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Définition: ASCÉTISME, substantif masculin.

Publié le 27/10/2015

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Définition: ASCÉTISME, substantif masculin. A.— MORALE THÉOLOGIQUE. Ensemble des pratiques ascétiques (mortification, pénitence, prière) qui ont pour but l'union intime avec Dieu : Ø 1. Au commencement, les grands crucifix de Cimabuë, encore sanglans, représentaient la passion et l'ascétisme du moyen-âge sur son calvaire. On dirait que les apôtres, encore frappés de terreur, ont peint eux-mêmes, de leurs mains incultes, les fresques colossales du Xe. siècle. Le dessin en est grossier; mais le Dieu nouveau est là. À travers ces traits barbares ressort une grandeur apocalyptique. EDGAR QUINET, Allemagne et Italie, 1836, page 168. Ø 2. Sainte Radegonde, vêtue du voile des diaconesses, fonda le monastère de Sainte-Croix, à Poitiers, où elle vécut plus de cinquante ans dans les pratiques d'un ascétisme rigoureux. Elle observait les jeûnes et les abstinences avec une telle exactitude... ANATOLE-FRANÇOIS THIBAULT, DIT ANATOLE FRANCE, L'Orme du mail, 1897, page 114. Ø 3. La société religieuse est située dans le monde. Elle a une conception générale du monde, des puissances qui le dominent, enfin de sa structure sociale. Détachement par pessimisme radical, par ascétisme cultivé, par amour extatique de Dieu; attachement, dans l'espoir d'une heureuse transformation; acceptation par compromis, par refus d'un principe du mal : tous les contrastes, toutes les nuances! Traité de sociologie (sous la direction de Georges Gurvitch) t 2 1968, page 84. B.— PHILOSOPHIE. Doctrine morale qui prescrit la libération du corps par la domination des instincts, des plaisirs et des passions en vue de la perfection morale. Antonymes : épicurisme, hédonisme, sybaritisme; quasi-synonyme : stoïcisme : Ø 4. Comme le savant ou l'extatique, transporté dans la contemplation à laquelle se suspend sa vie entière, semble un paradoxe physiologique en absorbant toutes les fonctions animales dans l'unité d'une pensée ou d'un sentiment, ainsi n'y a-t-il sentiment, ainsi n'y a-t-il point de limite assignable à la coopération du corps, à sa force de résistance, à sa puissance morale, parce que l'action l'unit et l'élève à l'intarissable fécondité de la raison et de la liberté. La meilleure hygiène n'est pas de soigner le corps par le corps seul; et dans l'ascétisme même, il se rencontre un principe de rajeunissement, de santé et de vigueur. Arcum frangit intentio, corpus remissio. MAURICE BLONDEL, L'Action, Essai d'une critique de la vie, 1893, page 186. — Spécialement. Ascétisme morbide. Déviation de l'ascétisme consistant soit à refuser l'affrontement du monde et de ses difficultés (inadaptation à la vie sociale) soit à considérer le monde et la vie comme un mal et cherchant dans la souffrance et les mortifications un moyen d'expier. Synonyme : dolorisme : Ø 5. L'ascétisme maniaque n'exprime pas toujours une réaction violente contre un tempérament excessif ou un goût maladif de la souffrance : celui qui semble se priver ne se prive parfois de rien qui lui plaise; il préfère éviter le tourment, l'agitation, la sociabilité qu'entraînent les plaisirs. EMMANUEL MOUNIER, Traité du caractère, 1946, page 701. C.— Par extension. 1. Vie austère, sobre, frugale et saine, visant le plus souvent une fin supérieure : Ø 6. Des journalistes qui se crurent mieux avisés, et qu'avoit trompés je ne sais quel mélange d'ascétisme d'amour et de philanthropie désespérée qui se confondent dans cette bluette, en accusèrent Madame de Krüdener, qui n'étoit pas un homme, et qui commençoit à n'avoir plus de sexe. CHARLES NODIER, Jean Sbogar, 1818, page 80. Ø 7. Il menait une vie rigoureusement chaste. Comme dit cet autre, « la carrière d'amant est une carrière d'oisif et de riche ». La misère de Christophe, sa chasse au pain quotidien, sa sobriété excessive, et sa fièvre de création ne lui laissaient ni le temps, ni le goût de songer au plaisir. Il n'y était pas seulement indifférent; par réaction contre Paris, il s'était jeté dans une sorte d'ascétisme moral. Il avait un besoin passionné de pureté, l'horreur de toute souillure. Ce n'était pas qu'il fût à l'abri des passions. À d'autres moments il y avait été livré. Mais ces passions étaient chastes, même quand il y cédait : car il n'y cherchait pas le plaisir, mais le don absolu... ROMAIN ROLLAND, Jean-Christophe, La Foire sur la place, 1908, page 797. Ø 8. En êtes-vous à croire encore que l'ascétisme est le signe d'un esprit facile et défaillant, quand il est au contraire la discipline d'une nature joyeuse, virile, martiale, héroïque? PAUL CLAUDEL, ANDRÉ GIDE, Correspondance [avec André Gide] , 1899-1926, page 88. Remarque : Le mot se trouve quelquefois employé dans un contexte péjoratif pour désigner une vie puritaine affectée. 2. [Employé pour exprimer le trait dominant d'un art, d'une discipline littéraire ou d'une démarche scientifique] : Ø 9. Ces objections sont d'autant plus sérieuses que je reconnais tout le premier que la science, pour arriver à ce degré où elle offre à l'âme un aliment religieux et moral, doit s'élever au-dessus du niveau vulgaire, que l'éducation scientifique ordinaire est ici complètement insuffisante, qu'il faut, pour réaliser cet idéal, une vie entière consacrée à l'étude, un ascétisme scientifique de tous les instants et le plus complet renoncement aux plaisirs, aux affaires et aux intérêts de ce monde, que non seulement l'homme ignorant est radicalement incapable de comprendre le premier mot de ce système de vie, mais que même l'immense majorité de ceux qu'on regarde comme instruits et cultivés est dans l'incapacité absolue d'y atteindre. ERNEST RENAN, L'Avenir de la science, 1890, page 319. Ø 10. L'ascétisme littéraire dont nous parlons est moins rigoureux, la langue moyenne de cette époque, moins mortifiée, moins exclusivement raisonnable qu'on ne le croit. ABBÉ HENRI BREMOND, Histoire littéraire du sentiment religieux en France, tome 4, 1920, page 19. Remarque : 1. D'après la documentation, 1re attestation 1818 (confer exemple 6); dérivé de ascète*, suffixe -isme*. 2. Ascéticisme, substantif masculin, néologisme d'auteur Ascétisme mal compris et exagéré s'attachant plus aux pratiques de mortification qu'à l'esprit de l'ascétisme. " Les équivoques de " l'ascéticisme ", ressentiment morbide contre l'instinct ou complaisance dans un mode excentrique d'exaltation du moi. " (Emmanuel Mounier, Traité du caractère, 1946, page 132). STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : Ascétisme. 183. Ascéticisme. 1.

