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Jacques Lacan : la dimension symbolique

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C'est en tant que signifiants, aussi hien, qu'elles sont soumises au refoulement ou aux divers processus de défense constitutifs de l'inconscient. « L'inconscient «, écrit Lacan, « est cette partie du discours concret, en tant que transindividuel, qui fait défaut à la disposition du sujet pour rétablir la continuité de son discours conscient «. Ou encore : « L'inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou occupé par un mensonge: c'est le chapitre censuré. Mais la vérité peut être retrouvée ; le plus souvent déjà elle est écrite ailleurs. Elle est écrite par exemple dans le symptôme hystérique, qui montre la structure d'un langage et se déchiffre comme une inscription qui, une fois recueillie, peut sans perte grave être d,étruite... «.

« 172 inégalement, ainsi que d'autres éléments du contexte, conspi­ raient à donner à ce chapeau une telle signification. Dans ce dernier exemple, le lecteur mal convaincu verra peut-être un témoignage de la propension hien connue des psychanalys­ tes à voir partout des symboles sexuels, mais la notion même qu'il se fait du symbole n'en sera pas déconcertée. De tels exemples, dans leur banalité. ne nous semblent pas à première vue d'un grand secours pour saisir l'importance de la dimension symbolique. C'est qu'ils ne correspondent qu'à un aspect limité d'une fonction symbolique que l'on pourrait définir, de la façon la plus large, par la capacité de représen­ ter quelque chose (la fidélité, l'appareil génital) par autre chose (le chien, le chapeau). On peut dire de cette capacité qu'elle est le propre de l'homme, même si des rudiments en sont observables chez certains animaux. C'est elle qui permet l'accès au langage, c'est-à-dire à un système de signes, vocaux ou graphiques, chargés de représenter ce dont nous désirons parler. Si nous voulons marquer les différences qui séparent les divers types de symboles mentionnés jusqu'ici, nous pouvons dire que, dans un premier type (chien-fidélité), le rapport entre les deux termes n'est pas arbitraire ; il repose sur une constatation vérifiée ou admise par un grand nombre d'indi­ vidus ; dans un second type (chapeau-organe génital) le symbole est librement créé par le rêveur, en fonction de liens associatifs qui lui sont propres, et son usage est souvent limité à tel rêve particulier ; le fait que certains symboles utilisés dans les rêves soient communs à divers rêveurs, au point qu'on ait pu en dresser un répertoire, et parler d'archétypes, indique qu'il existe des voies associatives privilégiées, que suivent parallèlement beaucoup de rêveurs, et les rapproche du pre­ mier type, mais ne contredit pas leur caractère foncièrement individuel. Dans le symbole linguistique, le rapport entre le signe »

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