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Saladin

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1   PRÉSENTATION

Saladin (1138-1193), sultan ayyubide d'Égypte (1171-1193) et de Syrie (1174-1193).

L’historiographie arabe, ainsi que celle d’Occident, a immortalisé Saladin comme un modèle de vertu chevaleresque. Fondateur de la dynastie ayyubide, il a restauré un pouvoir musulman unificateur autour de son sultanat avant de mener avec succès la guerre sainte (le djihad) contre les chrétiens d’Orient.

2   LE RASSEMBLEUR DE L’ISLAM

Né à Takrit, en Mésopotamie (aujourd'hui en Irak), Salah al-Din Yusuf al-Ayyubi — appelé Saladin par les Occidentaux —, est d’origine kurde, de la tribu de Rawadiyah. Très jeune, il quitte avec sa famille sa région natale pour s’installer en Syrie où son père Ayyub et son oncle Chirkuh vont servir Nur al-Din, l'atabeg d'Alep. Entre 1164 et 1169, Saladin se distingue au cours de trois expéditions organisées par ce dernier, afin de protéger le califat fatimide décadent d'Égypte contre les attaques des croisés chrétiens établis en Palestine.

2.1   Saladin, sultan d’Égypte

En mars 1169, après la mort de son oncle Chirkuh, Saladin succède à ce dernier au poste de vizir du calife fatimide du Caire. Musulman sunnite dans un État chiite ismaélien, il a pour mission première d’empêcher l’Égypte de tomber entre les mains des croisés chrétiens. Cependant, rapidement, le nouveau vizir s’applique également à ramener le pays sous la tutelle abbasside, considérant l'Égypte comme une base politique ayyubide et s'appuyant, pour ce faire, principalement sur le soutien des siens, les Kurdes. Durant trois années, il réforme en profondeur le pays : il démet les juges chiites au profit de sunnites et fait construire des universités dispensant un enseignement de même confession (les medersas), tout en relançant l'économie et en réorganisant l'armée.

En septembre 1171, Saladin renverse le régime fatimide en détrônant le calife al-Adid ; il se proclame alors sultan tout en se plaçant sous l’autorité (nominale) du calife abbasside Nur al-Din. Célébré dès lors comme le garant de l’orthodoxie, Saladin restaure officiellement le sunnisme en Égypte où il institue un enseignement coranique unifié.

2.2   Saladin, sultan d’Égypte et de Syrie

Après la mort de Nur al-Din en mai 1174, dans la perspective de réunir en un seul État les terres éparses de l'islam — qui lui a déjà fait entreprendre la conquête de l'Arabie méridionale — Saladin étend son pouvoir sur la Syrie et le nord de la Mésopotamie, en éliminant le cas échéant ses rivaux musulmans. Le 25 novembre 1174, il entre dans Damas, capitale de la Syrie.

À la suite de la soumission de Damas, les villes d'Alep (1183) et d'Al-Mawsil (1186) tombent sous le joug ayyubide. Les territoires de Saladin encerclent désormais les États chrétiens de Palestine, fondés quelque soixante-quinze ans plus tôt. Fort de cet avantage, Saladin, à la tête de nombreuses armées musulmanes, se prépare au djihad, au combat contre tous les chrétiens d’Orient.

3   UN CHEVALIER DU DJIHAD
3.1   La conquête de Jérusalem

En mai 1187, Saladin, à la tête d’une immense armée, envahit le royaume latin de Jérusalem. Le 4 juillet, ses forces triomphent des Francs à la bataille de Hattin (près du lac Tibériade, en Galilée). Si le roi Gui de Jérusalem et quelques-uns de ses chevaliers ont la vie sauve pour s’être rendus, quelques centaines de soldats Templiers et Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem sont décapités à proximité du champ de bataille. Dans le sillage de cette victoire, Saladin s'empare de la plupart des forteresses chrétiennes, y compris de Jérusalem qui, après douze jours de siège, se rend sans effusion de sang le 2 octobre. La prise de la ville sainte a un grand retentissement dans les mondes musulman et chrétien. Dès le 29 octobre de la même année, le pape Grégoire VIII proclame une croisade (la troisième du nom) pour reconquérir Jérusalem.

3.2   Saladin face à la troisième croisade

Arrivées en Terre sainte, les armées franco-anglaises de Philippe II Auguste et de Richard Ier Cœur de Lion concentrent leurs efforts sur le siège de Saint-Jean d'Acre. Saladin tente vainement de dégager la ville mais, finalement, elle tombe aux mains des croisés le 12 juillet 1191. Les chrétiens ne parviennent toutefois pas à profiter de leur victoire pour reprendre Jérusalem. Le 2 septembre 1192, Saladin signe un traité de paix avec Richard Cœur de Lion : les musulmans conservent la Syrie et la Palestine — notamment Jérusalem, bien qu’ils laissent un droit d’accès au tombeau du Christ, le Saint-Sépulcre, aux pèlerins chrétiens — tandis que les chrétiens obtiennent le littoral, de Jaffa à Tyr.

Le 4 mars 1193, Saladin meurt à Damas, des suites d'une maladie fulgurante. À sa mort, ses possessions — qui s’étendent de la Tripolitaine (Libye) à l’Arménie et au Yémen — sont partagées entre ses trois fils et son frère.

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