Digestion et absorption des glucides : des aliments aux cellules
Publié le 18/05/2026
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Digestion et absorption des glucides : des aliments aux cellules
Introduction
Les glucides, souvent appelés « sucres » dans le langage courant,
constituent l’une des trois grandes familles de macronutriments avec les
lipides et les protéines.
Ils fournissent à l’organisme une énergie
rapidement mobilisable.
Pourtant, avant d’atteindre nos cellules, les
glucides que nous consommons – qu’il s’agisse de l’amidon d’une pomme
de terre, du saccharose d’un morceau de sucre ou du lactose d’un yaourt
– doivent subir une transformation fondamentale : ils doivent être réduits
en leurs éléments les plus simples, les monosaccharides (ou oses).
Cette transformation s’appelle la digestion.
Seuls les monosaccharides
(glucose, fructose, galactose) sont capables de traverser la paroi de
l’intestin pour passer dans le sang, puis d’être captés par les cellules.
L’objectif de ce texte est de décrire avec précision les différentes étapes
de cette digestion, les enzymes qui y participent, les mécanismes
d’absorption intestinale, et les premières transformations des
monosaccharides après leur entrée dans l’organisme.
I.
Rappels de chimie des glucides : des polymères aux monomères
Pour comprendre la digestion, il faut d’abord connaître la structure des
glucides.
a.
Les trois grandes classes
Les monosaccharides : ce sont des molécules de formule brute
C₆H₁₂O₆.
Le glucose (sucre sanguin), le fructose (sucre des fruits) et
le galactose (composant du lactose) en sont les principaux
représentants.
Ils ne peuvent pas être hydrolysés en sucres plus
petits.
Les disaccharides : ils résultent de l’union de deux
monosaccharides par une liaison glycosidique.
Le saccharose
(glucose + fructose), le lactose (glucose + galactose) et le maltose
(glucose + glucose) en sont des exemples.
Leur formule brute est
C₁₂H₂₂O₁₁.
Les polysaccharides : ce sont de longues chaînes de
monosaccharides (essentiellement du glucose).
L’amidon (réserve
des végétaux) et le glycogène (réserve animale, stockée dans le foie
et les muscles) sont les plus importants pour l’alimentation
humaine.
Ils sont constitués d’unités glucose reliées entre elles par
des liaisons glycosidiques de type α(1→4) pour la chaîne linéaire,
et α(1→6) pour les points de ramification.
b.
La liaison glycosidique et l’hydrolyse
La liaison glycosidique est une liaison covalente qui se forme entre le
carbone n°1 d’un sucre (carbone anomérique) et un groupement
hydroxyle (–OH) d’un autre sucre, avec élimination d’une molécule d’eau.
C’est une réaction de condensation.
Pour casser cette liaison, il faut réaliser l’opération inverse : ajouter une
molécule d’eau.
Cette réaction s’appelle l’hydrolyse (hydro = eau, lyse =
rupture).
L’équation générale pour l’hydrolyse d’un disaccharide
(exemple : maltose) est la suivante :
C₁₂H₂₂O₁₁ + H₂O → 2 C₆H₁₂O₆
Dans l’organisme, cette hydrolyse est catalysée par des enzymes
spécifiques appelées glycosidases ou disaccharidases (pour les
disaccharides).
Sans enzymes, l’hydrolyse serait beaucoup trop lente.
Remarque importante : les enzymes digestives humaines ne peuvent
hydrolyser que les liaisons α-glycosidiques.
Les liaisons β-glycosidiques,
présentes par exemple dans la cellulose des végétaux, ne sont pas
digestibles par l’Homme (d’où le rôle des fibres alimentaires).
II.
Les enzymes de la digestion des glucides
Le tube digestif dispose d’un arsenal enzymatique spécialisé.
On peut les
classer selon leur origine et leur spécificité.
