Devoir de Philosophie

éthique - science.

Publié le 27/04/2013

Extrait du document

éthique - science. 1 PRÉSENTATION éthique (du grec ethos, « coutume «, « usage «, « caractère «), principes ou critères d'évaluation de la conduite humaine, parfois appelés moeurs (latin mores) et, par extension, étude de tels principes. Le terme latin ethica désigne la philosophie morale, qui relève des sciences sociales, par opposition aux sciences exactes (mathématiques, logique) et aux sciences empiriques (chimie, physique). Axée sur le concept de responsabilité, l'éthique s'inscrit dans l'histoire des idées. La philosophie grecque la conçut comme une réflexion sur la recherche du bonheur, alors que la pensée chrétienne fit de l'amour son fondement. L'époque contemporaine en a renouvelé l'approche en intégrant dans l'éthique les interrogations sur le développement des différentes branches du savoir. Cette évolution se justifie à cause de l'impossibilité, soulignée par Albert Jacquard dans sa Petite Philosophie à l'usage des non-philosophes (1997), de mesurer les conséquences des progrès des sciences et des techniques, notamment dans le domaine de la physique nucléaire, de la génétique ou de la communication. Robert Misrahi propose dans la Signification de l'éthique (1995) de définir la discipline comme « l'ensemble des principes purement humains qui devraient permettre au plus grand nombre d'accéder à une existence pleinement satisfaisante et pleinement significative, c'est-àdire à une réalisation heureuse de la personnalité «. 2 PRINCIPES ÉTHIQUES Les philosophes ont cherché à définir la valeur positive ou négative de la conduite humaine en se rapportant à deux principes majeurs : ils ont considéré certains types de conduite comme bons en soi ou bons parce que conformes à une norme morale particulière. Le premier type de conduite est choisi en vertu d'une valeur fondamentale (summum bonum), c'est-à-dire désirable en soi, il n'est donc pas conçu comme un moyen pour arriver à une fin. Dans l'histoire de l'éthique, on trouve trois critères de conduite du second type qui ont été tenus chacun pour le souverain bien par différents groupes ou individus : le bonheur ou le plaisir ; le devoir, la vertu ou l'obligation ; la perfection, le développement le plus parfaitement harmonieux du potentiel humain. L'autorité à laquelle doit obéir la conduite humaine change selon les écoles de pensée : la volonté divine, les lois de la nature et les règles de la raison apparaissent tour à tour comme le fondement de la régulation morale. Pour la pensée religieuse, selon laquelle la volonté divine représente l'autorité suprême, les actions humaines doivent obéir aux commandements consignés dans les textes sacrés. Pour les tenants de la théorie du droit naturel, qui accordent la même autorité à la nature qu'à Dieu, il convient de juger le comportement des individus selon sa conformité à la nature humaine. Pour le rationalisme, enfin, qui s'en remet aux facultés intellectuelles de l'Homme pour distinguer le Bien du Mal, les choix moraux doivent être dictés par la raison humaine. Certains principes moraux ne font pas appel à des valeurs fondamentales, car les adeptes du relativisme moral sont convaincus que toute tentative d'établir de telles valeurs est vouée à l'échec. Ce type de doctrine morale, qui érige l'épanouissement naturel de l'Homme en souverain bien, considère la sagesse, le plaisir ou le pouvoir comme la seule source de la satisfaction naturelle de l'Homme. L'hédonisme est la philosophie qui enseigne que le souverain bien est le plaisir. L'hédoniste doit faire un choix entre les plaisirs les plus durables et les plaisirs les plus intenses ; il doit décider s'il est souhaitable de refuser des plaisirs immédiats par égard pour le bien général et si les plaisirs intellectuels sont préférables aux plaisirs physiques. De nombreux courants philosophiques présentent la quête du pouvoir comme une inclination naturelle de l'Homme. Pour eux, les individus se livrent en fait une lutte sans merci pour s'accaparer les biens matériels et pour assujettir leurs semblables (Hobbes), sans se soucier des préceptes moraux (Machiavel). La morale catholique et les idéologies égalitaires (rousseauisme, marxisme), qui condamnent la poursuite des intérêts privés susceptibles de nuire à autrui et à la communauté, prônent le renoncement au pouvoir, considérant celui-ci comme dégradant et étranger à la nature humaine. 