque sans doute d'assise théorique, mais l'Empirique s'y refusait pour ne pas tomber lui-même dans le travers qu'il dénonçait avec tant de subtilité. Il est par ailleurs, comme nous l'avons déjà signalé, un compilateur scrupuleux de l'épicurisme et du stoïcisme anciens.

« Sextus Empiricus (IIIe siècle apr.

J.-C.) Empiricus qui signifie « homme d'expérience » (empirique) désignait alors un médecin, et Sextus, philosophe grec, l'était.

Il laisse à la postérité une somme des arguments des sceptiques contre la science, Adversus mathematicos (littéralement : « contre ceux qui font profession de savoir »), divisée en deux grandes parties : Contre les Professeurs ou « Savants » (I à VI), Contre les Dogmatiques ou « Philosophes » (VII à XI). L'ensemble a été résumé dans les Hypotyposes pyrrhoniennes ou Esquisses sceptiques (traduites par exemple par Henri Estienne en 1562) et qui devient le livre référence de Montaigne qui honore la « secte sceptique » en la qualifi ant de « plus sage parti des philosophes ». Une nouvelle science Sextus Empiricus veut fonder une science qui repose uniquement sur l'étude des phénomènes et leurs lois de succession.

L'homme ne peut parvenir à la vérité, ni par une connaissance immédiate, ni par une démonstration.

Par exemple, que « démontre » la proposition : il n'y a pas de fumée sans feu ? Pas grand-chose sinon qu'il y a de la fumée, ce signe est dit « commémoratif », il ne signifi e pas qu'il y a du feu.

Il n'existe pas de signe dit « indicatif » : les mouvements d'un corps ne nous amènent pas à conclure à une âme. Le bien et le désir Il n'existe pas de « Bien en soi », le Bien n'est pas une chose, mais se confond avec le désir. L'influence de Sextus Empiricus Outre Montaigne, l'oeuvre de Sextus Empiricus infl uencera Bayle, Montesquieu au XVIIIe siècle et Nietzsche dont le nihilisme radical est une forme exacerbée de scepticisme : « Les Sceptiques sont le seul type honorable parmi la gent philosophique si ambiguë et même à quintuple sens.

» (Ecce Homo, 3 ). Avec ce grand sceptique, la science ne prétend plus savoir et plus elle renonce à comprendre le monde plus elle semble apte à l'utiliser.. »

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