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Auguste Rodin

Publié le 17/01/2022

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(1840-1917)

Certains artistes semblent éprouver un malin plaisir à se charger, volontairement ou inconsciemment, d'une telle somme de travail, d'un tel degré de difficulté, mais générateur d'un tel flot d'idées créatrices, que leur vie entière semble trop courte pour en venir à bout. En 1880, Auguste Rodin avait quarante ans. Il y avait deux ans à peine que son nom avait acquis une certaine renommée. Cette année-là, on lui avait confié la réalisation des portes de bronze destinées au futur musée des Arts décoratifs de Paris. Rodin les qualifia de Portes de l'Enfer; elles lui inspirèrent quelques-unes de ses plus belles compositions, mais, près de quarante ans plus tard, l'année de sa mort, l'oeuvre était encore inachevée et, de surcroît, inachevable. Rodin était plutôt mauvais élève. Il ne rêvait que de dessin, jusqu'au jour où il put enfin l'étudier à l'école des Frères à Paris. Il entra par hasard dan 'ine classe où des élèves travaillaient l'argile et effectuaient des moulages en plâtre. "Je voyais de l'argile pour la première fois de ma vie", écrira-t-il plus tard, "et il me semblait pénétrer enfin au paradis."

« dans le chaos le plus complet.

Rodin cher­ chait à sensibiliser les volumes et les masses, à jouer avec les creux et les saillies, et sa Por­ te de l'Enfer fut peut-être un terrain d'expé­ rimentation réussi, mais une oeuvre ratée.

Certains éléments constitutifs étaient cepen­ dant admirables et connurent, isolés, un suc­ cès mérité, mais Rodin n'arriva pas à les ran­ ger en un ensemble cohérent. Le Penseur (1880) a été isolé de cette oeuvre frénétique.

Conçu pour être placé au-dessus de l'ensem­ ble, il représentait Dante assis, méditant sur les scènes déchirantes qui se déroulaient à ses pieds. Hors de son environnement, cette oeu­ vre hardie ne peut que susciter l'admiration.

Les Ombres font également partie de la Porte de l'Enfer.

Rodin travailla à partir d'un mê­ me moulage, qu'il plaça dans trois posi­ tions différentes: de face, tourné vers la gau­ che et tourné vers la droite.

Les Bourgeois de Calais sont indubitable­ ment considérés comme une de ses plus belles oeuvres.

C'est un monument élevé à la mé­ moire des six bourgeois, qui, en 1347, se li­ vrèrent à Edouard III, roi d'Angleterre, dans l'espoir qu'il accepterait de lever le siège de la ville, réduite à la famine, depuis plus d'un an.

Rodin imagina l'émotion qui devait agi­ ter ces hommes désespérés et inquiets.

Son groupe de six personnages est digne et pathé­ tique.

Pendant neuf ans, la municipalité de Calais refusa une représentation qu'elle ju­ geait peu glorieuse de ses héros. La statue que Rodin réalisa du célèbre écrivain Balzac ne fut pas non plus acceptée d'emblée. La critique trouvait, en effet, que le long vête­ ment qui recouvrait l'écrivain du cou aux pieds faisait ressortir trop fortement la tête de titan aux traits volontaires.

Rodin ne compta pas ses aventures amoureu­ ses, et il fut le premier sculpteur occidental, et même le premier artiste occidental, à re­ présenter des femmes goûtant aux plaisirs de l'amour physique.

Ces scènes sont d'un éro- tisme intense, et l'extase des personnages fait A gauche: Rodin dans son atelier de Meudon, où il s'établit en 1896.

Ci-dessous: Les Bourgeois de Ca­lais (¡886).

Un moulage en bronze de cette oeuvre se trouve devant le Parlement à Londres, l'original se trouvant sur la place du Soldat-^connu à Calais.

vibrer le marbre et le bronze.

Rodin fut le dernier grand sculpteur classique, se confor­ mant à une tradition vieille de trente siècles.

A l'époque de la Première Guerre mondiale, alors qu'il vivait encore, les sculpteurs se tournèrent vers d'autres expériences, négli­ geant le modèle humain, qui cessa d'être le sujet principal et le titre de noblesse de l'art.. »

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