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COURS COMPLET D'HISTOIRE XXe SIÈCLE À NOS JOURS Programme du Concours Commun des IEP

Publié le 12/05/2026

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« COURS COMPLET D'HISTOIRE XXe SIÈCLE À NOS JOURS Programme du Concours Commun des IEP IMPORTANT : Ce cours suit la méthodologie et la structure du CNED, enrichies avec des éléments complémentaires issus des dernières recherches historiques pour une préparation optimale au concours des Sciences Po. SÉQUENCE 1 : La crise de 1929 et ses conséquences économiques et sociales Introduction L'exceptionnelle période de prospérité économique prend brutalement fin en octobre 1929, lorsque la bourse de New York (Wall Street) s'effondre brutalement, provoquant une crise financière sans précédent.

En quelques mois, l'économie américaine s'écroule, tandis que la crise se propage à toute la planète et à toute l'économie, touchant de plein fouet l'Europe en particulier l'Allemagne. C'est le début de la « grande dépression » des années 1930 : au maximum de la crise en 1932, la production industrielle mondiale a diminué de 40 % par rapport à 1929.

Aucune région du monde n'est épargnée, même l'Amérique latine est touchée : c'est le signe que les économies nationales sont déjà mondialisées.

Cet effondrement suscite l'incompréhension des contemporains et le désarroi des gouvernants, qui, dans un premier temps, mettent souvent en place des politiques inefficaces inspirées de la pensée libérale traditionnelle. Élu en 1932, le président Roosevelt innove en proposant une plus forte intervention de l'État dans le cadre de son « New Deal » ; même si les résultats sont mitigés, ils permettent à l'économie américaine de se reconstruire progressivement.

En France, le Front populaire élu en 1936 mène une politique sociale inédite. Problématique En quoi la crise de 1929 est-elle sans précédent et provoque-t-elle une longue dépression de l'économie mondiale ? Comment les États tentent-ils d'y répondre ? 1.

Le déclenchement et la diffusion mondiale de la crise de 1929 A.

Les origines de la crise dans les années 1920 FOCUS : origine américaine ou mondiale ? Une des controverses les plus anciennes porte sur le lieu d'origine de la crise.

Le président des États-Unis de l'époque, Herbert Hoover, a avancé la thèse d'une origine européenne de la crise, et non américaine : « le grand centre de la tempête fut l'Europe », comme il l'écrit dans ses Mémoires.

Il estime en effet que la production industrielle commence déjà à plafonner en Europe avant 1929 et que le cours des actions commence à baisser en Allemagne dès 1928, et rappelle que beaucoup de pays connaissent des difficultés tout au long des années 1920. Si son raisonnement est sans doute excessif et cherche aussi à le dédouaner de ses propres responsabilités, il est vrai que le système capitaliste connaît d'importants déséquilibres, nés de la Première Guerre mondiale et non résolus au cours des années 1920, et que les États-Unis ne sont pas les seuls en cause. 1.

Les années 1920 révèlent les fragilités de la prospérité américaine Les années 1920 ont été une décennie de prospérité économique dans beaucoup de pays, particulièrement aux États-Unis où le taux de croissance annuel est de 4,5 % en moyenne : ce sont les « roaring twenties » (« années folles »).

Avec l'arrivée à maturité de la deuxième révolution industrielle, les États-Unis entrent dans la production et la consommation de masse, dont les symboles sont la radio et surtout l'automobile (Chrysler, General Motors et Ford). Ils prennent aussi un poids plus important dans la mondialisation.

En 1929, ils représentent 40 % de la production industrielle mondiale (contre 20 % en 1914), tandis qu'ils investissent massivement à l'extérieur : 2,7 milliards de dollars en 1929 soit cinq fois plus qu'en 1914, présence des banques américaines dans 38 pays, implantations industrielles (Ford et General Motors ont ouvert de nombreuses usines en Europe et même au Japon). Mais cette prospérité porte en elle ses propres limites.

Le principal problème est l'essor extrêmement rapide du secteur financier, que personne ne contrôle.

La société de consommation pousse à la génération du crédit : les ménages s'endettent de plus en plus pour s'acheter tous les nouveaux produits de consommation (80 % des voitures sont achetées à crédit), ce qui fragilise les banques qui prêtent généreusement sans se soucier toujours de la solvabilité de leurs clients. Le secteur bancaire est d'ailleurs de plus en plus concentré : il existe 24 000 banques, mais seulement 1 % d'entre elles disposent de la moitié des ressources bancaires.

L'abus du crédit débouche sur un dérèglement majeur de l'économie, que peu d'économistes remarquent alors : la construction de bulles spéculatives. La spéculation à la bourse de New York prend des proportions inquiétantes à partir de 1925, avec une tendance à la hausse des cours, mais de plus en plus sans lien avec la réalité.

