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Manifeste fondateur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes

Publié le 04/04/2013

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 (1934)

Le 6 février 1934, les ligues d’extrême droite démontrent leur force devant l’Assemblée nationale. Après l’Italie et l’Allemagne, le péril fasciste semble soudain menacer la France et des intellectuels de tous horizons se regroupent pour y faire face. L’anthropologue Paul Rivet, le philosophe Alain et le physicien Paul Langevin publient le manifeste fondateur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA), « Aux travailleurs «, le 5 mars 1934. Accompagnant la victoire du Front populaire, le CVIA rassemble quelques milliers d’adhérents jusqu’en 1939. Rapidement, il apparaîtra comme une caisse de résonance des débats qui se cristallisent autour de l’attitude à adopter à l’égard des États fascistes, posant la question du lien entre pacifisme et antifascisme.

Manifeste fondateur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (1934)

 

[…] Unis par-dessus toute divergence, devant le spectacle des émeutes fascistes de Paris et de la résistance populaire qui, seule, leur a fait face, nous venons déclarer à tous les travailleurs, nos camarades, notre résolution de lutter avec eux pour sauver contre une dictature fasciste ce que le peuple a conquis de droits et de libertés publiques. Nous sommes prêts à tout sacrifier pour empêcher que la France ne soit soumise à un régime d’oppression et de misère belliqueuse. Nous flétrissons l’ignoble corruption. Nous lutterons aussi contre l’imposture. Nous ne laisserons pas invoquer la vertu par les corrompus et les corrupteurs. La colère que soulèvent les scandales de l’argent, nous ne la laisserons pas détourner par les banques, les trusts, les marchands de canons contre la République, contre la vraie République qui est le peuple travaillant, souffrant, pensant et agissant pour son émancipation. Nous ne laisserons pas l’oligarchie financière exploiter, comme en Allemagne, le mécontentement des foules gênées ou ruinées par elle. Camarades, sous couleur de révolution nationale, on nous prépare un nouveau Moyen Âge. Nous, nous n’avons pas à conserver le monde présent. Nous avons à le transformer, à délivrer l’État de la tutelle du grand capital, en liaison intime avec les travailleurs. Notre premier acte a été de former un Comité de Vigilance qui se tient à la disposition des organisations ouvrières. Que ceux qui souscrivent à nos idées se fassent connaître. […] Source : Fohlen (C.), Suratteau (J. R.), Textes d’histoire contemporaine, Paris, SEDES, 1967.

 

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