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Les psychothérapies sont-elles efficaces ?

Publié le 22/02/2012

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L'évaluation des psychothérapies est un thème particulièrement délicat à aborder et qui a suscité une importante polémique en France il y a quelques années. En 2004, l'Inserm(Institut national de la santé et de la recherche médicale) publiait la première synthèse française d'évaluation des psychothérapies, démarche déjà effectuée depuis de nombreuses années dans divers pays1. Il s'agissait d'un rapport effectué à la demande de la direction générale de la santé et de deux associations de patients, l'Unafam et la Fnapsy. Huit experts (psychiatres, psychologues, épidémiologistes et biostatisticiens) ont analysé, durant plus d'une année, environ mille articles issus de la littérature scientifique internationale. Seize troubles ont été pris en compte et trois thérapies évaluées, ce qui a donné les résultats suivants : • thérapies comportementales et cognitives : efficaces dans quinze troubles ; • thérapies familiales : efficaces dans cinq troubles ; • thérapies d'inspiration psychanalytiques (également qualifiées de psychodynamiques) : efficaces dans un trouble (troubles de la personnalité). Prenons, par exemple, le cas de la dépression. Pour les troubles dépressifs d'intensité légère ou moyenne, traités en ambulatoire, les thérapies cognitives sont plus efficaces que les traitements antidépresseurs. Les thérapies psychodynamiques n'ont pas montré une efficacité équivalente à celles des thérapies cognitivocomportementales. Pour les troubles dépressifs majeurs chez des patients hospitalisés sous antidépresseurs, les thérapies cognitivo-comportementales sont efficaces. Les études contrôlées comparant approches psychodynamique et cognitivo-comportementale concluent à la supériorité de la seconde. Par ailleurs, dans toutes les études analysées par cette expertise, il n'a pas été relevé d'apparition de nouveaux symptômes venant se substituer à court ou long terme à ceux pris en charge par la thérapie, quels que soient la thérapie ou le trouble examinés.

« principalement d'examiner les diverses méthodes d'évaluation disponibles. En fait, l'évaluation est nécessaire, comme le reconnaissent de plus en plus de spécialistes, toutes approches thérapeutiques confondues, ne serait-ce que parce qu'il est légitime et éthique qu'une personne en souffrance bénéficie d'une aide efficace. Personne n'envisagerait aujourd'hui de faire des saignées, méthode longtemps pratiquée, mais qui a fait beaucoup plus de mal que de bien.

Pourquoi en serait-il autrement avec la souffrance psychique ? La présence d'un groupe contrôle est un aspect important de l'évaluation, comme le montre l'exemple de la thérapie du deuil.

Certaines études réalisées sans groupe contrôle ont semblé mettre en évidence une amélioration de la santé psychique des personnes ayant perdu un proche (réduction de la dépression, de l'anxiété et des symptômes psychiatriques).

Mais l'absence de groupe contrôle empêche de différencier les améliorations dues à l'intervention et celles attribuables au processus normal de rétablissement survenant avec le passage du temps, notamment grâce au soutien de la famille et des amis.

Seules les études avec groupe contrôle permettent de faire ressortir l'impact spécifique de la thérapie.

Une synthèse a rassemblé les résultats de toutes les études scientifiques de thérapie du deuil publiées entre 1975 (année de la première recherche de ce type) et 1998, soit vingt-trois recherches concernant environ mille six cents personnes ayant vécu une large diversité de pertes (époux(se), enfant, autres membres de la famille)2.

Elle conclut que « non seulement le bénéfice tangible de la thérapie du deuil est petit, mais son risque de produire une dégradation iatrogénique des problèmes est élevé d'une manière inacceptable.

[...] La thérapie du deuil pour le deuil normal est difficile à justifier ». De nos jours, les psychanalystes français adoptent des positions très diverses à l'égard de l'évaluation.

Prenons deux perspectives extrêmes.

Selon Jacques- Alain Miller, l'évaluation est une « méthode perverse » fondée sur la « terreur conformiste » et qui « est dans le monde contemporain ce que j'ai vu qui ressemble le plus à une secte3 ».

À l'autre extrême, Jean-Michel Thurin est un fervent partisan de la nécessité de l'évaluation.

Il critique cependant les études d'évaluation actuelles, de type « randomisées contrôlées » et propose divers autres instruments forgés par des psychanalystes : « L'objectif est maintenant de réaliser des études qui, d'une part, correspondent aux conditions du monde réel et qui, d'autre part, sont susceptibles de répondre aux questions qui se posent dans la pratique avec une qualité méthodologique du même ordre que celle obtenue en laboratoire1.

» 2.

L'ALLIANCE THÉRAPEUTIQUE ENTRE LE PATIENT. »

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