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Iphigénie en Aulide AGAMEMNON Heureux qui satisfait de son humble fortune, Libre du joug superbe où je suis attaché, Vit dans l'état obscur où les Dieux l'ont caché !

Publié le 12/04/2014

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agamemnon
Iphigénie en Aulide AGAMEMNON Heureux qui satisfait de son humble fortune, Libre du joug superbe où je suis attaché, Vit dans l'état obscur où les Dieux l'ont caché ! ARCAS Et depuis quand, Seigneur, tenez-vous ce langage ? Comblé de tant d'honneurs, par quel secret outrage Les Dieux, à vos désirs toujours si complaisants, Vous font-ils méconnaître et haïr leurs présents ? Roi, père, époux heureux, fils du puissant Atrée, Vous possédez des Grecs la plus riche contrée. Du sang de Jupiter issu de tous côtés, L'hymen vous lie encore aux Dieux dont vous sortez. Le jeune Achille enfin, vanté par tant d'oracles, Achille à qui le ciel promet tant de miracles, Recherche votre fille, et d'un hymen si beau Veut dans Troie embrasée allumer le flambeau. Quelle gloire, Seigneur, quels triomphes égalent Le spectacle pompeux que ces bords vous étalent, Tous ces mille vaisseaux, qui chargés de vingt Rois, N'attendent que les vents pour partir sous vos lois ? Ce long calme, il est vrai, retarde vos conquêtes, Ces vents depuis trois mois enchaînés sur nos têtes D'Ilion trop longtemps vous ferment le chemin. Mais parmi tant d'honneurs, vous êtes homme enfin : Tandis que vous vivrez, le sort, qui toujours change, Ne vous a point promis un bonheur sans mélange. Bientôt... Mais quels malheurs dans ce billet tracés Vous arrachent, Seigneur, les pleurs que vous versez ? Votre Oreste au berceau va-t-il finir sa vie ? Pleurez-vous Clytemnestre, ou bien Iphigénie ? Qu'est-ce qu'on vous écrit ? Daignez m'en avertir. AGAMEMNON Non, tu ne mourras point, je n'y puis consentir. ARCAS Seigneur ... AGAMEMNON Tu vois mon trouble ; apprends ce qui le cause, ACTE I 3 Iphigénie en Aulide Et juge s'il est temps, ami, que je repose. Tu te souviens du jour qu'en Aulide assemblés Nos vaisseaux par les vents semblaient être appelés. Nous partions. Et déjà par mille cris de joie, Nous menacions de loin les rivages de Troie. Un prodige étonnant fit taire ce transport. Le vent qui nous flattait nous laissa dans le port. Il fallut s'arrêter, et la rame inutile Fatigua vainement une mer immobile. Ce miracle inouï me fit tourner les yeux Vers la divinité qu'on adore en ces lieux. Suivi de Ménélas, de Nestor, et d'Ulysse, J'offris sur ses autels un secret sacrifice. Quelle fut sa réponse ! Et quel devins-je, Arcas, Quand j'entendis ces mots prononcés par Calchas ! Vous armez contre Troie une puissance vaine, Si, dans un sacrifice auguste et solennel, Une fille du sang d'Hélène De Diane en ces lieux n'ensanglante l'autel. Pour obtenir les vents que le ciel vous dénie, Sacrifiez Iphigénie. ARCAS Votre fille ! AGAMEMNON Surpris, comme tu peux penser, Je sentis dans mon corps tout mon sang se glacer. Je demeurai sans voix, et n'en repris l'usage Que par mille sanglots qui se firent passage. Je condamnai les Dieux, et sans plus rien ouïr, Fis voeu sur leurs autels de leur désobéir. Que n'en croyais-je alors ma tendresse alarmée ? Je voulais sur-le-champ congédier l'armée. Ulysse, en apparence approuvant mes discours, De ce premier torrent laissa passer le cours. Mais bientôt, rappelant sa cruelle industrie, Il me représenta l'honneur et la patrie, Tout ce peuple, ces rois à mes ordres soumis, Et l'empire d'Asie à la Grèce promis : De quel front immolant tout l'État à ma fille, Roi sans gloire, j'irais vieillir dans ma famille ! Moi-même (je l'avoue avec quelque pudeur), Charmé de mon pouvoir et plein de ma grandeur, Ces noms de Roi des Rois et de chef de la Grèce Chatouillaient de mon coeur l'orgueilleuse faiblesse. Pour comble de malheur, les Dieux toutes les nuits, ACTE I 4
agamemnon

« Et juge s'il est temps, ami, que je repose. Tu te souviens du jour qu'en Aulide assemblés Nos vaisseaux par les vents semblaient être appelés. Nous partions. Et déjà par mille cris de joie, Nous menacions de loin les rivages de Troie. Un prodige étonnant fit taire ce transport. Le vent qui nous flattait nous laissa dans le port. Il fallut s'arrêter, et la rame inutile Fatigua vainement une mer immobile. Ce miracle inouï me fit tourner les yeux Vers la divinité qu'on adore en ces lieux. Suivi de Ménélas, de Nestor, et d'Ulysse, J'offris sur ses autels un secret sacrifice. Quelle fut sa réponse ! Et quel devins-je, Arcas, Quand j'entendis ces mots prononcés par Calchas ! Vous armez contre Troie une puissance vaine, Si, dans un sacrifice auguste et solennel, Une fille du sang d'Hélène De Diane en ces lieux n'ensanglante l'autel. Pour obtenir les vents que le ciel vous dénie, Sacrifiez Iphigénie. ARCAS Votre fille ! AGAMEMNON Surpris, comme tu peux penser, Je sentis dans mon corps tout mon sang se glacer. Je demeurai sans voix, et n'en repris l'usage Que par mille sanglots qui se firent passage. Je condamnai les Dieux, et sans plus rien ouïr, Fis voeu sur leurs autels de leur désobéir. Que n'en croyais-je alors ma tendresse alarmée ? Je voulais sur-le-champ congédier l'armée. Ulysse, en apparence approuvant mes discours, De ce premier torrent laissa passer le cours. Mais bientôt, rappelant sa cruelle industrie, Il me représenta l'honneur et la patrie, Tout ce peuple, ces rois à mes ordres soumis, Et l'empire d'Asie à la Grèce promis : De quel front immolant tout l'État à ma fille, Roi sans gloire, j'irais vieillir dans ma famille ! Moi-même (je l'avoue avec quelque pudeur), Charmé de mon pouvoir et plein de ma grandeur, Ces noms de Roi des Rois et de chef de la Grèce Chatouillaient de mon coeur l'orgueilleuse faiblesse. Pour comble de malheur, les Dieux toutes les nuits, Iphigénie en Aulide ACTE I 4 »

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