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La moitié vaut plus que le tout

Publié le 06/03/2022

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« O).Éov ijll,LOU ffGVfOS La moitié vaut plus que le tout L'expression est empruntée à un célèbre passage des Travaux et les jours d'Hésiode (v.

40): les juges avaient condamné le poète à donner à son frère Persès la moitié de son patrimoine.

mais très rapidement, Hésiode, par sa conduite avisée, récupérera ce qu'il avait dû céder, alors que Persès, par sa folie, perdra tout ce qu'il possédait.

Cette formule qui doit sa fortune à son côté paradoxal (même si elle semble reprendre des croyances attestées sur le plan folklorique) prit une valeur proverbiale pour les Grecs qui la citaient pour inciter à la modération ou pour conseiller de savoir se contenter de ce qu'on a : cf.

Platon (les lois, 3, 690e; La République, S, 466c), Plutarque (Quomodo adulescens poetas audire debeat, 36a), Diogène Laërce (1, 75) - qui reprend Sosicrate (461 F 13 J.) et attribue la fu1111ule à Pittacos -, mais aussi la tradition parémiographique (Bodl.

683 Gaisford).

On trouve également des attestations ultérieures (dont l'hypotexte est toujours Hésiode) chez Polybe (6.

11 a 8), Elien ( fr.

72 H.) et Olympiodore (Commentaire sur le Gorgias de Platon, 26, 3).

En latin., Aulu-Gelle (Noctes Atticae, 18,2, 13) traduit notre expression par Dimidium plus ... toto, et on lit des reprises chez Ovide (Faste.s, S, 718), où Pollux - faisant clairement allusion à la situation d'Hésiode - prie Jupiter de donner la moitié du ciel qu'il lui avait réservée à son frère, et, dans un contexte plus humoristique, chez Macrobe (Saturnalia, 2, 3, 4 ), qui rapporte que Cicéron, voyant en po1t1ait un énonne buste de son frère Quintus, en réalité de petite taille, se serait exclamé : Frater meus dimidius maior est quam lotus, >. Dans les Adagia d'Erasme ( l, 9, 95) et dans d'autres recueils.

notamment dans le Libellus de septem sapientium sententiis (7a).

on lit aussi la fc,1111ule Dimidium plus toto (qu'on retrouve dans le last Strmor, Preached be/ore King EdM.·ard the Sixth d'Hugh Latimer en I S50 : dans le traité anonyme A Prospect o,fGovernment in Europe datant de 1681 ; dans les recueils d'Emblemata, notamment dans les Sinne- en minnebeelden de Jacob Cats en 1627 (lemme Quod non noris non ames) et dans les Emblemata selectiora ( 12) publiés à Amsterdam en 1704); la paradoxalité de notre fo1111ule contraste évidemment avec la norme juridique ln toto et pars continetur,. »

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