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Suffit-il pour être soi-même, d'être différent des autres ?

Publié le 07/01/2004

Extrait du document

L'affirmation de soi passe le plus souvent par la recherche d'une identité propre, différente de celle des autres. Mais tous en cela se ressemblent. La prise en compte de l'universalité de l'humaine condition conduit à la vraie richesse intérieure.

Affirmer sa personnalité, c'est s'opposer à tout ce qui n'est pas conforme à elle. Cependant, la différenciation à tout prix ne peut tenir lieu de personnalité. L'être qui n'existe que dans l'opposition à autrui est tout aussi vide que celui qui ne s'oppose à rien parce qu'il n'est rien lui-même. On ne peut devenir soi complètement par référence à autrui. Que faut-il donc ajouter à la simple différenciation des autres pour atteindre son être véritable? Nous essaierons de tracer le chemin résolument personnel par lequel le moi, s'arrachant aux relations qui le lient aux autres, peut entrer en possession de soi. Nous découvrirons que la route qui mène à soi passe encore par autrui. Ce sont donc les relations complexes qui m'unissent aux autres qu'il faut élucider.  

 

La question de l'identité du moi: celle-ci réside-t-elle uniquement et entiérement dans les différences constatées avec les autres, ou cette définition en quelque sorte négative n'est-elle que partielle et appelle-t-elle un complément positif . Si oui lequel ?

  • I) Etre soi-même, c'est se différencier des autres.

a) Etre soi-même c'est être conscient de soi. b) Etre soi-même, c'est être une personne. c) Etre soi-même, c'est être unique.

  • II) Etre soi-même, c'est être conscient de soi comme homme.

a) Etre soi-même, c'est être conscient de soi. b) Je ne suis qu'un élément dans un ensemble. c) Etre soi-même, c'est se sentir exister.

.../...

« hommes.

Pour être moi-même, il faut que je sois différent des autres, mais il faut aussi que je leurressemble.

Chacun est une individualité originale, mais, pour être une personne, il faut être semblable aux autres.] Être soi-même, c'est être conscient de soiOr, être conscient de soi, c'est être conscient de soi comme homme.

Pour être conscient de soi commehomme, il faut avoir été reconnu comme tel par un autre homme.

Donc, pour être soi-même, il faut d'abordêtre comme l'autre, et ce n'est qu'ensuite que l'on peut s'en différencier. Je ne suis qu'un élément dans un ensembleLorsque je m'interroge sur mon être propre, je m'aperçois que je me réduis facilement à n'être que l'élémentd'une catégorie.

L'orgueil de famille, de caste ou de patrie n'est rien d'autre que l'affirmation qu'être soi-même, c'est d'abord appartenir à un groupe et se définir comme ayant, avec les autres et comme eux, lesqualités dont le groupe se targue.

Pour être soi-même, il faut alors être comme les autres. Être soi-même, c'est se sentir existerL'expérience prouve que la plupart des personnes ne se sentent exister que lorsqu'elles sont reconnues par lesautres.

Et, pour être reconnu, il faut être comme tout le monde.

Les sociétés d'enfants (école et terrain dejeu) le manifestent avec évidence.

Elles sont impitoyables pour celui qui n'est pas habillé, bâti comme tout lemonde. [] concevoir son propre accomplissement personnel sur le mode d'une affirmation individualiste, c'estméconnaître la nécessaire solidarité des personnes humaines.

La personne est une valeur en tant qu'elle semanifeste comme étant la même en moi et en l'autre.

C'est pour cela, d'ailleurs, qu'elle doit être défendue.En fait, la distinction entre moi et l'autre n'est pas obligatoire, et, pour le moins tardive, tant dans la vie del'individu que dans l'histoire des cultures.

Comme le fait remarquer Max Scheler dans Nature et formes de lasympathie: «L'homme vit tout d'abord et principalement dans les autres, non en lui-même; il vit plus dans lacommunauté que dans son propre individu».

Autrui est, à la fois, le même et l'autre.

Il y a donc deux façonsde méconnaître l'homme: nier que l'autre soit différent ou nier qu'il soit semblable. SUPPLEMENT: Lacan, après Freud, a raillé le « narcissisme des petites différences », cette recherche à tout prix de lasingularisation.

Mais la différenciation entre les hommes n'est-elle pas un facteur indispensable de la construction deleur identité personnelle ? 1) Selon Hegel, l'être humain est, fondamentalement, désir de reconnaissance : il désire être reconnu par les autrescomme différent, et c'est là le fondement de son individualité.

Celle-ci n'est donc pas donnée d'emblée, mais elleconstitue l'aboutissement d'un processus de différenciation par lequel l'homme se distingue de l'animal (Kojève), puisde l'autre homme.

L'identité personnelle n'existe pas au sens fort du terme : l'homme n'est que relation.(Cf.

Hegel et Sartre) 2) Selon Laruelle, l'homme est, au contraire, d'abord Un ou individu en lui-même : a) le rapport à un Autre est un rapport « non-thétique », ce qui signifie que l'Autre n'est pas posé (« thèse »), oudonné à la conscience comme quelque chose qui pourrait déterminer l'Un, ou individu, « de l'extérieur ». b) La relation de l'Un — c'est-à-dire de chacun de nous — à l'Autre est « unilatérale », au sens où, à la limite,chacun pourrait exister sans Autre. c) La différence n'est donc nullement, ici, le fondement de l'identité : au contraire, celle-ci est « absolue ».. »

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