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Michel Strogoff Michel Strogoff prit rapidement son parti.

Publié le 12/04/2014

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Michel Strogoff Michel Strogoff prit rapidement son parti. «Nadia, dit-il, dès que ce Français et cet Anglais seront embarqués, prie-les de venir près de moi!» C'étaient, en effet, Harry Blount et Alcide Jolivet, que, non le hasard, mais la force des événements avait conduits au port de Livenitchnaia, comme ils y avaient amené Michel Strogoff. On le sait, après avoir assisté à l'entrée des Tartares à Tomsk, ils étaient partis avant la sauvage exécution qui termina la fête. Ils ne doutaient donc pas que leur ancien compagnon de voyage n'eût été mis à mort, et ils ignoraient qu'il eût été seulement aveuglé par ordre de l'émir. Donc, s'étant procuré des chevaux, ils avaient abandonné Tomsk le soir même, avec l'intention bien arrêtée de dater désormais leurs chroniques des campements russes de la Sibérie orientale. Alcide Jolivet et Harry Blount se dirigèrent à marche forcée vers Irkoutsk. Ils espéraient bien y devancer Féofar-Khan, et ils l'eussent certainement fait, sans l'apparition inopinée de cette troisième colonne, venue des contrées du sud par la vallée de l'Yeniseï. Ainsi que Michel Strogoff, ils furent coupés avant même d'avoir pu atteindre le Dinka. De là, nécessité pour eux de redescendre jusqu'au lac Baïkal. Lorsqu'ils arrivèrent à Livenitchnaia, ils trouvèrent le port déjà désert. D'un autre côté, il leur était impossible d'entrer dans Irkoutsk, qu'investissaient les armées tartares. Ils étaient donc là depuis trois jours, et très embarrassés, lorsque le radeau arriva. Le dessein des fugitifs leur fut alors communiqué. Il y avait certainement des chances pour qu'ils pussent passer inaperçus pendant la nuit et pénétrer dans Irkoutsk. Ils résolurent donc de tenter l'affaire. Alcide Jolivet se mit aussitôt en rapport avec le vieux marinier, et il lui demanda passage pour son compagnon et lui, offrant de payer le prix qu'il exigerait, quel qu'il fût. «Ici, on ne paye pas, lui répondit gravement le vieux marinier, on risque sa vie, voilà tout.» Les deux journalistes s'embarquèrent, et Nadia les vit prendre place à l'avant du radeau. Harry Blount était toujours le froid Anglais, qui lui avait à peine adressé la parole pendant toute la traversée des monts Ourals. Alcide Jolivet semblait être un peu plus grave que d'ordinaire, et l'on conviendra que sa gravité se justifiait par celle des circonstances. Alcide Jolivet était donc installé à l'avant du radeau, lorsqu'il sentit une main s'appuyer sur son bras. Il se retourna et reconnut Nadia, la soeur de celui qui était, non plus Nicolas Korpanoff, mais Michel Strogoff, courrier du czar. Un cri de surprise allait lui échapper, lorsqu'il vit la jeune fille porter un doigt à ses lèvres. «Venez,» lui dit Nadia. Et, d'un air indifférent, Alcide Jolivet, faisant signe à Harry Blount de l'accompagner, la suivit. CHAPITRE X. BAÏKAL ET ANGARA. 175 Michel Strogoff Mais, si la surprise des journalistes avait été grande à rencontrer Nadia sur ce radeau, elle fut sans bornes, quand ils aperçurent Michel Strogoff, qu'ils ne pouvaient croire vivant. A leur approche, Michel Strogoff n'avait pas bougé. Alcide Jolivet s'était retourné vers la jeune fille. «Il ne vous voit pas, messieurs, dit Nadia. Les Tartares lui ont brûlé les yeux! Mon pauvre frère est aveugle!» Un vif sentiment de pitié se peignit sur la figure d'Alcide Jolivet et de son compagnon. Un instant après, tous deux, assis près de Michel Strogoff, lui serraient la main et attendaient qu'il leur parlât. «Messieurs, dit Michel Strogoff à voix basse, vous ne devez pas savoir qui je suis, ni ce que je suis venu faire en Sibérie. Je vous demande de respecter mon secret. Me le promettez-vous? --Sur l'honneur, répondit Alcide Jolivet. --Sur ma foi de gentleman, ajouta Harry Blount. --Bien, messieurs. --Pouvons-nous vous être utile? demanda Harry Blount. Voulez-vous que nous vous aidions à accomplir votre tâche? --Je préfère agir seul, répondit Michel Strogoff. --Mais ces gueux-là vous ont brûlé la vue, dit Alcide Jolivet. --J'ai Nadia, et ses yeux me suffisent!» Une demi-heure plus tard, le radeau, après avoir quitté le petit port de Livenitchnaia, s'engageait dans le fleuve. Il était cinq heures du soir. La nuit allait venir. Elle devait être très-obscure et très-froide aussi, car la température était déjà au-dessous de zéro. Alcide Jolivet et Harry Blount, s'ils avaient promis le secret à Michel Strogoff, ne le quittèrent cependant pas. Ils causèrent à voix basse, et l'aveugle, complétant ce qu'il savait déjà par ce qu'ils lui apprirent, put se faire une idée exacte de l'état des choses. Il était certain que les Tartares investissaient actuellement Irkoutsk, et que les trois colonnes avaient opéré leur jonction. On ne pouvait donc douter que l'émir et Ivan Ogareff ne fussent devant la capitale. Mais pourquoi cette hâte d'y arriver que montrait le courrier du czar, maintenant que la lettre impériale ne pouvait plus être remise par lui au grand-duc, et qu'il n'en connaissait pas le contenu? Alcide Jolivet et Harry Blount ne le comprirent pas plus que ne l'avait compris Nadia. D'ailleurs, il ne fut question du passé qu'au moment où Alcide Jolivet crut devoir dire à Michel Strogoff: «Nous vous devons presque des excuses pour ne vous avoir pas serré la main avant notre séparation au relais d'Ichim. CHAPITRE X. BAÏKAL ET ANGARA. 176