« semble un paradoxe physiologique en absorbant toutes les fonctions animales dans l'unit? d'une pens?e ou d'un sentiment, ainsi n'y a-t-il sentiment, ainsi n'y a-t-il point de limite assignable ? la coop?ration du corps, ? sa force de r?sistance, ? sa puissance morale, parce que l'action l'unit et l'?l?ve ? l'intarissable f?condit? de la raison et de la libert?.

La meilleure hygi?ne n'est pas de soigner le corps par le corps seul; et dans l'asc?tisme m?me, il se rencontre un principe de rajeunissement, de sant? et de vigueur.

Arcum frangit intentio, corpus remissio. MAURICE BLONDEL, L'Action, Essai d'une critique de la vie, 1893, page 186.

? Sp?cialement.

Asc?tisme morbide.

D?viation de l'asc?tisme consistant soit ? refuser l'affrontement du monde et de ses difficult?s (inadaptation ? la vie sociale) soit ? consid?rer le monde et la vie comme un mal et cherchant dans la souffrance et les mortifications un moyen d'expier.

Synonyme?: dolorisme?: ? 5.

L'asc?tisme maniaque n'exprime pas toujours une r?action violente contre un temp?rament excessif ou un go?t maladif de la souffrance?: celui qui semble se priver ne se prive parfois de rien qui lui plaise; il pr?f?re ?viter le tourment, l'agitation, la sociabilit? qu'entra?nent les plaisirs. EMMANUEL MOUNIER, Trait? du caract?re, 1946, page 701.

C.? Par extension.

1.

Vie aust?re, sobre, frugale et saine, visant le plus souvent une fin sup?rieure?: ? 6.

Des journalistes qui se crurent mieux avis?s, et qu'avoit tromp?s je ne sais quel m?lange d'asc?tisme d'amour et de philanthropie d?sesp?r?e qui se confondent dans cette bluette, en accus?rent Madame de Kr?dener, qui n'?toit pas un homme, et qui commen?oit ? n'avoir plus de sexe. CHARLES NODIER, Jean Sbogar, 1818, page 80.

? 7.

Il menait une vie rigoureusement chaste.

Comme dit cet autre, ? la carri?re d'amant est une carri?re d'oisif et de riche ?.

La mis?re de Christophe, sa chasse au pain quotidien, sa sobri?t? excessive, et sa fi?vre de cr?ation ne lui laissaient ni le temps, ni le go?t de songer au plaisir.

Il n'y ?tait pas seulement indiff?rent; par r?action contre Paris, il s'?tait jet? dans une sorte d'asc?tisme moral.

Il avait un besoin passionn? de puret?, l'horreur de toute souillure.

Ce n'?tait pas qu'il f?t ? l'abri des passions.

? d'autres moments il y avait ?t? livr?. Mais ces passions ?taient chastes, m?me quand il y c?dait?: car il n'y cherchait pas le plaisir, mais le don. »

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