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Nammâlvâr vers 800 Nammâlvâr signifie " Notre Saint " dans la langue du pays tamoul, comprenant la Côte de Coromandel et l'extrême sud de la péninsule indienne.

Publié le 05/04/2015

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Nammâlvâr vers 800 Nammâlvâr signifie " Notre Saint " dans la langue du pays tamoul, comprenant la Côte de Coromandel et l'extrême sud de la péninsule indienne. Celui qu'on appelle ainsi dans les milieux vichnouites de ce pays se nommait en réalité Mâran, fils de Kâri. Sa famille appartenait à la caste des Vellalar, rangée par la classification brahmanique dans la classe des çûdra, la plus basse des quatre que reconnaît cette classification au-dessus des catégories inférieures, ou même la dernière, comprenant précisément ces catégories inférieures. Mais il s'en faut de beaucoup au pays tamoul que la classification brahmanique s'applique réellement et les Vellalar sont, en fait, en dehors des brahmes, une aristocratie. Kâri était de Tengurugûr dans le Tirunelvelli, à l'extrême sud de la péninsule, ville dont la gloire de son fils devait faire Alvârtirunagari, la " Cité Fortunée du Saint ". Il paraît avoir exercé des fonctions ministérielles auprès du roi Parantâka de la dynastie des Pândya (765-815). La dévotion vichnouite était déjà ardente alors au pays tamoul. Kâri prit femme dans une pieuse famille vichnouite et la légende veut que dans l'enfant du couple se soit incarné Vishnu lui-même, en la forme de Vishvakshena, " Celui dont l'armée s'étend partout ", qui dirige le monde et combat les méchants. Le trait importe, car il atteste la croyance que dans toute grandeur et toute sainteté humaine se manifeste, non une qualité de l'homme, mais un attribut de l'Être suprême. Or cette croyance est répandue largement même en dehors du vichnouisme, jusque dans le Bouddhisme relativement tardif, dont les " bouddhas vivants " sont bien connus. En outre, c'est la grâce divine qui produit les incarnations par lesquelles a lieu le salut des hommes, même celui des méchants abattus, car l'élan de ces derniers, quoique de rage et non d'amour, les porte vers la Divine Existence, refuge et salut. L'enfant merveilleux naît donc, mais il ne crie ni ne pleure, il sourit, silencieux et calme, ne demandant pas le sein. Les parents sont cruellement alarmés, mais s'en remettent à la volonté de Dieu. Ils parviennent cependant à élever l'enfant qu'ils déposent constamment à l'ombre d'un tamarinier. Là, il reste immobile, muet, et les yeux clos et ainsi seize ans se passent. C'est alors qu'un autre saint, Madurakavi, qui voyage de sanctuaire vichnouite en sanctuaire vichnouite, vient contempler le prodige. Il veut savoir si l'enfant est sourd-muet. Il fait un bruit de pierres et l'enfant ouvre les yeux, sensible pour la première fois au monde extérieur. Puis il le questionne et l'enfant répond. La question avait une apparence d'énigme : " Si le subtil naît dans le sein du mort, que mange-t-il ? où repose-t-il ? " Elle signifiait simplement : y a-t-il une vie qui s'entretienne dans ce corps inerte ? La réponse fut : " Il mange cela là-bas, il repose là-bas ", c'est-à-dire : mon être spirituel est absent du corps qui est ici, il vit et repose plus loin. L'histoire, tardivement rapportée, n'a guère apparence d'authenticité. Elle signifie du moins que le saint, dès son enfance, se tenait à l'écart du monde extérieur, dans une attitude d'autisme. Mais il ne s'agissait pas d'autisme total et surtout d'autisme purement automatique. Il avait, malgré son attitude habituelle, connaissance du monde extérieur et du langage et il méditait les problèmes de l'être et des choses qui occupaient depuis longtemps la philosophie brahmanique et même indienne en général, sauf dans certains milieux, comme ceux du bouddhisme strict, qui refusaient la spéculation. Madurakavi ne douta point que le sage aux dehors de sourd-muet ne fût une incarnation divine et il devint son disciple ; poussant la vénération du maître jusqu'&agrav...
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« longtemps la philosophie brahmanique et même indienne en général, sauf dans certains milieux, comme ceux du bouddhisme strict, qui refusaient la spéculation. Madurakavi ne douta point que le sage aux dehors de sourd-muet ne fût une incarnation divine et il devint son disciple ; poussant la vénération du maître jusqu'à l'adoration du dieu.