3 HISTOIRE Du jour où les Hommes vécurent en groupes, une régulation morale du comportement devint nécessaire au bien-être du groupe. Bien que les moeurs aient été formalisées et transformées en critères de conduite arbitraires, elles évoluèrent, parfois irrationnellement, à la suite de violations de tabous religieux ou, par hasard, lorsqu'un comportement d'abord devenu habituel se transforma en coutume, ou encore en raison des lois que les chefs imposèrent à leurs tribus pour prévenir la discorde. Même les grandes civilisations anciennes d'Égypte et de Sumer n'ont pas élaboré une éthique systématisée. Aux maximes et préceptes consignés par les chefs séculiers comme Ptahhotep se mêlait une religion stricte qui façonnait le comportement de tout Égyptien. Dans la Chine ancienne, les maximes de Confucius devinrent un code moral reconnu. À partir du VIe siècle av. J.-C., les philosophes grecs ont consacré une large part de leurs théories au comportement moral, contribuant ainsi au futur essor de l'éthique en tant que philosophie. 3.1 Les premières éthiques grecques Au VIe siècle av. J.-C., Pythagore élabora l'une des plus anciennes philosophies morales à partir de l'orphisme. Persuadé que la nature intellectuelle est supérieure à la nature sensuelle, et que la meilleure vie est une vie consacrée à la discipline mentale, il fonda un ordre semi-religieux dont les règles préconisaient la simplicité du parler, du vêtement et de la nourriture. Les rituels auxquels étaient soumis les membres furent conçus dans le but de rendre manifestes les croyances éthiques prescrites. Au Ve siècle av. J.-C., les philosophes grecs, connus sous le nom de sophistes qui enseignaient la rhétorique, la logique et l'éducation civique, furent sceptiques à l'égard des principes moraux absolus. Le sophiste Protagoras considérait que le jugement humain est subjectif et que la perception d'un individu n'a de valeur que pour celui-ci. Gorgias alla même jusqu'à défendre l'idée extrême que rien n'existe : s'il existait quoi que ce soit, les êtres humains ne pourraient le connaître ; s'ils le connaissaient, ils ne pourraient pas communiquer cette connaissance. D'autres sophistes, comme Thrasymaque, se laissèrent gagner à cette thèse. Socrate s'opposait aux sophistes. Sa position philosophique, telle qu'elle est présentée dans les dialogues de son élève Platon, peut se résumer comme suit : la vertu est la connaissance ; seront vertueux ceux qui sauront ce qu'est la vertu ; le vice ou le mal sont le résultat de l'ignorance. Ainsi, pour Socrate, l'éducation doit être axée sur l'enseignement de la vertu en vue de développer le sens moral des hommes. 3.2 Les écoles d'éthique grecques La plupart des écoles grecques de philosophie morale puisèrent leur source dans les leçons de Socrate. Quatre d'entre elles furent créées par ses disciples immédiats : l'école des cyniques, l'école des cyrénaïques, l'école des mégariques (fondée par Euclide de Mégare) et les platoniciens. Les cyniques, en particulier le philosophe Antisthène, considéraient que le souverain bien est la totale indépendance à l'égard des choses extérieures, que la maîtrise de soi représente la seule valeur irréductible et qu'il est possible de l'enseigner. Les cyniques méprisaient le plaisir, considéré comme un mal s'il constituait le principe de l'action. Ils voyaient dans toute fierté un vice, y compris dans la fierté de l'app...

