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Suis-je moi même avec les autres ou contre les autres ?

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Les autres, qui sont au pluriel en tant que communauté humaine à laquelle le moi appartient, sont réduits à n'avoir pour fonction que la pure altérité du moi, autrement dit de n'être plus que l'autre en opposition duquel le moi s'érige dans son identité différentielle. Dans le procès de cette constitution du moi comme identité par opposition à la masse des autres, le moi s'extrait comme individu. L'extraction dans l'opposition implique que le moi du moi-même, pour se saisir dans sa constitution réflexive, doit être contre les autres. Etre contre les autres est, pour le moi qui se veut le même de lui-même, la condition de son identité et de l'évitement du fusionnement avec l'anonymat de la masse.   II. Ambiguïté   De l'extraction que suppose la constitution du moi comme identité en opposition peut naître le désir de la solitude et du retrait [le Zarathoustra du prologue]. Mais solitude et retrait sont également les lieux de la décomposition de la subjectivité dans son identité en tant qu'en eux, comme absolus, se risque le drame de la folie. La limite de la solitude questionne ainsi le statut du contre à partir duquel le moi se constitue comme même. L'opposition, pour être différentielle, ne peut être absolue. Le pluriel des autres déjà signale leur irréductibilité à l'altérité radicale et de principe [Levinas].