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Les individus ont-ils existé au Moyen Âge ?

Publié le 06/02/2026

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« Les individus ont-ils existé au Moyen Âge ? Par « individu », on entend généralement un être humain considéré comme une unité autonome, doté d’une conscience de soi et capable de se penser indépendamment de ses appartenances sociales.

Or cette définition, héritée de la modernité, ne va pas de soi lorsqu’on l’applique au Moyen Âge.

Longtemps, les historiens ont décrit la société médiévale comme un monde dominé par des structures collectives (communauté, ordre, Église) dans lequel l’homme serait dissout dans le groupe.

Jacob Burckhardt, philosophe suisse de l’histoire dans Civilisation de la Renaissance en Italie, affirmait ainsi que l’homme médiéval « ne se connaissait que comme race, peuple, corporation ou famille ».

Cependant, une telle vision apparaît trop restrictive.

Mais alors, peut-on parler d’individus au Moyen Âge ? On peut d’abord montrer que le Moyen Âge semble effectivement ignorer l’individu au profit du collectif , avant de souligner l’existence de formes d’individualité , ce qui nous conduit enfin à dépasser cette opposition en pensant l’individu médiéval comme un être « je » existant seulement au sein d’une communauté. La société médiévale est profondément structurée par des cadres collectifs qui définissent l’identité des individus.

En effet, c’est ce que nous montre la règle de saint Benoît en organisant à la fois un ordre spirituel et un ordre temporel, encadrant strictement la prière, le travail et le rythme quotidien, effaçant toute autonomie individuelle au profit de la communauté monastique, fondée sur l’obéissance et l’humilité comme règles absolues. Au-delà du monde monastique, les pratiques sociales confirment la primauté du collectif.

Le charivari, comme il est décrit dans le Roman de Fauvel, rituel de sanction communautaire, montre que la société médiévale exerce un contrôle direct sur les comportements individuels.

L’individu déviant est publiquement rappelé à l’ordre par le groupe, ce qui souligne l’importance du collectif sur l’individu. Dans ce contexte, l’individu autonome et libre, caractéristique de la modernité, semble absent. L’homme médiéval est d’abord défini par son statut au sein de son groupe, donnant ainsi du crédit à l’idée d’un Moyen Âge ignorant la définition de l’individu au sens moderne. Cependant, cette domination du collectif ne signifie pas pour autant la disparition de toute conscience individuelle. Dès l’Antiquité, saint Augustin accorde une place à l’individu au sein de la religion : le christianisme médiéval fait de chaque homme un sujet moral, ce qui suppose une conscience de soi. Cette individualité se manifeste également dans la production culturelle.

La poésie lyrique de Guillaume de Machaut met en scène un « je » amoureux et souffrant, se comparant à des êtres fictifs.

De même, Marie de France montre l’émergence d’une voix individuelle, se définissant comme personne dotée d’aspirations personnelles et évitant la discrétion. Hildegarde de Bingen fonde son existence sur une.... »

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