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Jules II 1443-1513 Né en 1443 à Albissola (province de Savone) d'une modeste famille d'artisans et de bateliers, Giuliano della Rovere devint une des plus puissantes personnalités de la Renaissance, et pendant son pontificat fut la figure de proue et souvent l'axe de la politique européenne.

Publié le 05/04/2015

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Jules II 1443-1513 Né en 1443 à Albissola (province de Savone) d'une modeste famille d'artisans et de bateliers, Giuliano della Rovere devint une des plus puissantes personnalités de la Renaissance, et pendant son pontificat fut la figure de proue et souvent l'axe de la politique européenne. La force morale irrésistible, propre aux gens de mer, dont il était doté, explosait souvent en des accès de colère incoercible mais, dans les moments difficiles, savait se montrer souple et temporiser, car elle tendait toujours à la réalisation. En outre, il était d'une trempe extraordinairement robuste, résistant à toutes les fatigues, aux intempéries et aux maladies. Ce n'est que dans l'enceinte exiguë des États de l'Église qu'il trouva des limites à ses desseins grandioses, titaniques, d'homme politique, si même son patriotisme " d'Italien " le fit penser en termes presque nationaux, et si la charge de pontife romain donna une telle envergure à ses plans de restauration qu'il en arriva à concevoir une croisade pour délivrer Constantinople et Jérusalem. On ne sait pas grand-chose de sa première jeunesse. Il étudia à Pérouse sous la protection de son oncle Francesco della Rovere, général des Franciscains, puis cardinal, et sans doute fût-ce davantage le droit que les lettres et la théologie, bien que sa bibliothèque particulière semble indiquer un véritable intérêt pour la théologie et l'humanisme. Ce ne fut certainement ni un intellectuel ni un grand théologien comme son oncle, ni même un " docte " au sens humaniste du mot, comme Pie II et plus d'un cardinal. Il sort de l'ombre quand son oncle, devenu Sixte IV, le crée cardinal au titre de Saint-Pierre-aux-Liens (1471) et que celui-ci commence à le doter de copieux revenus, qui allèrent en s'accumulant jusqu'à compter vers 1502 onze archevêchés et évêchés, puis de riches abbayes et divers monastères, sans parler de bénéfices mineurs. A Rome, sa personnalité s'impose de façon décisive après la mort de son cousin, le cardinal Pietro Riario (1474). Sous le pontificat de son oncle et sous le pontificat suivant, il commence à faire preuve de ses talents d'homme de guerre énergique, de politicien et d'administrateur sagace, de restaurateur et de constructeur de monuments. Envoyé comme légat en Ombrie (été 1474), il soumet au pouvoir papal les villes de Todi et de Spolète, puis avec l'aide du duc d'Urbin, Città di Castello, et célèbre son premier triomphe militaire à Rome. Deux ans plus tard, légat à Avignon et en France, il rétablit le pouvoir pontifical sur le Comtat Venaissin, dans un moment de tension entre Louis XI et le Saint-Siège, mais il se montre si adroit qu'il passe pour " très cher et grand amy " du roi de France. Au contraire, il n'eut aucun succès comme intermédiaire de paix entre Louis XI et Maximilien d'Autriche qui se disputaient l'héritage de Charles le Téméraire. En effet, avec son caractère rude et ses boutades à l'emporte-pièce, ce ne sera jamais un diplomate. Mais il se montrera manoeuvrier désinvolte et capable dans les conclaves avant de l'être en politique internationale, chef habile et opiniâtre dans des moments d'urgence ou dans de graves difficultés. C'est ainsi qu'à la mort de Sixte IV, il vint à bout très habilement de la réaction des Colonna, hostiles aux Génois et en particulier à son cousin Gerolamo Riario, et que par ses propres machinations il fera élire son ami génois Giovanni Battista Cibo (Innocent VIII, 1484), lequel lui devait déjà sa carrière à la Curie. Quant à lui-même, il deviendra " papa et plus quam papa " pendant tout ce pontificat. C'est au moment des différends avec les Napolitains que Giuliano della Rovere, se rendant compte de la faiblesse politique de la Papauté et de son danger d'isolement, mesura les intrigues et les revirements dangereux de la politique ecclésiastique des différents pays, par conséquent les conséquences dramatiques que pouvaient subir les relations entre la Papauté et les princes de la Chrétienté. Parallèlement, et en cela Jules II est un prince ecclésiastique typique de la Renaissa...
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« C'est au moment des différends avec les Napolitains que Giuliano della Rovere, se rendant compte de la faiblesse politique de la Papauté et de son danger d'isolement, mesura les intrigues et les revirements dangereux de la politique ecclésiastique des différents pays, par conséquent les conséquences dramatiques que pouvaient subir les relations entre la Papauté et les princes de la Chrétienté.