C'est lui qui recueillit les paroles que dès lors ce dernier prononça, sinon comme dieu, du moins comme ardent dévot, chantant les merveilles de Dieu pour sauver les êtres. Les circonstances de la vie de Nammâlvâr et de Madurakavi ne nous sont guère autrement connues, sauf par des allusions contenues dans les poèmes de Nammâlvâr.

Il est cependant clair, par ces poèmes, que Nammâlvâr, pour avoir été un enfant à part, n'en a pas moins, à un moment ou à un autre, acquis des connaissances très étendues de lettré et de philosophe indien.

Mais la forme sous laquelle nous sont parvenues ses œ uvres a été très probablement remaniée.

Une période obscure s'étend entre son époque et les environs de l'an 1000 où un nouvel auteur, Nâthamuni, a été frappé d'admiration par les chants de Nammâlvâr, alors peu connus, mais que savaient de dévots pèlerins de son pays. Nâthamuni s'est rendu en ce pays, a recherché ces chants et aurait même reçu la révélation de ceux qui étaient perdus, ainsi que des œ uvres des autres saints de la même lignée spirituelle que Nammâlvâr.

Le sentiment de révélation qu'a eu Nâthamuni a pu lui faire prendre à lui-même sa propre inspiration pour celle des saints dont il voulait restituer l'enseignement.

Il y a donc doute quant à l'authenticité de tout ce qui est attribué à Nammâlvâr et à ses pairs.

Cependant, Nâthamuni n'a pu tout inventer ; il partait d'une tradition effectivement conservée, encore localement vivante et certainement riche.

Il faut seulement observer que cette tradition — comme il est habituel dans l'Inde — a beaucoup mieux conservé les textes des chants qui l'inspiraient que les circonstances des biographies de leurs auteurs.

Les récits relatifs à l'enfance de Nammâlvâr et à Madurakavi que nous avons résumés sont relativement tardifs et ne représentent pas une donnée unanime de la tradition, car le poète Kambar faisait une seule personne de Nammâlvâr et de Madurakavi. La doctrine et la foi de Nammâlvâr sont donc — et c'est ce qui importe surtout — infiniment mieux conservées que les événements de sa vie.

Elles sont attestées par quatre œ uvres poétiques — la poésie étant un mode d'expression bien plus usité dans l'Inde qu'en Occident — le Tiruvirultam “ le Poème Fortuné en mètre dit viruttam ”, le Tiruvâymoli, “ Paroles de la Bouche Fortunée ”, le Tiravâçiriyam, “ le Poème Fortuné en mètre dit âciriyam ” et le Periyatiruvandâdi, “ le Grand Poème Fortuné comportant une liaison de la fin d'une strophe au commencement de la suivante ”.

Le Tiruvâymoli, le plus important, a été considéré comme un texte sacré du Vedânta, de la doctrine qui est “ l'achèvement du Savoir ” — tel est le sens de vedânta — comme les grandes upanishad sanscrites, appartenant à la tradition védique, la plus ancienne et la plus prestigieuse, au moins en principe, de l'Inde.

Il est “ l'upanishad tamoule ”, dramidopanishad, et il a été, comme tel, traduit en sanscrit et abondamment commenté en tamoul, en sanscrit et en un jargon technique mixte, mêlant les mots sanscrits et parfois les formes grammaticales sanscrites aux phrases tamoules, jargon qu'on appelle manipravalam, c'est-à-dire “ perle et corail ”. Là paraît un autre mélange, celui de la spéculation ontologique et de la dévotion passionnée, ou plutôt là éclate le sentiment émerveillé, caractéristique de la pensée de Nammâlvâr, de la présence de l'Être absolu à la portée de l'humain.. »

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