« Mais, si la surprise des journalistes avait été grande à rencontrer Nadia sur ce radeau, elle fut sans bornes, quand ils aperçurent Michel Strogoff, qu'ils ne pouvaient croire vivant. A leur approche, Michel Strogoff n'avait pas bougé. Alcide Jolivet s'était retourné vers la jeune fille. «Il ne vous voit pas, messieurs, dit Nadia. Les Tartares lui ont brûlé les yeux! Mon pauvre frère est aveugle!» Un vif sentiment de pitié se peignit sur la figure d'Alcide Jolivet et de son compagnon. Un instant après, tous deux, assis près de Michel Strogoff, lui serraient la main et attendaient qu'il leur parlât. «Messieurs, dit Michel Strogoff à voix basse, vous ne devez pas savoir qui je suis, ni ce que je suis venu faire en Sibérie. Je vous demande de respecter mon secret. Me le promettez-vous? —Sur l'honneur, répondit Alcide Jolivet. —Sur ma foi de gentleman, ajouta Harry Blount. —Bien, messieurs. —Pouvons-nous vous être utile? demanda Harry Blount. Voulez-vous que nous vous aidions à accomplir votre tâche? —Je préfère agir seul, répondit Michel Strogoff. —Mais ces gueux-là vous ont brûlé la vue, dit Alcide Jolivet. —J'ai Nadia, et ses yeux me suffisent!» Une demi-heure plus tard, le radeau, après avoir quitté le petit port de Livenitchnaia, s'engageait dans le fleuve. Il était cinq heures du soir. La nuit allait venir. Elle devait être très-obscure et très-froide aussi, car la température était déjà au-dessous de zéro. Alcide Jolivet et Harry Blount, s'ils avaient promis le secret à Michel Strogoff, ne le quittèrent cependant pas. Ils causèrent à voix basse, et l'aveugle, complétant ce qu'il savait déjà par ce qu'ils lui apprirent, put se faire une idée exacte de l'état des choses. Il était certain que les Tartares investissaient actuellement Irkoutsk, et que les trois colonnes avaient opéré leur jonction. On ne pouvait donc douter que l'émir et Ivan Ogareff ne fussent devant la capitale. Mais pourquoi cette hâte d'y arriver que montrait le courrier du czar, maintenant que la lettre impériale ne pouvait plus être remise par lui au grand-duc, et qu'il n'en connaissait pas le contenu? Alcide Jolivet et Harry Blount ne le comprirent pas plus que ne l'avait compris Nadia. D'ailleurs, il ne fut question du passé qu'au moment où Alcide Jolivet crut devoir dire à Michel Strogoff: «Nous vous devons presque des excuses pour ne vous avoir pas serré la main avant notre séparation au relais d'Ichim. Michel Strogoff CHAPITRE X. BAÏKAL ET ANGARA. 176 »

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