Parallèlement, et en cela Jules II est un prince ecclésiastique typique de la Renaissance et de la même ligne politique que Sixte IV et ses autres neveux, Giuliano della Rovere resta toujours un mécène fastueux.

Il restaura toutes les églises, tous les couvents dont il avait l'administration ou la commande et il en construisit d'autres.

On y décèle sa tendance au grandiose, dans les édifices de Grottaferrata et dans le château d'Ostie, par exemple, la forteresse la plus imposante du XVe siècle aux environs de Rome, située stratégiquement à l'embouchure du Tibre, symbole de la puissance de son seigneur. Cependant, ses talents de man œ uvrier furent battus en brèche au conclave de 1490, quand les menées simoniaques de Rodrigo Borgia, avec l'aide d'Ascanio Sforza, prirent le pas sur l'appui du roi de Naples et du meilleur des cardinaux, Marco Barbo, dont Giuliano della Rovere bénéficiait.

D'ailleurs, le cardinal della Rovere était en butte à une grande animosité, du fait du pouvoir exorbitant qu'il avait exercé sous le règne d'Innocent VIII et du fait qu'on le taxait, plus à tort peut-être qu'à raison, de francophilie.

Incapable de jouer un rôle de second plan, et se méfiant d'Alexandre VI, en dépit de quelques brèves réconciliations, il préféra s'éloigner de Rome, s'installer dans sa forteresse d'Ostie, puis à Avignon et auprès de Charles VIII, comme conseiller de la politique de celui-ci contre Alexandre VI, puis plus tard, à Savone, puis en France de nouveau, et ailleurs.

Toujours redoutable mais loin de Rome et des États pontificaux, où dominait le génie sinistre de César Borgia.

Il rentra à Rome à la mort d'Alexandre VI, bien décidé à conquérir la tiare ou, du moins, à empêcher l'élection d'un cardinal étranger.

Il atteignit ce dernier but, puisqu'il fit échouer l'élection du cardinal d'Amboise.

Mais Ascanio Sforza, probablement, bloqua l'élection du cardinal della Rovere ou plus exactement parvint à la renvoyer de quarante jours.

En effet, à la mort de Pie III, au bout d'un pontificat de vingt-six jours, il obtint la quasi-unanimité des voix dès le premier jour de conclave (31-X-1503) et cela moyennant d'amples promesses, qui n'étaient pas toutes certaines et sincères, et des manèges peu scrupuleux.

Le nom qu'il prit, Jules, évoquait beaucoup moins la figure de Jules Ier (IVe siècle) que l' œ uvre et le programme politico-militaire de Jules César, ou du moins indiquait cet “ esprit césarien ” dont les Génois le gratifiaient dans leurs félicitations.

Effectivement, le programme réalisé avec une énergie infatigable par Jules II peut plutôt apparaître comme celui d'un condottiere et d'un chef d'État que comme celui d'un vicaire du Christ.

Mais il ne faut pas oublier le but suprême de celui-ci, à savoir “ le bien de la religion chrétienne ”, comme il le déclarait à l'ambassadeur vénitien le 5 novembre 1503 : la liberté d'action, le prestige, l'autorité morale et spirituelle de la Papauté qui synthétisaient au sommet l'Église, s'identifiant en quelque sorte avec elle.

En ces temps-là, le support de la liberté, la condition nécessaire du ministère pontifical résidaient dans des États de l'Église puissants et intégraux, puis dans l'élimination, dans la mesure du possible, de l'alternance des prépondérances étrangères en Italie qui y causaient tant de désordres et de troubles.

C'est en pleine cohérence et par une énergie implacable, unies à une prudence de grand homme politique qui sait faire usage au moment opportun d'audace et de ses armes, que Jules II essaya de reconstruire des États de l'Église puissants, solidement organisés entre ses mains.. »

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