Ainsi, entre 1922 et 1929, la production industrielle a augmenté de 30 %, mais le cours des actions a été multiplié par sept ! De plus en plus d'Américains se lancent dans la Bourse, attirés par des taux d'intérêt faibles et des perspectives de rentabilité élevée à court terme.

Cependant, la plupart des possesseurs d'actions n'en sont propriétaires qu'à hauteur de 30 à 50 %, le reste correspondant aux crédits bancaires… 2.

Les déséquilibres de l'économie américaine L'économie est par ailleurs victime de plusieurs déséquilibres.

Elle est d'abord trop dépendante du secteur automobile.

La construction automobile absorbe 60 % des tôles d'acier et de cuir, 75 % du verre, 85 % du caoutchouc et du pétrole.

Une contraction de ce secteur aurait donc des effets catastrophiques pour l'ensemble de l'économie. Un autre élément d'inquiétude est la surproduction.

L'essor de la consommation de masse a conduit les entreprises à produire toujours plus, sans se rendre compte que le marché intérieur devenait de plus en plus saturé.

La surproduction est déjà une réalité dans l'agriculture au milieu des années 1920, puis dans l'industrie en 19271928. Par ailleurs, certains secteurs économiques américains sont déjà en crise dans les années 1920.

Les agriculteurs, en particulier, connaissent de graves difficultés : alors qu'en 1919 ils possédaient 16 % du revenu national, en 1929 ils n'en ont plus que 9 %, ce qui traduit un recul très fort de leur pouvoir d'achat.

Le prix de la terre baisse en effet fortement (environ 30 %), alors que le matériel reste très coûteux, ce qui conduit de nombreux agriculteurs à s'endetter voire à se surendetter, et que les prix agricoles ont tendance à baisser ce qui diminue leurs revenus. Dans l'industrie, les secteurs de la première révolution industrielle, développés à partir du milieu du XIXe siècle, sont en difficulté : industrie textile, construction navale, extraction charbonnière (victime de la concurrence du pétrole et de l'électricité).

Ils sont mal adaptés aux nouvelles conditions de la croissance économique et de la mondialisation (concurrence mondiale).

Le chômage dans l'industrie existe ainsi déjà avant la crise de 1929 ; il se situe en moyenne autour de 2 à 3 millions de travailleurs dans la décennie 1920. 3.

Les dérèglements économiques mondiaux Les années 1920 renouent certes avec la prospérité et la croissance au lendemain de la Première Guerre mondiale, mais cette prospérité est en réalité limitée à quelques pays et à quelques secteurs.

En réalité, la mondialisation est en crise : les échanges commerciaux se contractent, les politiques protectionnistes se généralisent, les cours mondiaux des matières premières baissent, l'Europe réduit fortement ses investissements de capitaux à l'étranger et les mouvements spéculatifs progressent rapidement (de plus en plus de capitaux sont « flottants » c'est-à-dire sont fréquemment déplacés d'un pays à l'autre car ils sont à la recherche d'un gain immédiat, à court terme). D'autre part, le monde est confronté à l'instabilité monétaire : la Première Guerre mondiale a mis fin au système de l'étalon-or qui avait bien fonctionné au XIXe siècle (stabilisation des monnaies, car définies par rapport à une référence commune, l'or), ce qui aboutit désormais à des taux de change flottants c'est-à-dire que la valeur des monnaies ne cesse de fluctuer (à la hausse ou à la baisse).

Désormais, les monnaies les plus puissantes se livrent une concurrence directe (dollar, livre sterling et même le franc après 1928). Mais beaucoup de pays ont du mal à définir une politique monétaire claire.

En Grande-Bretagne par exemple, la classe politique cherche à rétablir la puissance de la livre sterling comme au XIXe siècle ; pour cela, elle augmente sa valeur, mais cela a pour conséquence de la rendre trop chère sur les marchés internationaux et de rendre les produits britanniques trop coûteux à l'exportation.

L'économie britannique est alors asphyxiée, victime de la monnaie forte. En France, le franc ne cesse de se déprécier (il perd de sa valeur) et fait peur aux investisseurs, qui préfèrent investir à Londres ou à New York plutôt qu'à Paris.

C'est entre 1926 et 1929, quand Raymond Poincaré est président du Conseil (chef du gouvernement), que la situation du franc s'améliore : les investisseurs, rassurés, placent à nouveau leurs capitaux en France, tandis que Poincaré décide de dévaluer le franc en 1928, ce qui est une solution réaliste (le franc était surévalué).

Ce « franc Poincaré » devient une monnaie fiable et recherchée par les investisseurs, mais il ne.... »

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