« Socrate s’opposait aux sophistes.

Sa position philosophique, telle qu’elle est présentée dans les dialogues de son élève Platon, peut se résumer comme suit : la vertu est la connaissance ; seront vertueux ceux qui sauront ce qu’est la vertu ; le vice ou le mal sont le résultat de l’ignorance.

Ainsi, pour Socrate, l’éducation doit être axée sur l’enseignement de la vertu en vue de développer le sens moral des hommes. 3. 2 Les écoles d’éthique grecques La plupart des écoles grecques de philosophie morale puisèrent leur source dans les leçons de Socrate.

Quatre d’entre elles furent créées par ses disciples immédiats : l’école des cyniques, l’école des cyrénaïques, l’école des mégariques (fondée par Euclide de Mégare) et les platoniciens. Les cyniques, en particulier le philosophe Antisthène, considéraient que le souverain bien est la totale indépendance à l’égard des choses extérieures, que la maîtrise de soi représente la seule valeur irréductible et qu’il est possible de l’enseigner.

Les cyniques méprisaient le plaisir, considéré comme un mal s’il constituait le principe de l’action.

Ils voyaient dans toute fierté un vice, y compris dans la fierté de l’apparence ou de la propreté.

On rapporte que Socrate dit à Antisthène : « Je peux voir ta fierté par les trous de ta cape.

» Les cyrénaïques, et notamment Aristippe de Cyrène, étaient hédonistes.

Ils postulaient que le plaisir est le souverain bien (pour autant que l’on ne place pas sa vie sous sa domination), qu’aucune sorte de plaisir n’est supérieure à une autre et qu’il n’est mesurable qu’en termes de degré et de durée. Les mégariques, disciples d’Euclide, affirmaient que le bien est « un », même si on l’appelle sagesse, Dieu ou raison, et que le bien est le secret ultime de l’univers qui ne peut être percé qu’au moyen de la recherche logique. Selon Platon, le bien est un élément essentiel de la réalité.

Le mal n’a pas d’existence propre, il est plutôt un reflet imparfait du réel.

Dans ses dialogues (première moitié du IVe siècle av.

J.-C.), il soutient que la vertu humaine consiste en l’aptitude qu’a une personne à accomplir la fonction qui lui est propre dans le monde.

L’âme humaine comprend trois éléments : l’intellect, la volonté et l’émotion, dont chacun possède une vertu spécifique et remplit un rôle particulier chez une personne bonne. La vertu de l’intellect réside dans la sagesse ou dans la connaissance des fins de la vie ; la vertu du courage correspond à la capacité d’agir, et celle des émotions à la tempérance ou à la maîtrise de soi.

La dernière vertu, la justice, est la relation harmonieuse entre toutes les autres, chaque partie de l’âme accomplissant la tâche qui lui incombe et gardant la place qui lui est assignée.

Pour Platon, l’intellect doit être souverain, alors que l’on ne doit laisser agir la volonté qu’après l’intellect, et qu’il faut assujettir les émotions à l’intellect et à la volonté.

Une personne juste dont la vie est ordonnée de la sorte est, pour cette raison, une personne bonne. Aristote, qui fut l’élève de Platon, considérait que le bonheur est le but de la vie.

Dans son principal ouvrage sur l’éthique, l’Éthique à Nicomaque (fin du IVe siècle av.

J.-C.), il définissait la quête du bonheur comme une activité propre à l’Homme ; si le plaisir accompagne une telle activité, il n’en est pas le but principal.

Le bonheur provient de cet attribut exclusivement humain qu’est la raison, celle-ci opérant en parfaite harmonie avec les autres facultés de l’Homme.

Aristote pensait que les vertus sont essentiellement de bonnes habitudes et que, si l’on veut accéder au bonheur, l’Homme doit développer deux sortes d’habitudes : les habitudes de l’activité mentale, telle la connaissance, qui conduit à l’activité humaine la plus noble, à savoir la contemplation, et les habitudes de l’action pratique et de l’émotion, comme le courage.

