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Y a-t-il des préjugés indéracinables ?

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Préjugé. Ce qui est jugé d'avance, c'est-à-dire avant qu'on se soit instruit. Le préjugé fait qu'on s'instruit mal. Le préjugé peut venir des passions ; la haine aime à préjuger mal ; il peut venir de l'orgueil, qui conseille de ne point changer d'avis ; ou bien de la coutume qui ramène toujours aux anciennes formules ; ou bien de la paresse, qui n'aime point chercher ni examiner. Mais le principal appui du préjugé est l'idée juste d'après laquelle il n'est point de vérité qui subsiste sans serment à soi ; d'où l'on vient à considérer toute opinion nouvelle comme une manoeuvre contre l'esprit. Le préjugé ainsi appuyé sur de nobles passions, c'est le fanatisme." ALAIN Définition générale du préjugé: Préjuger, c'est tenir une idée vraie, affirmer ou nier une opinion, avant tout examen attentif, avant toute étude réelle.Conséquence: puisque le préjugé se présente à l'esprit comme une idée vraie, il rend difficile la recherche, l'effort pour s'instruire, qui paraissent alors inutile. Origine du préjugé: a) Alain discerne plusieurs causes possibles:* les passions (la haine par exemple fait qu'on juge réellement mauvais celui qu'on hait, parce qu'on le hait; l'amour, à sa façon, rend également aveugle). * l'orgueil (qui rend difficile toute mise en question de ce qu'on croit).

« 2) Les obstacles à la science sont des préjugés. Selon Bachelard dans la Formation de l'esprit scientifique : « L'idée de partir de zéro pour fonder et accroître son bien ne peut venir que dans des culturesde simple juxtaposition où un fait connu est immédiatement une richesse.Mais devant le mystère du réel, l'âme ne peut se faire, par décret, ingénue. Ilest alors impossible de faire d'un seul coup table rase des connaissancesusuelles. Face au réel, ce qu'on croit savoir clairement offusque ce qu'ondevrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l'esprit n'estjamais jeune. Il est même très vieux, car il a l'âge de ses préjugés. Accéder àla science, c'est, spirituellement, rajeunir, c'est accepter une mutationbrusque qui doit contredire un passé. » Et : « Un obstacle épistémologiques'incruste sur la connaissance non questionnée. Des habitudes intellectuellesqui furent utiles et saines peuvent, à la longue, entraver la recherche. «Notre esprit , dit justement M. Bergson a une irrésistible tendance à considérer comme plus claire l'idée qui lui sert le plus souvent. » L'idée gagne ainsi une clarté intrinsèque abusive. A l'usage, les idées se valorisent indûment. Une valeur en soi s'oppose à la circulation des valeurs, C'est unfacteur d'inertie pour l'esprit. » Cette opinion est formé par l'habitude,l'éducation, elle est renforcée par la facilité. Or la science n'a rien de facile etd'immédiat car elle est construite, rien ne nous ait donné dans une première expérience. La pensée scientifique est une difficulté vaincue, un obstacle surmontée. Aussi, comme pour Descartes,Bachelard reconnaît que les préjugés sont la réalité première de l'âme humaine, mais qu'ils sont réductibles, qu'onpeut les vaincre, et qu'il est même nécessaire de les vaincre pour faire progresser la connaissance. Certes, il seraitillusoire de croire que tous ces préjugés soient déracinables, mais il n'y en a pas qui soient potentiellementindestructibles. Le préjugé social, est-il indéracinable ? Les préjugés raciaux représentent effectivement un cas privilégié, où les comportements et opinions sontdéterminés par des dispositions internes qui forment une sorte d'écran entre l'individu et la réalité sociale. Sur leplan de la représentation, le préjugé assume une fonction de simplification. Il fournit des catégories tranchées quipermettent de classer les personnes et leurs comportements, d'expliquer simplement ces comportements (« ce n'estpas étonnant qu'il agisse ainsi, puisqu'il est juif »), de juger de ces comportements selon « le principe du moindreeffort ». En outre, le préjugé a une fonction d'intégration sociale : il me permet de me sentir d'autant plus proche decertains groupes que j'en rejette d'autres. En effet, l'antisémite a tendance à être conformiste, c'est-à-dire àaccepter sans discussion les valeurs reçues, caractéristiques des classes moyennes. Il a, en outre, tendance àconcevoir les rapports personnels en fonction des catégories d'autorité et d'obéissance, à souligner le respect dû àl'autorité, à opposer brutalement le bien au mal, à énoncer que l'action d'autrui est guidée par l'égoïsme et lecynisme, etc. Au niveau social, les préjugés sont plus des stéréotypes. On a souvent fait de ces deux termes lesdeux aspects, l'un conceptuel et l'autre affectif, d'un même phénomène. Plus précisément, le préjugé inclut lestéréotype comme une de ses formes d'expression. Mais l'un désigne avant tout une attitude, l'autre une structured'opinion. « Le stéréotype se suffit à lui-même. Il ne supporte ni modification, ni rationalisation, ni critique ; il estabsolument rigide. » Contrairement au préjugé qui peut n'intéresser qu'un aspect particulier de sa victime, il faitdisparaître celle-ci « derrière sa caricature ». Le préjugé admet des contestations parce qu'il reste quelque chose devivant ; mais « le modèle archaïque, lui, est comme mort ». Le caractère « pétrifié » des stéréotypes apparaîtmieux lorsqu'on considère leurs effets sur la perception et les souvenirs des sujets. Une enquête fut réalisée auxÉtats-Unis, qui consistait à présenter à un certain nombre d'individus l'image d'un Noir et d'un Blanc, ce derniertenant à la main un rasoir. Lorsque, par la suite, ils eurent à décrire l'image perçue, les Blancs finirent par dire quec'était le Noir qui portait un rasoir conformément au stéréotype courant qui fait du Noir américain un être violent etagressif. Aussi, on comprend que les stéréotypes sont bien plus profondément ancrés dans la vie psychique desindividus. Ces préjugés bien qu'ils soient inactifs dans notre vie de tous les jours, nous en avons encoreconnaissance, ils forment des images de l'inconscient collectif, susceptible de ressurgir à tout moment et d'êtreinstrumentalisé. Hitler s'est servi de l'image des juifs ancrée profondément dans l'inconscient collectif pour perpétrerles horreurs qu'il a commis. A nous, de comprendre que ces images culturelles ne sont que des images et despréjugés, et d'en être à distance, de les rendre inactifs. Conclusion. On ne pourrait nommer en particulier des préjugés indéracinables. C'est l'existence même des préjugés qui est uneréalité humaine indéracinables. L'homme ne peut arriver l'esprit vierge face à n'importe quels phénomènes naturelsou sociaux. On peut écarter ces préjugés par un certain recul critique, par une méthode et une certaine ascèsepour voir la vérité effective de la chose. Aussi, les préjugés sociaux sont les plus tenaces, ce sont de véritablesstéréotypes auxquels les individus eux-mêmes tendent à se conformer par corporatistes, esprit de clan, peur de lasolitude sociale ou souci d'originalité, attitudes qui sont bien sûr évitables mais qui peuvent nous conditionner ànotre insu. A nous de rendre conscient ce conditionnement et d'en démêler les ressorts. »

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