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Suffit-il de voir pour savoir ?

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.. Si nous étions livrés tout entiers à la société c'est du côté du général, de l'utile... que nous chercherions la connaissance ; le monde serait notre convention... «. Pour Bergson l'intelligence scientifique est celle de l'homo faber et de l'homo politicus. Elle découpe le monde en vue de l'utilité collective. Elle est un ensemble de conventions qui réussissent. Bachelard ne nie pas, loin de là cet aspect social de la recherche scientifique. Le savant travaille en équipe, c'est un citoyen de la « cité scientifique «, cité qui exige tout à la fois des travailleurs de plus en plus spécialisés, et en même temps la solidarité de tous ces spécialistes qui forment ce que Bachelard nomme magnifiquement « l'union des travailleurs de la preuve «. Mais la dimension sociale de la science ne nous livre pas la clef du travail scientifique lui‑même.   « La vérité scientifique est une prédiction, mieux une prédication «.

La perception est-elle le seul corrélat de la connaissance, de sorte que toute perception sensible nous apporterait la vérité sur la chose perçue, ou la perception peut-elle être source d’illusions, de sorte que la connaissance passerait par autre chose que les sens ? Le savoir n’est-il pas le fruit d’une construction rationnelle et non pas d’une simple réception passive de choses perçues ? La raison ne doit –elle pas intervenir sur le donné de la perception afin de corriger les illusions et de permettre une connaissance vraie ? De sorte que la perception serait nécessaire comme donné du savoir mais la savoir requerrait une opération plus complexe, prenant pour base le donné perceptif mais allant au-delà de lui.

« [La vision est trompeuse. Les faits ne sont pas toujours ce qu'ils paraissent. Pour vraiment connaître, il est nécessaire de mettre en forme ce que nous percevons à l'aide des concepts de la raison.] La vue est l'esprit doivent être complémentairesDans la Critique de la raison pure, Kant nous montre que les deuxfonctions clés de la connaissance ne donnent rien l'une sans l'autre.«Un concept sans intuition est un concept vide.» «Une intuition sansconcept est une intuition aveugle.» Si l'on veut restaurer la certitude de la science, il faut que sa méthode parvienne à concilier la nécessité rationnelle et le caractèretoujours en partie contingent de l'expérience. Ce sera l'une despréoccupation centrale de Kant . Il s'efforcera de montrer comment les connaissances dignes de ce nom sot toujours le produit d'une rencontreentre les données de l'expérience sensible et le travail conceptuel del'entendement. Ce dernier reçoit de l'extérieur, par le moyen de lasensibilité, une matière des connaissances sur laquelle il opère une miseen ordre conceptuelle dont la nécessité est interne à l'esprit. Parexemple : les relations de causalité s'instaurant nécessairement entreles phénomènes de la nature ne renvoient pas forcément à un ordre deschoses, mais à un ordre nécessaire de leur mode de manifestation ànotre esprit. La connaissance objective ‘est donc jamais connaissancedes choses en soi mais connaissance de l'ordre nécessaire (rationnel)des phénomènes. Très schématiquement, on peut donc dire que Kant échappe ainsi à l'idéalisme du rationalisme pur . La connaissance ne peut exister que dans le domaine de l'expérience possible ; au-delà, la raison « ratiocine », cad qu'elleraisonne à vide, elle outrepasse ses droits, comme le montre la « Dialectique transcendantale » de la « Critique de la raison pure » ; ainsi lorsqu'elle prétend démontrer l'existence d'un créateur qui ne peut être que postulée, car l'expérience n'en est pas possible. Les idées de la raison ont une fonction unificatrice etsystématique ; la raison a également une fonction pratique ; mais c'est quand elle prétend connaître desobjets transcendants (au-delà de l'expérience possible) qu'elle mérite de subir une critique. Mais Kant échappe aussi au scepticisme que semble entraîner l'empirisme : si la source matérielle de nos connaissances réside dans l'expérience, leur forme rationnelle les réinscrit dans l'ordre de lanécessité et de la certitude ; le savant ne produit pas des théories au gré de sa fantaisie. Ces théoriesscientifiques rétablissent un ordre universel de la connaissance, car elles appliquent à la matière del'expérience la forme rationnelle de l'entendement ; il y a donc bien des lois de la nature. Ni idéalisme, niempirisme, le Kant isme laisse cependant subsister un problème redoutable : peut-on se résoudre à ce que la connaissance ne porte que sur des phénomènes, sans que les choses en soi soient jamais accessibles ? Pas d'observation possible sans cadres préalablesest ce que nous disent aussi bien Claude Bernard que Gaston Bachelard: toute observation à prétentionscientifique suppose une construction théorique. Cette théorie est toujours critique et contredit lesapparences. On ne découvre pas la vérité scientifique, on la construit. Le caractère polémique de la connaissance »

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