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Paul-Joseph Barthez 1734-1806 Le chancelier Paul-Joseph Barthez n'admettait point qu'on lui rappelât son universelle culture, tant il craignait qu'une telle louange empêchât de voir en lui avant tout un médecin.

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Paul-Joseph Barthez 1734-1806 Le chancelier Paul-Joseph Barthez n'admettait point qu'on lui rappelât son universelle culture, tant il craignait qu'une telle louange empêchât de voir en lui avant tout un médecin. Et pourtant, cet homme avait tout lu, tout retenu. Barthez fut l'auteur fameux des Éléments de la science de l'homme. Il fut aussi un juriste distingué, et il compta parmi les conseillers à la Cour des Aides de Montpellier. L'Académie des Inscriptions a couronné de lui deux mémoires historiques. Il était amoureux de philologie. Il possédait un grand nombre de langues vivantes ou mortes. Mais Barthez avait surtout l'amour des sciences directes, des observations exactes, et aussi une grande aptitude à discerner l'enchaînement des faits comme des idées abstraites. Son enseignement aborda presque toutes les disciplines de l'art médical. Mais il sut réfléchir longuement avant que d'écrire. Il avait dépassé la quarantième année quand ses grands ouvrages de synthèse virent le jour. L'oeuvre maîtresse de Barthez fut le Traité des nouveaux éléments de la science de l'homme, qu'il a entendu rédiger en dehors de toute intervention philosophique ou métaphysique. Aucune des grandes théories par lesquelles les diverses sectes prétendaient alors expliquer les phénomènes de la vie ne satisfaisait son esprit : il s'&...

« santé. L'ancien médecin militaire des jeunes années devait, pendant la Révolution, répondre à nouveau à l'appel du gouvernement pour combattre le typhus qui décimait l'armée des Pyrénées-Orientales ; Barthez y sauva Dugommier. Professeur, nommé à la dispute à Montpellier en 1759, après un concours très ardent, Barthez, malgré sa petite santé, s'acquitta toujours avec une remarquable conscience de ses missions didactiques si variées. Son enseignement, très vivant, connut toujours un grand succès, malgré la faiblesse de sa voix de fausset. Physiquement, Barthez nous est dépeint par Lordat comme un homme de très petite taille, pauvrement doté en agréments physiques. Sa tête était volumineuse, son front large et bombé, ses yeux inégaux, son nez épaté, sa bouche asymétrique, son teint pâle. Il était laid, à n'en point douter. Mais sa physionomie intelligente, expressive et mobile, faisait oublier cette laideur. C'est à Montpellier qu'il avait vu le jour en 1734, à Narbonne et à Toulouse qu'il avait fait ses études classiques, à Montpellier qu'il avait acquis à vingt ans le grade de docteur en médecine. On le vit d'abord hésiter sur sa voie ; après son premier stage aux armées, il revint à Paris où il commenta Pline, fut rédacteur au Journal des Savants, collaborateur du Dictionnaire encyclopédique, jusqu'au jour où la grande compétition de 1759-1761 l'installa dans la chaire à Montpellier, où il devait tant briller. Suppléant du chancelier Imbert, il eut à soutenir des luttes contre les étudiants et les médecins, contre ses collègues et contre Imbert lui-même, bien qu'il ressentît cruellement l'impopularité. Il y avait en lui un fonds permanent d'inquiétude ; il se montra toujours très soucieux de ses droits de priorité, très chatouilleux à l'égard des critiques. On devine combien ce spiritualiste dut souffrir de se voir attaqué à Rome devant une commission de théologiens qui le condamna, et devant la Congrégation de l'index qui, heureusement, le blanchit. En 1781, Barthez, dans un moment de lassitude, abandonne Montpellier pour Paris, où il devient le consultant de réputation mondiale, que nous avons déjà évoqué, mais son caractère entier, ses succès trop éclatants lui valent d'affreuses hostilités ; il en triomphe sans s'abaisser. En 1785, entouré de la plus haute considération, il devient chancelier titulaire de l'Université de médecine de Montpellier, sans pour cela quitter Paris. En novembre 1789, prudemment, il rejoint Narbonne. Il a occupé trop de hautes fonctions, il a trop d'amis aujourd'hui proscrits, pour ne pas être “ suspect ”. Il traverse cependant sans dommage la tourmente. Chaptal, un peu tardivement, le rappelle dans la nouvelle Faculté de médecine. Le voilà à nouveau chargé d'honneurs dans un monde nouveau. Il vieillit doucement, et sa vieillesse n'est point heureuse. Jusqu'au bout, ce célibataire longtemps impénitent recherche la société des femmes ; il songe à se marier, mais n'arrive pas à se décider. En 1804, il perd sa gouvernante qui depuis quarante ans le servait, et c'est un des plus grands chagrins de sa vie. 1805 le revoit à Paris : c'est son dernier voyage, avant les mois de dures souffrances qui vont précéder sa mort survenue le 15 octobre 1806. »

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