Les vertus morales sont des habitudes de conduite qui respectent le principe de la modération, celui du « juste milieu », et qui doivent être flexibles en raison des différences entre les hommes et de la variation des facteurs extérieurs.

Ainsi, la quantité de nourriture à consommer par un individu doit être déterminée en fonction de la taille, de l’âge et des activités de celui-ci.

De façon générale, Aristote considérait le moyen terme comme un état vertueux entre les deux extrêmes que représentent l’excès et l’insuffisance : ainsi, la générosité, en tant que vertu, est-elle le moyen terme entre dépense inconsidérée et avarice.

Pour Aristote, les vertus intellectuelles et morales ne sont que des moyens en vue d’atteindre le bonheur qui résulte d’une pleine réalisation du potentiel humain. 3. 3 Le stoïcisme La philosophie du stoïcisme s’est développée vers 300 av.

J.-C., pendant les périodes hellénistique et romaine.

En Grèce, les principaux philosophes stoïciens étaient Zénon de Citium, Cléanthe et Chrysippe.

À Rome, le stoïcisme fut la plus populaire des philosophies grecques ; Cicéron est à ranger au nombre des Romains célèbres à avoir subi son influence. Les grandes figures du stoïcisme de l’époque romaine furent le philosophe grec Épictète, et l’empereur et philosophe romain Marc Aurèle.

Aux yeux des stoïciens, la nature est une entité ordonnée et rationnelle : seule une vie menée en harmonie avec la nature peut être bonne.

Affirmant que la vie est sous l’emprise des forces matérielles, les stoïciens recommandent cependant à chacun de s’en rendre aussi indépendant que possible.

Certaines vertus cardinales telles que la sagesse pratique, le courage, le discernement et la justice permettent d’accéder à l’indépendance et de suivre la devise stoïcienne : « Endure et renonce.

» C’est de là que le terme « stoïque » en est venu à avoir le sens de courage dans la souffrance. 3. 4 L’épicurisme Aux IVe et IIIe siècles av.

J.-C., le philosophe grec Épicure développa un système de pensée appelé plus tard épicurisme, qui faisait du plaisir, et tout particulièrement du plaisir intellectuel, le souverain bien et qui, à l’instar du stoïcisme, préconisait une vie de tempérance, voire ascétique, entièrement consacrée à des activités contemplatives.

Le principal interprète romain de l’épicurisme fut le poète et philosophe Lucrèce, dont le poème De natura rerum (De la nature), composé au milieu du Ier siècle av.

J.-C., constituait la somme d’idées provenant des doctrines cosmologiques du philosophe grec Démocrite et d’idées inspirées de la morale d’Épicure. Les épicuriens cherchaient à atteindre le plaisir en conservant un état de sérénité, c’est-à-dire en éliminant tout trouble affectif.

Ils considéraient les croyances et les pratiques religieuses comme nocives parce qu’elles génèrent des interrogations sur la mort et sur la vie après la mort, qui sont autant de sources de préoccupation pour l’Homme.

Les épicuriens pensaient qu’il est préférable de différer un plaisir immédiat en vue de parvenir à une satisfaction ultérieure plus sûre et plus durable ; aussi insistaient-ils sur le fait qu’une vie bonne doit reposer sur la maîtrise de soi. 3. 5 L’éthique chrétienne Les systèmes éthiques de l’âge classique furent destinés à l’aristocratie, notamment en Grèce, et nullement aux non-Grecs, dénommés « barbares », terme qui prit une connotation péjorative.

L’attitude adoptée envers les Barbares était semblable en tout point à l’attitude envers les esclaves, décrits par Aristote comme des « outils vivants » et considérés comme tels par l’ensemble des citoyens.

C’est ce qui explique en partie que les philosophies contemporaines du déclin des religions païennes ne suscitèrent pas l’adhésion populaire et que l’un des principaux attraits du christianisme consistait dans le fait qu’il procédait à l’extension de la citoyenneté morale à tous, même aux esclaves.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles