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Marshall, plan

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1   PRÉSENTATION

Marshall, plan, programme d'aide financière, élaboré par le secrétaire d'État américain George Marshall et proposé le 5 juin 1947, sous le nom de European Recovery Program (Programme de reconstruction européenne), dont l'objectif était d'aider à la reconstruction des pays européens dévastés par la Seconde Guerre mondiale.

2   UNE AIDE MASSIVE POUR RECONSTRUIRE L’EUROPE

Après la guerre, la production agricole et minière a presque cessé en Europe et une grande partie de la population est menacée par la pénurie de denrées alimentaires. De plus, les Européens souffrent du manque de dollars (dollar gap), ce qui les empêche d'acheter aux États-Unis les matériaux et les biens d'équipement nécessaires à la reconstruction économique.

Aussi, le 5 juin 1947, George Marshall prononce un discours à l'université Harvard, où il annonce la nécessité d'une aide envers l'Europe : « Il est nécessaire d'envisager une aide supplémentaire […] sous peine de s'exposer à une dislocation économique, sociale et politique très grave. « Ce discours s'inscrit dans la politique américaine exprimée à travers la doctrine Truman, dont l'objectif est d'aider les États à se protéger du communisme — politique de « containment «. Même si, au départ, l'aide américaine est proposée à tous les pays d'Europe (y compris l'URSS et les États communistes), elle est cependant destinée prioritairement aux nations non communistes et est un exemple de la volonté américaine de se tourner en direction de l'Europe. À cette volonté idéologique et politique, il faut ajouter une raison économique : l'Europe représente en effet un marché prometteur ; or, à cause du dollar gap, les États européens risquent de ne plus importer et les États-Unis de se trouver face à une crise de surproduction, ne pouvant plus écouler leurs marchandises.

3   LE REFUS SOVIÉTIQUE

Les ministres des Affaires étrangères français (Georges Bidault), britannique (Ernest Bevin) et soviétique (Viatcheslav Molotov) se réunissent à Paris du 27 juin au 2 juillet 1947, pour discuter de l’offre américaine. Face aux conditions proposées (les États-Unis prônant une coopération totale), l'Union soviétique refuse ce plan au nom de la préservation de sa souveraineté nationale, entraînant dans son refus la Tchécoslovaquie, la Pologne et les autres pays d’Europe de l’Est.

Une seconde conférence se tient alors à Paris, à partir du 12 juillet 1947, réunissant 16 nations d'Europe de l'Ouest (France, Royaume-Uni, Italie, Portugal, Irlande, Grèce, Pays-Bas, Islande, Belgique, Luxembourg, Suisse, Turquie, Autriche, Danemark, Suède, Norvège) auxquelles s’ajoute la République fédérale d’Allemagne après sa création en 1949 ; le rapport ratifiant le projet est signé le 22 septembre. Le programme de reconstruction prévoit notamment la stabilisation des monnaies, l’augmentation de la production et le renforcement de la coopération économique.

En réaction au plan Marshall, l'Union soviétique décide la création du Kominform, le Bureau d'information communiste, en septembre 1947, qui a pour objectif d'harmoniser les politiques des partis communistes des États d’Europe de l'Est, ainsi que celles des partis communistes français et italien.

4   LA CRÉATION DE L’OECE

L'assistance économique des Américains se limite donc aux nations d'Europe occidentale ; massive et sous la forme pour l’essentiel de dons, le reste étant des prêts à long terme, elle se concrétise par l'institution d'organismes administratifs communs. L'Administration pour la coopération économique distribue les crédits et l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) se charge de les dépenser. En 1961, l'OECE est remplacée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui élargit le champ de coopération entre ses divers membres.

Le Congrès des États-Unis vote le programme d'aide, le 2 avril 1948, et distribue plus de 13 milliards de dollars, répartis sur quatre ans. Les crédits les plus importants sont versés à la Grande-Bretagne (26 p. 100), la France (22 p. 100), l'Italie et la République fédérale d’Allemagne (11 p. 100). Quand les tensions de la guerre froide s'intensifient en 1949, les fonds servent de plus en plus à financer les dépenses militaires, au détriment de la reconstruction industrielle. Surtout, s’accompagnant sur le plan politique de l’isolement des partis communistes dans les pays d’Europe occidentale, le plan Marshall, s’il a contribué au redressement économique de nombreux pays, a également renforcé la coupure entre les pays capitalistes et les pays communistes en Europe, coupure qui allait être au centre de la guerre froide.

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