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Dom Juan, comédie ou tragédie ?

Publié le 03/01/2021

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Dom Juan, comédie ou tragédie ? Une comédie doit susciter le rire et se terminer par une fin heureuse. Or Dom Juan, qui est donnée comme une comédie par Molière, se termine par la mort du personnage principal qui, même s’il est condamnable moralement, a quelque chose de fascinant pour le spectateur. Ce dernier peut donc s’apitoyer devant châtiment qu’il subit. Par ailleurs, on sait que Molière avait renoncé à son désir de jouer des tragédies devant l’échec rencontré et le succès qu’il avait dans le registre comique. ? Dom Juan est-elle une tragédie déguisée en comédie? Rappel : Comédie classique Tragédie classique Sujet Quotidien, ordinaire. Noble, élevé (ex. : la passion amoureuse, le devoir, Défauts tels que l’avarice… l’héroïsme, la fatalité) Dénouement Heureux. Malheureux. But recherché Amuser tout en faisant Inspirer « terreur et pitié » afin de « purger les passions » réfléchir. (Catharsis) Terreur devant les effets dévastateurs de la passion. Pitié pour le personnage qui affronte son malheur dignement. Type de personnages Bourgeois, hommes du Personnages mythologiques, princes, personnages de peuple. Personnages sans haut rang. grandeur. Langage Courant voire familier. Soutenu. Bienséances Possibilité d’évoquer les Ne montrer que les soucis de l’âme et du cœur. Ne pas réalités du corps ou de représenter ce qui pourrait choquer le public (la mort par manger sur scène. exemple.) I. Les aspects trag...
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« II. Dom Juan reste tout de même une comédie.  Comique de caractère : → Airs prétentieux de Sganarelle alors qu’il tient des discours absurdes (I, 1 : le tabac rend « honnête homme », expressions pédantes telles que « Quoi que puisse dire Aristote et toute la Philosophie », « inter nos » = entre nous). Sganarelle croit tenir des discours conformes à la religion catholique alors qu’il met sur le même plan Dieu et les croyances populaires, les superstitions : « un hérétique qui ne croit ni Ciel, [ni saint, ni Dieu,*] ni loup -garo u » (I, 1).(*passage censuré) → La pleutrerie ( = lâcheté) et la grossièreté de Sganarelle, qui Sganarelle prétexte une diarrhée subite (« je crois que cet habit est purgatif ») pour justifier sa fuite devant le danger, ou qui n’arrive plus à articuler un mot devant la statue (III, 5). → Gourmandise de Sganarelle qui tente de dissimuler le morceau qu’il a mis dans sa bouche. (IV, 7).  Comique verbal : → Acte II : Parler paysan de Pierrot, Charlotte et Mathurine. → V, 2 : Sganarelle, outré par le masque de faux dévot que vient de prendre Don Juan, se lance dans une tirade sans queue ni tête. → IV, 3 : Don Juan dit à Monsieur Dimanche qu’ « Il n’y a rien au monde qu’ [il] ne fisse » pour lui, « Et cela sans intérêt » (jeu de mot).  Comique émanant de l’i ronie dont fait preuve Don Juan à l’égard des autres pers : → I, 2 : Don Juan feint de na pas comprendre ce qu’il peut y avoir de répréhensible dans sa conduite : A Sganarelle qui s’indigne de le voir se « marier tous les mois », Don Juan répond « Y a -t-il rien de plus agréable ? » → I, 3 : La réponse de Don Juan au discours de Done Elvire fait retomber la pièce dans le genre comique : le spectateur s’amuse de l’embarras de Sganarelle qui doit justifier son départ à la place de son maître. → III, 4 : Don Juan laisse Don Alonse et Don Carlos se disputer longuement quant à la décision qu’ils se doivent de prendre (lui laisser ou non la vie sauve, puisqu’il vient de sauver Don Carlos d’une embuscade), et conclut ironiquement : « Je n’ai rien exigé de vous, et vous tiendrai ce que j’ai promis ». C’est une façon de leur faire sentir qu’ils sont ridicules de s’encombrer l’esprit de tous ces raisonnements et scrupules. → IV, 4 : Don Juan répond à la tirade moralisatrice de son père Don Louis : « Monsieur, si vous étiez assis, vous en seriez mieux pour parler ».  Comique gestuel (comique de farce) : Don Juan donne 4 gifles de suite à Pierrot venu s’interposer entre Charlotte et lui ; Sganarelle venu défendre Pierrot prend une gifle à sa place (II, 3) ; il tombe de son cheval, alors qu’il s’était lancé dans un long discours « élevé » pour prouver l’existence de Dieu (III, 1).  Comique de situation : II, 2 : Don Juan fait tourner Charlotte sur elle -même pour vanter ses charmes, mais se moque de sa naïveté : il lui fait « ouvr [ir] les yeux entièrement », montrer les dents, … II, 4 : Don Juan entre les deux paysannes, parvenant à maintenir le quiproquo jusqu’à la fin. IV, 3 : Don Juan interrompt sans cesse Monsieur Dimanche afin de l’empêcher de lui réclamer de l’arg ent et lui pose des questions sur la santé de sa famille, de son chien... Monsieur Dimanche se trouve donc contraint de le remercier ! (« Monsieur, vous avez trop de bonté pour moi »).  La fin de la pièce ne se clôt pas sur la mort de Don Juan mai s sur l’intervention de Sganarelle, ce qui allège l’atmosphère : l’apparent égoïsme de Sganarelle qui réclame ses gages, et trouve lieu de se plaindre lui -même, fait retomber la pièce dans une atmosphère comique. »

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