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L'expressionnisme allemand

Publié le 14/03/2026

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« Expressionnisme allemand Texte : Historique : L'expressionnisme se distingue par son expression très subjective et spontanée, et est considéré comme l’un des courants majeurs dans l’art de la fin du 19e et début du 20e siècle.

Certains critiques y voient même une constante de l’art germanique depuis le Moyen Âge, particulièrement visible lors des périodes de transition sociale ou de crise existentielle.

Il s’oppose aux mouvements rationalistes et classiques, qui eux viennent plutôt d'Italie et de France. Le mouvement expressionniste désigne un nombre d’artistes allemands, autrichiens, français et russes devenus artistes juste avant la première guerre mondiale, et qui sont restés liés au mouvement pendant toute la période de l’entre-guerre. Les racines de l’expressionnisme allemand viennent des œuvres de Vincent Van Gogh, Edvard Munch et James Ensor, réalisées entre 1885 et 1900 et s'inspirent également de l’art primitif de Paul Gauguin.

Ils ont chacun créé un style de peinture très personnel dans lequel ils ont exploité les couleurs vives et les lignes noires pour transmettre des émotions fortes, comme la peur, l’effroi, le grotesque, ou simplement pour représenter la nature avec une forte intensité. La deuxième et principale vague d'expressionnisme a commencé vers 1905, quand un groupe d'artistes allemands dirigé par Ernst Ludwig Kirchner a formé une association appelée Die Brücke (« Le Pont »).

Ces peintres étaient en révolte face à ce qu'ils considéraient comme le naturalisme superficiel de l'impressionnisme.

Ils voulaient réinventer l'art allemand avec plus de spiritualité, car ils pensaient qu’il en manquait atrocement.

Ils ont cherché à le faire à travers une expression très personnelle et spontanée. Ensuite, le sous-mouvement “Der Blaue Reiter” apparaît quelques années après Die Brücke.

Ce courant artistique est basé sur une pensée intellectuelle venant de plusieurs penseurs et philosophes qui étaient en questionnement face aux limites de l'œuvre.

Ce mouvement principalement théorique est également influencé par le romantisme germanique, mais est principalement originaire du mouvement Die Brücke. Cette période expressionniste sera assez brève, allant de 1912 à 1914.

Les artistes principaux du mouvement seront Wassily Kandinsky, Franz Marc, August Macke et Alexej von Jawlensky. Entre ces deux mouvements il y a tout de même quelques différences notables.

Die Brücke, plutôt centré sur Berlin, se focalise sur la distorsion de la réalité pour exprimer ses sentiments profonds.

Tandis que Der Blaue Reiter, basé à Munich, est lui plutôt focalisé sur l’emphase de l'abstrait et le symbolisme spirituel. Cependant, malgré leurs différences, ils ont des points communs visuels très forts. Tout d’abord, ils partagent l'utilisation de l’art bestiale, et des couleurs franches.

Cet esthétique se rapproche du fauvisme, avec un style remplis de distorsion exagérées. Cependant, les peintures du Blaue Reiter utilisent une gamme de couleur plus forte et expressive que les œuvres du courant Die Brücke, ce qui lui amène une sensibilité plus exacerbée. L'influence de l'expressionnisme va au-delà des arts visuels : il influence aussi la littérature, par exemple avec Kafka, dont le livre “La Métamorphose” illustre une vision similaire à l'expressionnisme, même s’il n’appartient pas officiellement au mouvement. Le théâtre, également, avec Franz Wedekind, un dramaturge très provocateur et plus tard, le mouvement influencera aussi le cinéma.

Hitchcock, par exemple, assumera l’influence que l’expressionnisme allemand a eu dans la création de ses atmosphères inquiétantes. Bien que la Première Guerre mondiale ait profondément affecté de nombreux artistes, c’est surtout dans les années 1930 que le mouvement expressionniste fut brutalement interrompu : les nazis le dénoncèrent comme un “art dégénéré”, et réduisirent un grand nombre de ses artistes au silence ou les contraignirent à l’exil.

En effet, Hitler préférait la peinture strictement académique et réaliste, et surtout sans aucune influence étrangère. Caractéristiques : Les différentes caractéristiques de l’expressionnisme allemand se distinguent au niveau de leurs techniques ainsi que de leur contenu ou leur message. On le reconnaît en peinture principalement pour son utilisation de couleurs vives et saturées, parfois utilisées en pâte épaisse.

On y observe également la présence et la synthèse de la ligne noire afin de structurer et cerner la couleur.

Un autre moyen de créer une tension entre les couleurs était par l’utilisation de couleurs complémentaires intenses.

Les artistes expressionnistes cherchaient souvent à ajouter une touche volumineuse à leurs tableaux par dessins simplifiés, gestes dynamiques, hachures et aplats, menant parfois vers une peinture considérée abstraite.

On remarque aussi la déformation ou la distorsion de certains éléments au sein du tableau, ce qui rend leur forme accentuée voire brutale. Leur expression brute et originelle par des œuvres souvent oppressantes, reflète bien ce sentiment de révolte face au malaise social de la société de l’époque.

Par leur expressivité et leur composition libre, les artistes expressionnistes cherchent à traduire des états d’âme plutôt que la réalité du monde extérieur, exposant une humanité pathétique, une misère physique et morale par l’expression des névroses et des angoisses émotionnelles.

Cette approche émotionnelle et spontanée, qui met tant en avant les humeurs et les émotions, est symbolique de la naissance d’une nouvelle pensée, reflétée également dans d’autres formes d’art appartenant également au mouvement expressionniste telle que l’architecture, la littérature, la danse, le théâtre, le cinéma, la musique, etc. Artistes à présenter : Ernst Ludwig Kirschner : Ernst Ludwig Kirchner est un peintre allemand né en 1880, en Bavière.

Au départ, il ne se destinait pas spécialement à l’art : il a étudié l’architecture à l’université, mais très vite, il s’est rendu compte que ce qui le passionnait vraiment, c’était la peinture et le dessin.

En 1905, il crée avec trois amis artistes le groupe Die Brücke, dont on vient de parler.

Ce groupe va devenir l’un des fondements de l’expressionnisme allemand. Le but de Kirchner et de ses amis, c’était de rompre avec les règles de l’art classique et de peindre de façon beaucoup plus personnelle et spontanée.

Ils voulaient exprimer leurs émotions, leurs angoisses, leurs sensations, pas seulement représenter la réalité telle qu’elle est.

Dans ses œuvres, Kirchner utilise souvent des formes déformées, des traits bruts et des couleurs très vives.

Cela crée des images parfois dérangeantes, mais très fortes. Quand il s’installe à Berlin, il commence à peindre des scènes de la vie moderne.

On voit dans ses tableaux le mouvement, la foule, la solitude, mais aussi l’angoisse que peuvent provoquer les grandes villes.

Deux de ses tableaux les plus connus, “Cinq femmes dans la rue” et “Scène de rue à Berlin”, montrent bien cette atmosphère : les personnages sont stylisés, les couleurs sont criantes, et tout semble un peu instable, comme s’il voulait traduire le malaise intérieur des gens. Pendant la Première Guerre mondiale, Kirchner s’engage dans l’armée, mais cette expérience le traumatise.

Il tombe dans une profonde dépression et devient addict à la morphine.

Il passe plusieurs séjours en sanatorium, et finit par quitter l’Allemagne pour vivre en Suisse, où il continue à peindre et à écrire.

En 1919, il publie même un texte intitulé “Le credo d’un peintre”, où il explique sa vision de l’art et sa recherche de sincérité émotionnelle. Mais les années 1930 sont très dures pour lui.

Quand le régime nazi arrive au pouvoir, son art est considéré comme “dégénéré”, car il ne correspond pas à l’image “idéale” de l’Allemagne voulue par Hitler.

Des centaines de ses œuvres sont confisquées, certaines détruites, et il est interdit d’exposer.

Cette période l’affecte énormément. Épuisé psychologiquement et physiquement, il se suicide en 1938. Kirchner représente parfaitement l’esprit de l’expressionnisme : un artiste sensible, tourmenté, en recherche d’authenticité, qui exprime ses émotions sans filtre, même si cela choque. Frank Wedekind : Frank Wedekind, lui, est un écrivain et dramaturge prussien, né à Hanovre en 1864. C’est quelqu’un de très original, un peu rebelle, qui a marqué le théâtre allemand avant même que l’expressionnisme n’existe vraiment.

Il vient d’une famille aisée : son père était médecin et sa mère chanteuse d’opéra, mais il a souvent eu des rapports compliqués avec eux.

Il a commencé par étudier le droit et la littérature, mais il a très vite compris que ce n’était pas ce qu’il voulait faire.

Il voulait créer, provoquer et remettre en question les valeurs de la société. Wedekind est surtout connu pour ses pièces de théâtre très audacieuses.

La plus célèbre est “L’Éveil du printemps”, écrite en 1891, publiée à Zurich et créée à Berlin en 1906.

Elle parle de l’adolescence, de la sexualité et des tabous de la société bourgeoise.

Wedekind la qualifiait lui-même de “tragédie enfantine”, car elle raconte l’histoire d’un groupe d’adolescents confrontés à leur éveil sexuel, à leurs doutes et à la pression des adultes.​ Dans cette pièce, il aborde des sujets totalement tabous pour l’époque, comme l’homosexualité, l’autoérotisme, le viol, la masturbation collective ou encore l’avortement.

À sa sortie, elle est donc considérée comme scandaleuse et choque profondément le public et la censure.

Mais elle suscite aussi la curiosité et l’admiration de nombreux artistes, fascinés par son audace et sa sincérité. Un autre personnage marquant qu’il a créé, c’est Lulu, une femme libre et indépendante, qui refuse les règles imposées par les hommes.

Lulu est une jeune prostituée confrontée à un univers masculin, un personnage anarchique destinée.... »

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