La vraie vie commence après le travail
Publié le 28/09/2011
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Dans chaque équipe la finit ion de matrice sur laquelle travaillaient une dizaine d'ajusteurs pressait.
Les presses monumentales en avaient besoin pour entretenir leur mouvement
de mâchoires. Si elles s'arrêtaient, c'était la paralysie dans d'autres secteurs de l'usine.
Les voitures d'un modèle nouveau ne sortiraient pas à la date prévue. C'était aussi une grosse perte d'argent pour • Citroën •. Pressants, flatteurs, excitants, les chefs en blouse blanche talonnaient les chefs d'équipe, nous tenaient en haleine, nous éperonnaient,
toujours cordiaux. En se dépêchant Il semblait qu'on leur rendait un service personnel. Jamais de menaces, leur insistance cordiale suffisait pour nous maintenir sous pression, rapides, fébriles, avançant la tâche autant que nous le pouvions. Pour ressaisir une meule pneumatique que l'équipe voisine nous avait chipée la veille, on se faisait plat, jovial, caressant, dans un échange hâtif de mots décisifs et de sourires, pour revenir avec, victorieusement.
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