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Commentaire William Shakespeare de Victor Hugo

Publié le 21/07/2010

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Le texte étudié est un extrait de l’ouvrage William Shakespeare du grand écrivain romantique Victor Hugo. Ce dernier est notamment l’auteur de grands classiques tels que Hernani en 1830, Les Misérables en 1862 ou encore Le dernier jour d’un condamné en 1829. William Shakespeare a été écrit en 1864, et était censé être à l’origine une biographie sur le dramaturge anglais. Mais emporté par son style, Hugo n’a pas réussi à tenir cet objectif, et l’ouvrage est devenu un manifeste pour le romantisme de plusieurs centaines de pages, dans lequel il dresse une liste des génies de la littérature. Dans cet extrait, c’est la grande tragédie Othello qui est étudiée. Un portrait sombre y est dressé, les personnages sont noirs, soit physiquement comme Othello, ou bien moralement comme Iago. Il fait un remarquable contraste entre la nuit incarnée essentiellement par Othello et le jour qui est représenté par Desdémone « la nuit est amoureuse du jour «. Dans ce commentaire nous montrerons dans une première partie en quoi cet extrait est caractéristique du romantisme, et dans un deuxième temps, nous développerons le contraste entre l’ombre et le jour.    Lorsqu’on lit ce texte, ce qui saute aux yeux, c’est qu’il est absolument complètement romantique. On comprend tout de suite que ce soit un manifeste pour ce genre. Et pour justifier cela, la première chose que l’on peut noter, c’est l’apport massif en figures de style.  On le ressent dès le début avec un Othello sublimé par nombre d’hyperboles telles que « il est au dessus de toutes les têtes « ou encore « il est plein d’astres cet Othello «. Le héros est dans l’extrait bien plus que le grand guerrier que l’on voit dans la pièce, il est désormais dans une dimension supérieure, pas loin de la déification. Et le sublime est on ne peut plus caractéristique du genre romantique. Tout ce qui concerne Othello est mélioratif, le grandit « il est majestueux, il est Auguste, … «. Les adjectifs sont tous là pour le grandir encore plus qu’il ne l’est déjà. Mais à chaque grandiose élévation d’Othello, il y a une chute qui le fait passer six lieues sous terre. cependant, il ne revient qu’à la condition d’homme, mais après la suite de louanges, le choc est incroyablement puissant. Toujours la fatalité. Tu n’es qu’un homme, et quels que soient les actes que tu accomplisses, tu restes un homme. Cette chute est « mais il est noir «, tout simplement. Il est « rabaissé « au rang d’homme, mais en plus au rang de noir, qui en ces temps la correspond à une grande fatalité. Et après cette claque, Hugo ne s’arrête pas et le rend le personnage auparavant sublimé nègre, monstre.  Dans une deuxième partie du texte, l’auteur porte sa plume en direction de Iago. Homme qui après les incarnations du jour et de la nuit est celle du mal. Forme de l’ombre. Il forme un couple sombre avec Othello qui lui-même en forme un avec Desdemone (le couple jour-nuit). Cette partie est marquée par une autre figure de style, qui est elle aussi l’une des bases du romantisme : la métaphore. Il fait la comparaison des deux personnages sombres, mais nous fait vite comprendre que le mauvais entre les deux, c’est Iago. Le champ lexical de l’infirmité est aussi utilisé pour montrer la supériorité du traître par rapport au noir. L’auteur romantique nous inspire ainsi une certaine pitié envers Othello qui n’est en fait qu’un pauvre homme manipulé par un psychopathe.    Dans cet extrait, une idée prédomine. C’est le contraste entre l’ombre et le jour « la nuit est amoureuse du jour. La noirceur aime l‘aurore. L‘africain adore la blanche. «, on peut même dire l’opposition entre l’ombre et le jour. L’ombre est doublement représenté, par la nuit, et par le mal. La nuit et le mal sont considérés par Hugo comme les deux formes de l’ombre. Ces deux moitiés de l’ombre sont chacune représentées par un personnage. La nuit est représentée par Othello « . Il représente cette nuit malgré lui du fait de sa couleur de peau. Quant au mal, il est représenté par Iago, celui qui va être la cause de la mort de quatre personnages durant la pièce. De son côté, le jour est incarné par Desdemone, qui reste innocente jusqu’à son dernier souffle. Progressivement, l’ombre l’emporte sur le jour. Cela peut paraître logique car en ne considérant que ces trois personnages, l’ombre est numériquement supérieur. Au départ, Othello peut même être considéré comme une incarnation de la lumière, avec sa gloire et sa réussite « il est grand, il est Auguste, il est majestueux, il est au dessus de toutes les têtes, il a pour cortège la bravoure, la bataille, la fanfare, la bannière, la renommée, la gloire, il a le rayonnement de 20 victoires, il est plein d’astres cet Othello… « mais il est fatalement condamné à l’obscurité du fait de sa couleur de peau « …il est plein d’astres cet Othello, mais il est noir «. Et progressivement, la lumière diminue. Elle réduit jusqu’à disparaître complètement. Et ce n’est pas une arme ou quoi que ce soit qui soit destiné à donner la mort qui tue la dernière source de lumière, mais un oreiller. On s’endort sur l’oreiller et l’oreiller endort. La mort est assimilée au sommeil par Hugo « tuer c’est endormir «. L’obscurité tue la lumière en douceur. C’est une double jalousie qui créé cette obscurité. D’abord, la gloire d’Othello qui a tout pour lui, sauf comme on l’a déjà dit, sauf sa couleur de peau. Cette quasi perfection prolifère autour de lui une forte jalousie et lui créé des rivaux (comme Cassio, mais qui n’est pas vraiment volontairement son rival) et de grands jaloux. Cet homme jaloux, c’est Iago. Cette jalousie le rend mauvais. Il devient d’une grande cruauté, et son seul réconfort est de semer la mort sur son passage, ainsi que la douleur. Et il y arrive à la perfection. Il rend Othello mauvais avec ses histoires d’adultère et fait du héros un homme non plus sombre seulement par son physique, mais aussi par sa mentalité. Ainsi, c’est à ce moment que le mal, l’ombre, atteint son apogée. Ce mal double est plus fort que jamais et la lumière Desdémone ne peut absolument rien faire pour sa défense. La fatalité est plus grande que jamais à ce moment là, et causera la fin de la pièce.    Avec tous ces éléments, on peut donc conclure que cet extrait de William Shakespeare est bien un texte on ne peut plus romantique de part le contenu moral et les figures de style. Hugo fait de plus une magnifique opposition entre l’ombre et le jour, l’ombre se décomposant en deux parties qui sont la nuit et le mal. Ainsi deux couples sont formés : le couple jour-nuit et le couple nuit-mal.

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