Enzyme
Amylase
salivaire (ou
ptyaline)
Origine
Substrat (ce
qu’elle attaque)
Produits
formés
Glandes
salivaires
Liaisons α(1→4)
de l’amidon et
du glycogène
(de manière
aléatoire)
Dextrines,
maltose,
maltotriose
Origine
Substrat (ce
qu’elle attaque)
Produits
formés
Amylase
pancréatique
Pancréas
exocrine
Mêmes liaisons
α(1→4) que
l’amylase
salivaire, mais
plus efficace
Maltose,
maltotriose,
dextrines
limites
α-Dextrinase (amy
lo-α-1,6glucosidase)
Bordure en
brosse des
entérocytes
Liaisons α(1→6)
des dextrines
limites
Glucose
Maltase
Bordure en
brosse
Maltose (2
glucose) et
maltotriose (3
glucose)
Glucose
Saccharase (ou
invertase)
Bordure en
brosse
Saccharose
(glucose–
fructose)
Glucose +
Fructose
Lactase
Bordure en
brosse
Lactose
(galactose–
glucose)
Galactose +
Glucose
Enzyme
Définitions :
Entérocytes : cellules qui tapissent l’intérieur de l’intestin grêle.
Bordure en brosse : face apicale (tournée vers la lumière
intestinale) des entérocytes, recouverte de microvillosités qui
augmentent la surface d’absorption.
Les enzymes y sont ancrées
directement dans la membrane.
III.
Déroulement de la digestion : un trajet de la bouche à
l’intestin
La digestion des glucides se déroule en trois grandes phases.
1.
La digestion buccale
Lors de la mastication, les aliments sont mélangés à la salive, qui contient
de l’amylase salivaire.
Cette enzyme commence à hydrolysée
aléatoirement les liaisons α(1→4) de l’amidon et du glycogène.
En
quelques secondes ou minutes, elle produit des fragments plus courts
appelés dextrines (chaînes de quelques unités glucose),
du maltose (deux glucose) et du maltotriose (trois glucose).
Toutefois,
l’amylase salivaire ne peut pas couper les liaisons α(1→6) (points de
ramification), ni attaquer les disaccharides.
Son action est brève car elle
est inactive en milieu acide (pH < 4,5).
2.
La digestion gastrique : une interruption momentanée
Dans l’estomac, le pH très acide (environ 1,5 à 3,5) inactive rapidement
l’amylase salivaire.
Aucune enzyme digestive des glucides n’est sécrétée
par l’estomac.
Les glucides sont donc simplement brassés avec le bol
alimentaire pour former le chyme (pâte acide).
La digestion reprendra
dans l’intestin grêle.
3.
La digestion intestinale : la phase terminale
Quand le chyme atteint le duodénum (première partie de l’intestin grêle),
le pancréas libère son amylase pancréatique dans la lumière intestinale.
Cette enzyme poursuit l’hydrolyse des liaisons α(1→4) des fragments
d’amidon et de glycogène.
Elle est plus puissante que l’amylase salivaire
et achève son travail en 15 à 30 minutes.
À ce stade, les produits obtenus
sont essentiellement du maltose, du maltotriose et des dextrines
limites.
Les dextrines limites sont des petits fragments ramifiés
(contenant des liaisons α(1→6)) que l’amylase pancréatique ne peut pas
couper.
C’est alors qu’interviennent les enzymes de la bordure en brosse
des entérocytes :
L’α-dextrinase (ou amylo-α-1,6-glucosidase) coupe spécifiquement
les liaisons α(1→6) des dextrines limites pour libérer du glucose.
La maltase hydrolyse le maltose et le maltotriose en glucose.
La saccharase hydrolyse le saccharose (venu des aliments sucrés)
en glucose et fructose.
La lactase hydrolyse le lactose en galactose et glucose.
À l’issue de cette étape, tous les glucides digestibles sont
transformés en monosaccharides : glucose, fructose, galactose.
Seuls
ces sucres simples pourront être absorbés.
IV.
L’absorption intestinale des monosaccharides
Les monosaccharides sont des molécules polaires (hydrophiles) ; ils ne
peuvent pas traverser librement la bicouche lipidique des membranes
cellulaires.
Ils utilisent donc....
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